Apprendre l’imperfection

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Crédit photo : Cécile Hauchecorne

C’est l’histoire de quatre familles. L’un des parents est à l’extérieur 3 semaines sur 4 et un autre travaille 40 heures / semaine dans une industrie où il est heureux. Il y a aussi cette personne qui gère une entreprise de 11 employés et une autre qui a choisi de travailler à temps partiel pour s’occuper de ses enfants. Un de ces adultes travaille à deux endroits pour payer les études universitaires de sa fille. Il y a aussi ce petit garçon qui a des besoins particuliers et cette adolescente qui se cherche. Il y a un bébé qui ne fait pas ses nuits et une petite fille qui commence tout juste à parler. Une de ces familles gagne plus que la moyenne tandis qu’une autre doit surveiller ses fins de mois.

Il y a aussi une femme qui s’occupe de son mari malade et un homme vivant avec sa mère vieillissante. Il y a ce couple qui essaye d’avoir un enfant par tous les moyens et qui n’y arrive pas. Ce sont des familles à première vue bien différentes mais qui au fond doivent jongler avec des sentiments et des enjeux communs : comment est-ce que je peux trouver un équilibre dans toutes les facettes de ma vie sans sacrifier ce qui m’est cher ?

Quand nous avons eu notre garçon et que j’ai commencé à gérer mon entreprise, j’ai réalisé l’étendue de toutes les forces vivantes qui sommeillaient en moi pour ce qui me tenait à cœur. J’appelais ça « mon second souffle ».  C’est un phénomène qui est plutôt généralisé et nécessaire. Le problème, c’est que l’on ne nous a pas toujours appris à bien choisir, à peser ou à laisser tomber certaines choses. On nous a plus souvent comparés, évalués, incités à performer.

Entre le temps qu’on veut passer avec nos enfants, notre conjoint, pour notre carrière, nos loisirs, nos passions, nos temps libres, le ménage, etc., on réalise rapidement qu’il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée pour arriver à le faire… à la hauteur de nos attentes et de celles de la société (à qui on déteste généralement déplaire). Rapidement, on gruge sur nos réserves d’énergie. La conciliation travail-famille, c’est non seulement nécessaire, mais c’est une responsabilité commune entre les parents, les employés, les employeurs et la société en général.

En ces moments de pénurie de main-d’œuvre, les employeurs ont avantage à se remettre en question et à poser des gestes concrets pour faciliter la vie de leurs employés. (Flexibilité, télé-travail, horaire, etc.)  Je suis ravie de constater que dans les formations en gestion auxquelles je participe, presque toutes sont centrées sur ce sujet, et il existe de multiples solutions.

Être bien avant tout.

Évidemment, cette conciliation nait d’un désir personnel de changement et d’écoute. Parce qu’à l’image de Superman et Superwoman, qui ne peuvent dévoiler leurs identités humaines de peur que les gens perdent confiance en leurs super pouvoirs, le parent d’aujourd’hui peine à assumer et exposer sa fragilité.

Je nous souhaite donc de nous donner le droit de trouver ça difficile et de l’exprimer sans culpabilité. Je nous souhaite aussi le désir d’être à l’écoute de l’autre sans jugement, sans vouloir le changer. Je nous souhaite surtout d’apprendre tous les jours de notre vulnérabilité, c’est le point de départ pour une solution.