C’est l’histoire d’une Coop …

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David Gaudreault, l’unique propriétaire de la bâtisse, garde son atelier de forge, et la Coop Minuit Moins Cinq, avec ici Julie-Van Tremblay et Marielle Huard, loue le reste du bâtiment.

Dans les anciens locaux de la Coop d’alimentation de Petit-Saguenay, transformée il y a quelques années par les Ateliers Bois de Fer, une nouvelle Coopérative de travailleurs s’installe, comme une boucle qui se boucle. « Minuit Moins Cinq déménage au coin de la rue de la Coopération, ça ne s’invente pas de telles coïncidences » s’exclame Marielle Huard, l’une des quatre partenaires de l’aventure textile. Au cœur du village de Petit-Saguenay, ce sont maintenant deux entités distinctes qui vont occuper les lieux, David Gaudreault, l’unique propriétaire de la bâtisse, garde son atelier de forge, et la Coop Minuit Moins Cinq (MMC), qui loue le reste du bâtiment.

Le déménagement de la Coop MMC s’inscrit totalement dans la vision municipale de développement durable.

« La machine à idées est sur le break depuis nos débuts. Là on va pouvoir passer la première, ouvrir une boutique, ouvrir une friperie, c’est dans nos aspirations depuis longtemps mais on ne voulait pas aller trop vite. Notre Coop est maintenant plus solide, plus structurée, elle est capable d’innover, d’aller vers de nouveaux projets! » poursuit Julie-Van Tremblay.

Lieu de transformation, autant dans la matière que dans les consciences.

La Coop MMC, fondée en 2017, a pour principale mission de diminuer l’excès de tissus, 2e plus grand polluant au monde, qui se retrouve dans les poubelles. Un québécois jette en moyenne 24 kilos de textile par année, 24 kilos c’est colossal quand on sait qu’un polo pèse environ10gr. Toutes les fibres pas naturelles, polyester et autres, finissent toujours par se retrouver dans les océans en fines particules de plastique. Depuis ses débuts, MMC estime récupérer une tonne de tissus par année, avec son projet de Friperie, elle doublera la mise.

Tisser des histoires avec les vêtements récupérés

« Le top de mon sac banane, il est fait avec la veste en suède de Monique Jalbert. C’est une ressource renouvelable extraordinaire sur laquelle on est assis, une matière tellement facile à récupérer et à transformer. C’est du patrimoine textile, il y a toujours un souvenir qui s’y rattache, le tissu de la couverture de ta mère, en le transformant, on transforme cet attachement, on fait vivre les souvenirs dans le présent. » s’enthousiasme Julie-Van avant de continuer avec l’histoire d’un ensemble de mariage en laine tissée d’une madame décédée. « Il a été transformé par MMC en plein de petits projets. Tout le monde, les enfants et les petits-enfants avaient une petite sacoche, un portefeuille, un étui de baleine, tous nos produits MMC faits avec du vêtement de la grand-mère. Il y a eu aussi ces deux chandails de ski avec lesquels on a fait 5 paires de mitaines pour les enfants. »

Si le linge des années 80-90 est encore de qualité, c’est beaucoup moins le cas pour les marques plus récentes, alors raison de plus pour ne pas jeter les vieux habits qui trainent encore dans les greniers. Une campagne de socio financement pour le lancement de la Friperie sera bientôt dévoilée, histoire d’impliquer la communauté dans ce projet communautaire !