Et si le pissenlit devenait notre allié ?

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Avec le début du printemps, vous entendez à nouveau la douce mélodie des insectes pollinisateurs qui s’introduisent dans vos jardins, profitant du doux nectar des premières fleurs. Ne serait-il pas dommage de tondre votre gazon et ne pas profiter des vertus qu’apporte cette biodiversité ? De plus en plus de propriétaires font le choix de repousser la première tonte printanière, ou carrément de remplacer progressivement ce couvre-sol par des alternatives bénéfiques pour l’environnement.

Une graminée à l’histoire fascinante.

Les racines de la propagation de cette graminée remontent à la noblesse anglaise du 17e, alors que de grands espaces gazonnés et bien entretenus étaient signes de richesse. La paysannerie avait besoin de cultiver la terre pour se nourrir et ne pouvait se permettre ce luxe. À partir des années 50, le rêve américain s’incarne dans le modèle de la maison unifamiliale au gazon irréprochable, symbole de réussite. Alors que nous avons conservé cette pratique sans la remettre en question pendant des décennies, la situation climatique nous oblige à nous interroger sur ses avantages et inconvénients. Pour préserver les relations dans le voisinage, il convient donc de dissocier le gazon de la réussite ou encore de la propreté, et respecter les pratiques d’aménagement du sol qui peuvent être différentes d’une maison à l’autre.

La fin du règne du gazon ?

Dans les dernières années, un mouvement qui gagne en importance requestionne ces étendues de gazon caractéristiques de la modernité occidentale. En effet, la monoculture du gazon contrevient au principe de biodiversité et son entretien nécessite de grandes quantités d’eau, des milliers de litres d’essence et parfois même des pesticides. Dans des contextes davantage touchés par les réchauffements climatiques où sévissent feux de forêts et sécheresses, et où les réserves en eaux potables sont maigres voire insuffisantes comme la Californie ou l’Australie par exemple, l’absurdité de l’entretien du gazon devient d’autant plus marquante.

La lutte contre le pissenlit est également énergivore, alors que cette plante mal-aimée est pourtant pleine de vertus. Premier aliment des insectes pollinisateurs après un rude hiver, elle est aussi comestible et versatile. D’une part, elle est bénéfique pour le sol car ses racines permettent de l’aérer et pour la digestion car elle est riche en fer, calcium, manganèse, vitamines. Son tendre bouton peut être mariné pour faire des câpres, ses feuilles sont excellentes en salade, tisane ou encore en pesto.

Trèfle, thym rampant ou encore prés fleuris : il ne s’agit pas de faire à son tour la guerre au gazon, mais simplement de repenser la façon dont on aménage nos terrains. Il peut s’agir de protéger certaines zones boisées à l’achat d’un terrain et délimiter le gazon dans un espace circonscrit selon notre besoin, ou encore d’introduire graduellement certaines espèces de fleurs, végétaux ou arbres fruitiers. En plus d’augmenter la biodiversité, vous pourrez récolter les fruits de cette transition.

Le défi pissenlits : le premier pas

Un autre signe de ce changement d’ère est la popularité grandissante du Défi Pissenlits, créé par l’entreprise Miel&Co. Les apiculteurs du Québec sont en effet les premiers témoins des enjeux des populations d’abeilles en déclin. Comme des dizaines d’autres municipalités au Québec, Petit-Saguenay a renouvelé sa participation aux éditions du Défi Pissenlits pour les 3 prochaines années. Puisque les administrations municipales entretiennent de nombreux espaces gazonnés, cette action aura un impact important sur nos pollinisateurs.

Embarquez à votre tour dans la vague, et demandez à votre municipalité ou votre entreprise si elle relève le défi pissenlit!