La résilience

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Voilier au pied du cap Éternité. Crédit photo : Cécile Hauchecorne

À force de naviguer en eau profonde avec des vagues qui nous passent par-dessus la tête, on perd de vue le phare et l’horizon. Mais on sait que ce n’est pas la fin.

J’ai accepté il y a longtemps, que l’important c’est d’avancer et ce, même si nous n’avons que peu d’explication. Ceux qui attendent d’avoir toutes les réponses pour prendre la mer, finissent par ne jamais hisser les voiles. Et ceux qui ne font qu’accuser les capitaines, ont rarement quitté le quai.

Alors, lorsque je suis questionnée sur ce qu’est pour moi la résilience, je ne peux que répondre que le choix que nous avons c’est d’accepter et que la seule option est de hisser les voiles à nouveau pour atteindre le phare.

La résilience est bien plus qu’une philosophie, c’est un état d’être qui atteint son équilibre dans l’acceptation. Ce n’est pas d’abandonner mais de concevoir que notre environnement prendra le contrôle sur nous-même uniquement si nous le permettons.

La résilience trouve sa source en chacun d’entre nous qui acceptons de lâcher prise et d’envisager qu’il faut naviguer dans l’ambiguïté. Je crois que c’est l’une des plus belles qualités qu’un être peut détenir en cette époque de grands bouleversements.

En effet, s’adapter n’est pas simple, ne se fait pas sans effort et le passage nous menant vers l’atteinte de l’équilibre peut se manifester par de multiples comportements à hauts niveaux émotionnels. La colère, l’opposition, l’anxiété, l’accusation, les fausses excuses, la rébellion, le découragement et la peine, ne sont que quelques-unes de ces émotions qui freinent la canalisation de notre énergie pour atteindre notre équilibre.

Alors comment y arriver lorsque l’embarcation prend l’eau, que la voile est déchirée et qu’on ne voit plus le phare? Il faut accepter que nous n’ayons pas le contrôle sur la mer, que le retour au calme prendra du temps, que ce qui était, n’est plus et enfin, que l’essentiel tient en un mot, la foi.

Il est normal que dans le contexte actuel, le voilier de l’éducation soit en grande mouvance. Il est possible que nous ayons du mal à trouver notre équilibre avec la puissance du vent qui nous oblige à louvoyer. Cependant, l’équipe est au travail, vigile de tous les instants. Nous apprenons à naviguer dans l’ambigüité, la voile est réparée, le tour mort et deux demi-clés n’ont jamais lâché et on voit encore le phare à l’horizon.

La résilience, c’est aussi de garder la foi en notre équipage et en nous-même.