L’activité physique mise de l’avant à l’école Fréchette

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Il est désormais bien établi qu’il est essentiel d’encourager l’activité physique chez les enfants. Selon les directives canadiennes en la matière, les enfants de 5 à 11 ans devraient faire 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée chaque jour.

Grâce à la nouvelle salle de psychomotricité, inspirée d’une technique développée par le psychomotricien français Bernard Aucouturier, les enfants du préscolaire et du premier cycle du primaire de l’école Fréchette ont la chance de s’activer une à deux heures de plus chaque semaine dans un cadre qui favorise un développement global et harmonieux.

Cécilia Coulombe, conseillère pédagogique en éducation physique et à la santé à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay précise : « Cette activité vise à supporter le développement global de l’enfant, puisque la démarche d’une séance de psychomotricité permet à l’enfant de s’épanouir sur le plan moteur, affectif et intellectuel. »

En libérant ses énergies et ses émotions, l’enfant est beaucoup plus réceptif pour ses apprentissages cognitifs. La salle de psychomotricité permet ainsi d’offrir un espace de jeu suffisamment grand pour des activités de grande motricité, des jeux symboliques, des jeux de destruction et de construction.

Chaque séance d’une durée d’une heure est structurée en cinq étapes précises. La séance débute par le rituel d’entrée dans la salle, où l’enseignante accueille chaque enfant de façon individuelle pour favoriser l’estime de soi, le sentiment d’appartenance au groupe et le sentiment d’être unique. Elle prend ensuite un moment pour redire le fonctionnement de la séance et pour répéter la loi. La loi est simple et concrète : « Ici, je peux faire tous les jeux en respectant la loi : je n’ai pas le droit de me faire mal et de faire mal aux autres par mes gestes et mes paroles. »

Avant de commencer à jouer de façon libre, les enfants doivent détruire un mur de blocs de mousse pour libérer leurs pulsions dans le plaisir de détruire. Vient ensuite la période de jeux sensorimoteurs et symboliques. Tout au long de cette période, l’enfant libère son énergie en courant, en sautant, en chutant, en faisant des jeux de destruction et de construction. Il peut aussi jouer à faire semblant.

Après, l’enseignante invite les enfants à écouter une histoire qui est racontée sans le support d’images pour inciter l’enfant à voir des images dans sa tête. La séance se termine par un dessin réalisé par chacun des enfants et raconté ensuite à l’enseignante. Elle prendra alors le temps d’écrire quelques mots nommés par l’enfant pour favoriser l’éveil à l’écrit.

Tout au long de la séance, l’enseignante adopte une posture d’accompagnatrice.  Cécilia Coulombe explique que cette posture est un élément crucial de la pratique psychomotrice: « L’enseignante ne doit pas dire quoi faire aux enfants, mais plutôt leur poser des questions pour les amener à verbaliser ce qu’ils vivent, à trouver des solutions par eux-mêmes. » Cette posture se développe par le biais d’une formation qui s’échelonne sur plusieurs mois.

Les enseignantes du préscolaire et du premier cycle de l’école Fréchette constatent une progression remarquable du développement psychomoteur des enfants de leur classe. Ainsi elles observent un passage de plus en plus présent entre les jeux moteurs et les jeux symboliques au fil des séances. La liberté des jeunes dans la salle leur permet de faire des observations dans un contexte différent de celui de la classe, ce qui favorise des interventions différentes et plus spécifiques auprès des enfants.

Les enfants développent également des stratégies de résolution de conflit pacifique de manière plus autonome et responsable, en cherchant des solutions par eux-mêmes. Enfin, au retour dans la classe, les enseignantes voient une différence importante chez leurs élèves : « Nous retrouvons des enfants plus aptes et disposés aux apprentissages. Ils ont une meilleure concentration et choisissent des activités et des jeux plus tranquilles. »

On ne peut donc que se réjouir que nos enfants aient accès à cette salle de psychomotricité, et surtout, à des enseignantes formées pour l’utiliser de façon optimale. Merci aux enseignantes de s’engager dans une pratique qui a un impact énorme sur le développement de nos enfants, ainsi que sur leur réussite scolaire!

Références :  L’activité physique chez les enfants d’âge scolaire http://naitreetgrandir.com/fr/etape/5-8-ans/jouer-bouger/fiche.aspx?doc=activite-physique-enfants-age-scolaire Le site du Consortium québécois des pratiques psychomotrices http://apps.cslsj.qc.ca/cqdpp/index.php/fr-ca/accueil/