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Plan climat de la MRC

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rivière St-Jean plus ou moins gelée

Rencontre avec Gabrielle Doré

Des vagues de chaleur estivales succèdent aux inondations et glissements de terrain, les conséquences des changements climatiques se font déjà bien sentir au Bas-Saguenay. C’est dans ce contexte que la MRC du Fjord-du-Saguenay élabore actuellement son Plan Climat.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan pour une économie verte et du programme d’Accélération de la transition climatique locale du Gouvernement du Québec. Bien que ce ne soit pas obligatoire, toutes les MRC du Québec ont choisi de participer. Selon Gabrielle Doré, chargée de projet en environnement et responsable de la démarche pour notre territoire, cela constitue une opportunité en or.

Elle explique que le plan climat vise deux grands objectifs :

  • Adapter le territoire aux changements climatiques pour protéger nos infrastructures, nos milieux naturels, nos communautés ;
  • Réduire les GES émanant des activités municipales, territoriales et collectives afin de contribuer à la lutte contre le réchauffement global.

« On vit déjà les impacts [des changements climatiques] en temps réel », souligne Gabrielle Doré en évoquant la panne du réseau d’Hydro-Québec de novembre et des activités touristiques annulées ponctuellement cet été pour cause de chaleur. Le plan climat permettra de mieux comprendre là où on peut réellement agir à l’échelle locale, tout en se donnant les moyens pour le faire.

Ce plan pose aussi des questions stratégiques pour l’avenir. Comment concilier développement économique et adaptation ? Comment éviter les effets rebond, comme la gentrification liée à certaines mesures ? Ces réflexions guideront la MRC pour que la transition soit inclusive et durable.

Une démarche participative

Forêt enneigée du Saguenay

En plus de l’équipe multidisciplinaire de la MRC, plusieurs firmes spécialisées (Agora, MNP, Habitat) sont mises à contribution pour garantir la rigueur scientifique des données recueillies et une consultation effective de la société civile. Un comité consultatif a d’ailleurs été créé, afin de rassembler plusieurs acteurs clés : les industries, la santé publique, les nations autochtones, les élus et les citoyens. Leur rôle ? Conseiller, orienter et s’assurer que les préoccupations locales sont intégrées à la démarche.

Cette approche participative est essentielle : elle permet de croiser les données scientifiques avec la réalité vécue par les communautés. Plusieurs consultations publiques, un sondage en ligne et des groupes de discussion visant notamment les populations plus vulnérables sont également prévus dans les prochains mois pour s’en assurer.

Les étapes clés de l’élaboration du plan climat

Comme c’est souvent le cas pour des démarches d’une telle ampleur, la production du plan climat s’étale sur plusieurs années et se doit de s’appuyer sur un cadre précis.

Selon Gabrielle Doré, la démarche est bien avancée et est facilitée par la disponibilité de portraits déjà existants, notamment un inventaire des GES pour l’année 2023, qui servira d’année de référence. À l’heure actuelle, l’équipe planche sur la définition des objectifs, l’évaluation des impacts potentiels des aléas climatiques et les mesures d’adaptation, en même temps qu’à l’identification des cibles de réduction des émissions et des mesures d’atténuation possibles. Les consultations se feront en parallèle de ces étapes.

Par la suite, il faudra s’atteler à trouver des mesures concrètes et réalistes en concordance avec le portrait réalisé et planifier leur mise en œuvre. Finalement, il faudra bien entendu consolider le tout et se lancer dans le sprint final de rédaction.  Le dépôt au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs est prévu pour mars 2027.

À quoi peut-on s’attendre comme retombées dans le milieu ?

Heureusement, l’élaboration du plan climat vient avec une enveloppe dédiée à la réalisation des actions qui seront identifiées. Pour le moment, environ 700 000 $ sont déjà assurés pour mettre en œuvre les mesures d’adaptation et de réduction des GES. Cela dit, plusieurs autres sources de financement devront être mobilisées pour répondre aux besoins sur le terrain. Pour ce faire, la MRC s’assurera que les mesures du plan climat seront intégrées à d’autres planifications déjà associées à des enveloppes budgétaires.

Lorsqu’on lui demande un aperçu des mesures que l’on pourrait voir se déployer sur le terrain, Gabrielle a plusieurs exemples :

« Ça peut être des mesures comme changer le système au mazout de l’aréna de telle municipalité ou faire un plan de mobilité durable. […] Il y a des aspects très axés vers les municipalités (bâtiments, travaux publics, mesures d’urgence) et des aspects plus liés à la population (compostage, réduction des matières organiques, projets citoyens). […] On pense aussi à des mesures pour l’industrie récréotouristique, comme adapter les activités hivernales face au manque de neige. »

Appel à l’action

En conclusion, la chargée de projet souhaite nous sensibiliser à l’importance de nos actions individuelles pour la transition écologique. Elle souhaite également nous inviter à la démarche du plan climat : « Si les citoyens s’informent et viennent à nos consultations, ce sera déjà une belle action qu’ils peuvent poser. Parfois, on ne sait pas par où commencer ni quoi faire, mais juste participer, c’est vraiment utile! »

Nous vous invitons donc à visiter le site web de la MRC-du-Fjord-du-Saguenay, sur la page du plan climat, afin de vous tenir au courant des consultations à venir. Il est aussi possible dès maintenant de remplir un sondage en ligne.