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Sauvegarde de la statue – Un défi à la hauteur de son importance

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Photo de la statue de Notre Dame du Saguenay
La statue Notre-Dame-du-Saguenay n’est pas qu’un monument : elle est le visage de Rivière-Éternité.

Depuis deux étés, le sentier menant à la statue Notre-Dame-du-Saguenay est fermé au public. L’intérieur de la structure, fait de bois de pin sculpté, est gravement détérioré : l’eau s’infiltre par des fissures, le bois pourrit et la stabilité du monument est compromise.

Les travaux prévus cet automne visent à insérer une structure de soutien en acier, semblable à une colonne vertébrale, pour alléger le poids du bas de la statue et la sécuriser. Cette intervention est essentielle pour préserver l’œuvre et, enfin, permettre la réouverture du sentier aux visiteurs.

Si vous lisez religieusement le Trait d’union, vous saurez que nous en parlions déjà en juin. Mais voilà où ça s’est corsé. Au départ, tout semblait bien ficelé : les ingénieurs avaient évalué les travaux à environ 151 000 $ avant taxes, et la municipalité avait obtenu l’entièreté du financement. Puis est arrivé le choc : les soumissions reçues en août s’élevaient plutôt à 335 000 $ et 429 500 $. Pas 10 ou 20 % d’écart… mais 222 % de plus que prévu !

Pourquoi un tel écart ? Parce qu’il s’agit d’un site unique : pas de route d’accès, matériaux transportés par hélicoptère, campement de chantier à aménager, contraintes liées au parc national et au statut patrimonial… plusieurs facteurs coûteux qui ont été sous-évalués dans l’estimation initiale des ingénieurs.

Cette situation a déclenché une véritable course contre la montre. Lorsqu’un appel d’offres est lancé, il n’y a que quelques semaines pour accepter une soumission, sinon tout le processus doit recommencer, avec de nouveaux délais et, parfois, des prix encore plus élevés. Chaque saison perdue fragilise un peu plus la statue et prive les citoyens de ce site tant apprécié.

Baisser les bras était impensable. En un mois à peine, avec l’appui de partenaires, beaucoup de persévérance – et sans doute un petit coup de pouce de la Madone – la municipalité a rassemblé presque tout l’argent nécessaire. Pour bien situer l’exploit : dans le monde du financement public, les programmes fonctionnent par appels de projets. Cela veut dire des délais de plusieurs mois avant même de savoir si une demande est acceptée. Autrement dit, réussir à amasser plus de 200 000 $ en quelques semaines, c’est quasi miraculeux.

En septembre, le contrat a été octroyé à Cimota, une firme spécialisée de Québec. Mais la contribution municipale devra presque doubler, passant de 20 000 $ à environ 39 000 $. Pour combler cet écart, une campagne de financement est en cours auprès des entreprises locales, fournisseurs et organismes concernés.

La statue Notre-Dame-du-Saguenay n’est pas qu’un monument : elle est le visage de Rivière-Éternité, un symbole identitaire reconnu bien au-delà de la région. Dans les prochaines semaines, une campagne de sociofinancement en ligne permettra aussi de mobiliser les gens de l’extérieur. En attendant, il est déjà possible de donner directement à la municipalité.

Alors sortons nos chapelets et croisons les doigts en espérant que la météo soit de notre côté afin que les travaux soient complétés cet automne. Chaque contribution, petite ou grande, aide à ce que notre Madone tienne debout encore longtemps.