Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement plus large
En 2022, lors de la Conférence sur la diversité biologique des Nations unies (COP15) tenue à Montréal, les gouvernements du monde entier se sont engagés à mieux protéger la nature. Le Québec a répondu à cet appel avec le Plan nature 2030, qui a notamment comme objectif de conserver 30 % des milieux terrestres et 30 % des milieux marins et côtiers du Québec d’ici 2030.
C’est dans ce contexte qu’un appel à projets d’aires protégées a été lancé en 2024 par le gouvernement du Québec. Tout le monde pouvait y participer, que ce soient, notamment des municipalités, des organismes ou même des citoyens. L’objectif : connaitre les secteurs à protéger privilégiés par les acteurs, en tenant compte des réalités locales.
Au total, un peu plus de 400 projets jugés complets font actuellement l’objet de travaux de concertation régionale, amorcés au printemps 2025 et qui se poursuivront jusqu’à l’automne 2026. Ces travaux vont aboutir à des recommandations afin d’outiller le gouvernement du Québec dans sa prise de décision pour la création de nouvelles aires protégées.
Dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, plus d’une quarantaine de propositions sont discutées dans six tables de concertation : une régionale et cinq locales par MRC.
La concertation au cœur du processus
La désignation d’aires protégées constitue un exercice de conciliation des aspects environnementaux, économiques, sociaux et culturels. C’est pourquoi des acteurs provenant de différents milieux – incluant le milieu forestier – participent activement aux tables de concertation.
Leur participation vise à assurer une compréhension complète des réalités du terrain.
Ainsi, les recommandations qui découleront des tables de concertation tiendront compte à la fois des objectifs de protection du territoire et des réalités du milieu, notamment le milieu forestier. Avant toute prise de décision finale du gouvernement du Québec concernant la création de nouvelles aires protégées, il est important de rappeler que les projets recommandés feront également l’objet d’une analyse interministérielle relativement à leurs aspects écologiques ainsi que des impacts socioéconomiques.

Et au Bas-Saguenay ?
Au Bas-Saguenay, cinq propositions d’aires protégées sont actuellement à l’étude. Elles concernent les municipalités de Saint-Félix-d’Otis, de L’Anse-Saint-Jean et de Petit-Saguenay, qui seront donc directement impliquées dans le processus de concertation.
À noter qu’il est trop tôt pour savoir si ces propositions seront recommandées par les tables de concertation régionales. En effet, comme mentionné ci-haut, la démarche de concertation vise notamment à évaluer l’acceptabilité sociale, à tenir compte des réalités locales et à permettre aux acteurs municipaux et régionaux de se prononcer sur les propositions, dans une perspective de dialogue et d’équilibre entre la conservation et les usages du territoire.
Un projet porté par la municipalité de Petit-Saguenay
Parmi les propositions déposées, la municipalité de Petit-Saguenay a présenté un projet visant le secteur du lac Cardinal et la vallée de la rivière du Portage. Ce territoire se démarque notamment par la présence de forêts anciennes et d’un refuge biologique existant, qui témoignent de ses atouts fauniques et floristiques.
Le secteur se distingue aussi par des paysages exceptionnels. Le lac Cardinal, un lac d’origine glaciaire, est entouré de falaises impressionnantes qui rendent l’endroit unique. Ces parois rocheuses s’élèvent à plus de 400 mètres au-dessus du lac et rappellent, par leur verticalité, celles du fjord. Ce décor naturel remarquable ajoute à l’intérêt du secteur, autant pour la nature que pour le paysage.
Il est important de rappeler qu’une aire protégée n’est pas une cloche de verre. Il existe différents statuts de protection qui permettent, selon les cas, de maintenir des activités comme la chasse, la pêche, la villégiature ou des usages récréatifs permettant ainsi de dynamiser de façon durable les économies locales. La proposition de Petit-Saguenay s’inscrit dans cette logique de cohabitation entre protection de la nature et usages du territoire. Elle sera évaluée, comme les autres, dans le cadre du processus de concertation.













