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Fermeture de la scierie de Petit-Saguenay

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photo aérienne d'une scierie
La scierie de Petit-Saguenay avait redémarré ses activités en juin 2016.

Rencontre avec Daniel Lavoie

Directeur de la scierie pendant près de 3 ans, Daniel Lavoie est entré en poste en connaissance de cause : « Je le savais que je prenais les rennes d’une entreprise pas solide à 100 %. Je savais également que pour garantir sa rentabilité, il fallait qu’une 2e phase d’investissement ait lieu. »

Il faut savoir que la scierie de Petit-Saguenay fonctionnait grâce à deux principaux marchés, 50 % pour l’approvisionnement de l’usine de palettes de Lévis et un autre 50 % pour le marché canadien et américain. La baisse de la valeur du marché jumelée à l’augmentation des coûts de la matière première et des frais d’exploitation ont précipité la faillite de l’usine.

En 2019, le plan de restructuration prévoyait un premier 3,2 M. Cette première phase consistait à moderniser les étapes à la sortie de l’usine, l’empilage et le triage. Là où avant 8 employés minimum étaient nécessaires, seulement 2 permettent maintenant d’obtenir le même rendement. « Pour ces postes, on avait toujours du mal à trouver du personnel car ces manipulations se faisaient dehors, poursuit Daniel. À cause de la pandémie et de la hausse des matériaux qui s’en est suivie, cette première étape nous a coûté le double. »

La 2e phase d’investissement devait moderniser l’entrée de l’usine, et ainsi augmenter sa capacité de sciage de 30 à 40 %, tout en améliorant considérablement les conditions de travail très physiques des employés. « L’argent de la 2e phase d’investissement déjà dépensé lors de la première, des années 2023-2024 durant lesquelles le marché a terriblement baissé, il n’en fallait pas plus pour refroidir l’ardeur de nos bailleurs de fonds : ils ont interrompu toutes nouvelles offres de financement et s’apprêtent actuellement à démanteler l’usine », se désole le dernier directeur de la scierie.

« À mon avis, on va devoir dans un proche avenir reconstruire des usines qui scient du tremble, cet arbre fait trop partie de l’équation dans l’industrie forestière québécoise », conclut Daniel Lavoie en se demandant quel avenir se profile pour les petites scieries de village. « Si la tendance se maintient et que les gouvernements et bailleurs de fonds continuent de soutenir essentiellement les grosses entreprises, on a le droit d’être inquiet pour l’avenir de notre territoire. »

La scierie de Petit-Saguenay avait redémarré ses activités en juin 2016 et embauchait 25 personnes, toutes établies dans la région du Bas-Saguenay.