
Rencontre avec Nathalie Houde
Conseillère d’orientation de formation, Nathalie Houde travaille 20 ans au recrutement d’étudiants à l’international pour le Cégep de Jonquière. « Autour de 1998-99, le ministère de l’éducation du Québec mandate les Cégeps des régions afin qu’ils collaborent avec le gouvernement français et ses territoires outre-mer. De nombreux jeunes y résidaient mais bien peu d’opportunités d’emplois leur étaient proposées. »
C’est ainsi que Nathalie Houde participe au recrutement et à l’accueil de jeunes francophones arrivant de Nouvelle Calédonie, de Polynésie et de l’Île de la Réunion. « Chaque année, on allait à l’Île de la Réunion, puis en Nouvelle Calédonie où se faisait sentir le besoin de main d’œuvre très ciblée pour les mines de nickel, notamment en chimie, en environnement, en génie et sécurité au travail. »
Par contre, de nombreux étudiants ont préféré rester au Québec après leurs études, ce qui n’était pas dans le projet initial. Il y en a bien sûr qui ne se sont jamais adaptés au climat, mais bien d’autres ont rapidement adopté les régions du Québec. « Je suis allée peut-être 5 ou 6 fois en Nouvelle Calédonie, une magnifique île dans le pacifique, 12 fois à l’Île de la Réunion… c’était un très beau travail, le recrutement d’étudiants à partir de leur profil de personnalité, motivations et résultats scolaires. Les jeunes étaient tous boursiers, le gouvernement français donnait de gros montants pour permettre ces échanges. Ensuite, le recrutement s’est ouvert à la France et l’Afrique francophone », poursuit la nouvelle retraitée dont le travail consistait également à de l’accompagnement pour les étudiants lors de leur arrivée dans la région. (démarches administratives, logement, etc.) « Très vite, une équipe multidisciplinaire s’est formée autour du projet, qui a pris de l’ampleur avec l’accueil d’étudiants de l’Afrique francophone. »

En 20 ans, Nathalie Houde estime que de 400 à 500 étudiants étrangers sont venus étudier au Cégep de Jonquière. « Actuellement à la retraite, je fais encore quelques contrats pour le Centre de Services Scolaire des Rives du Saguenay, auprès d’enfants d’immigrants étudiant au secondaire et arrivés dans la région avec leurs parents, notamment de nombreuses familles ukrainiennes, colombiennes, nicaraguayennes et brésiliennes. » Ici, ce n’est plus le gouvernement qui initie cette immigration, mais bien les entreprises locales à la recherche de main d’œuvre. « Cette fois, il y a le défi de la langue qui vient s’ajouter, des cours de francisation se mettent donc en place », conclut celle qui est fière d’avoir participé à l’accueil de nombreux immigrants dans la région. « Le plus beau compliment que l’on m’ait fait… hum … de nombreux étudiants m’ont remerciée en me disant que grâce à moi, ils avaient eu envie de rester vivre au Québec. »













