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Les Plateaux Commun’ô’Terre, une terre d’accueil

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Deux hippies dans les années 1980
Regina Stöber et Monika Schnug, deux amies allemandes venues vivre aux Plateaux à L'Anse-Saint-Jean dans les années 1980.

Les Plateaux, qui célèbrent cette année leur 50e anniversaire, ont accueilli au fil des ans plusieurs immigrants.

Régina Stöber fut la première et non la moindre à venir s’y installer en 1980. Horticultrice professionnelle ayant travaillé dans des fermes biodynamiques en Allemagne, elle fonda avec Denis La France Les Serres des Plateaux. Cette entreprise contribua grandement à fleurir L’Anse-Saint-Jean en donnant aux Anjeannois le goût d’embellir leur propriété. Elle est fière de dire qu’elle a appris à parler la langue de Molière grâce à ses contacts avec les villageois.

Par la suite, deux autres allemandes, Heïdi Schiemann et Monika Schnug, rejoignirent la communauté. Heïdi, une maître potière reconnue, a su transmettre son art par des ateliers de poterie offerts à la population du Bas-Saguenay. De sa boutique située sur la rue Saint-Jean-Baptiste, ses œuvres splendides ont laissé la marque de son immense talent dans plusieurs foyers.

Monika, qui nous a quittés prématurément l’automne dernier, contribua elle aussi à faire connaître L’Anse-Saint-Jean. Au fil des ans, une centaine de stagiaires ont bénéficié de son expertise des plantes médicinales et de ses talents de jardinière. Ses teintures mères, tisanes et onguents de consoude, reconnus pour leur qualité, étaient vendus dans plusieurs magasins d’aliments naturels au Québec. Un de ses employés, Samuel Crase s’est d’ailleurs installé près du Mont-Édouard. Il y a implanté avec sa conjointe Véronique Messina un jardin inspiré des méthodes apprises à ses côtés. Samuel se souvient surtout de sa présence réconfortante et de son écoute.

Un couple au milieu des fleurs
Gérald Delmarco et Élisabeth Kandler dans leur jardin.

Gérald Delmarco, de nationalité suisse, rêvait de venir habiter au cœur des grandes forêts québécoises. Il fait un premier séjour de 1982 à 1991. À l’époque, il crée sa compagnie de distribution Fleur de Vénus, avec laquelle il transportait vers Montréal et Québec les produits des Plateaux, principalement les pains de la boulangerie Unisson. Il reviendra aux Plateaux en 1997 avec sa conjointe Elisabeth Kandler, d’origine allemande. Gérald participe alors à la création du sentier des murailles, avec la Coop Quatre Temps. À la retraite maintenant, il poursuit sa passion pour la voile avec la coopérative Voile Mercator. En se remémorant quelques souvenirs de son arrivée au Saguenay, Gérald confie :  « Je me suis senti bien accueilli par les gens de l’Anse, c’est du monde sympathique. Des fois, ils me font des remarques sur mon accent, signifiant que je ne viens pas d’ici, mais ce n’est pas méchant. Quand je retourne en Suisse, parfois je me sens un peu comme un étranger, c’est dire que je me sens bien intégré dans la communauté anjeannoise. » Elisabeth a pour sa part contribué au bien-être de bien du monde en offrant depuis 25 ans des cours de yoga.

Les Plateaux, lieu de résidence international

Bridget Chatterley une britannique enseigna l’anglais et la musique à l’école Fréchette, Tamara Anna Koziej une polonaise se démarque comme artiste multidisciplinaire. Elle s’installa ensuite à St-Honoré où elle créa une ferme florale. Soulignons aussi le passage de Cécile Hauchecorne vivant à L’Anse à titre de journaliste, correctrice et coordonnatrice du Trait d’union. Pierre-Henry Mugnier, massothérapeute et ancien collaborateur au sein du conseil d’administration et Jeff Grosse bien connu avec son entreprise d’infographie À l’Aise Media. Chacun à leur façon ces trois français se sont impliqués dans la communauté.

Notons que sur les Plateaux, la présence d’immigrants français est importante. Pensons à Sébastien Birot, ce sympathique breton, propriétaire du Café du quai. Il se démarque par sa personnalité rayonnante et son implication en tourisme. Il a fait preuve d’une grande résilience suite à l’incendie de son commerce. Un de ses amis, Corentin Chaillon, est venu le rejoindre pour s’y installer. Cet artiste peintre et biologiste de formation a réalisé une étude pour le Parc national du Fjord-du-Saguenay. Ce projet portait sur la présence des animaux actifs dans le parc. Il a également contribué à répertorier la présence des faucons pèlerins sur les falaises le long du Fjord. Deux autres résidents travaillent actuellement comme guide au sein du parc : Maxime Saunier et Daniel Savouyaud. Ils mettent à profit leur expérience de guide au Nunavik et au Yukon.  Ces jeunes gens dynamiques apprécient le calme exceptionnel des Plateaux et la nature sauvage du Bas-Saguenay.

La corporation des Plateaux Commun’ô’Terre peut être fière d’avoir accueilli des immigrants, qui au fil des ans ont contribué à la diversité et à la richesse du tissu humain anjeannois.