
Emiliano Tuataane est né à Wallis-et-Futuna, un territoire d’outre-mer français de deux petites îles situées à 16 000 km de Paris, dans une région que l’on appelle la Polynésie. « J’ai commencé mes études dans ces petites îles de l’Océanie où vivent environ 10 000 personnes. Ce sont deux royaumes, on a des rois encore, mais l’état de gouvernance, c’est la France », m’explique Emiliano.
« Pour continuer ma formation, je suis allé en Nouvelle Calédonie, à 2000 kilomètre de chez nous, où j’ai commencé l’université en chimie. C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de ce programme qui nous permettait d’aller étudier au Québec. » (voir texte page 23) C’est ainsi qu’Emiliano, après avoir passé tout un processus de sélection, vient étudier en 2011 le Génie chimique au Cégep de Jonquière. Il fait alors partie d’une cohorte de 12 étudiants venant de la Nouvelle Calédonie.
Bien sûr, la première question que l’on se pose en rencontrant Emiliano, c’est pourquoi quitter ces îles aux plages paradisiaques pour venir s’installer au Saguenay ?
Une meilleure qualité de vie
Avant de partir, Emiliano étudiait et travaillait mais il lui était difficile d’envisager pouvoir obtenir un emploi intéressant. « En restant chez nous, je serais sans doute devenu maçon ou ouvrier. Aussi, grâce à mon expérience au Cégep de Jonquière, j’ai pu connaître deux systèmes d’éducation différents. Cela m’a donné envie de rester au Québec. L’esprit de compétition est très présent en France, l’éducation semble réservée à une élite et cela me convenait moins. Au Québec, j’ai pu retrouver certains repères qui m’ont permis de finaliser mes études en chimie. »

Emiliano travaille maintenant pour une compagnie minière au nord du Québec. Même si sa famille lui manque souvent, son intégration se passe très bien. « Le fait que j’ai été accueilli à bras ouverts par la famille de ma conjointe y est certainement pour quelque chose. » C’est en participant au tournoi de volleyball organisé chaque année en mai à l’école Fréchette qu’il rencontre Julie Gagné, celle qui deviendra sa conjointe. « J’avais déjà décidé de rester vivre au Québec, la qualité de vie et le travail que j’avais trouvé me donnaient de bonnes raisons. »
Le premier hiver !
L’adaptation à l’hiver s’est bien remise du premier choc climatique, grâce à quelques associations, mais aussi au contact d’anciens étudiants de Nouvelle Calédonie qui prenaient bien soin de leurs compatriotes. « Jusqu’à tout récemment, je n’ai jamais eu à acheter de veste d’hiver, on me les donnait ! Honnêtement, quand je suis parti de la Nouvelle Calédonie, ce n’était pas si clair que j’allais faire ma vie au Québec, mais je me disais si cela fonctionne, pourquoi pas ! » Celui qui lors d’une soirée étudiante au Mont Lac Vert a chaussé pour la première fois des skis se rappellera sans doute toute sa vie du temps que cela lui a pris de passer du magasin de location au remonte pente : « Pas loin d’une demi-heure ! s’exclame en riant Emiliano, qui depuis a su apprivoiser cette étrange discipline et visite régulièrement les pistes du Mont-Édouard ! »













