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Des initiatives d’accueil et d’ouverture inspirantes

Angèle et Abdallah travaillent depuis près de 3 années ensemble.

Avec ce dossier sur l’immigration au Bas-Saguenay, on est allés à la rencontre de personnes et d’entreprises aux initiatives très inspirantes. Commençons avec l’épicerie Bonichoix, au coin des routes à L’Anse-Saint-Jean qui, pour pallier le manque de main d’œuvre ou d’enthousiasme à travailler les fins de semaine, a pris contact avec l’agence H360 afin de faire venir des travailleurs étrangers. « Abdallah, notre cuisinier marocain complètera sa 3e année au mois d’avril et Kdojo, notre boucher du Togo, arrivé quelques mois après au village, s’apprête à accueillir bientôt sa femme qui réside actuellement chez des amis en Beauce », m’apprend Angèle Lavoie très satisfaite de cette expérience internationale.

« En travaillant avec Abdellah et Kdojo, on en apprend également sur notre propre culture, je suis très heureuse que mes garçons les côtoient. Ils se rendent bien compte à quel point on est libre et chanceux d’habiter au Québec. » Angèle et Patrick son conjoint ont beaucoup voyagé et c’est avant tout avec cette ouverture d’esprit et la richesse que cela apporte qu’ils ont décidé de tenter l’expérience. « Nos deux employés sont agréablement surpris de notre qualité de vie québécoise, ils nous disent souvent que chez eux, ils travaillaient bien plus et avec beaucoup moins de reconnaissance. »

Et si votre cœur est à la découverte, sachez qu’un vendredi sur deux, Abdallah, lorsqu’il compose son nouveau menu, propose à chaque fois un plat typiquement marocain à déguster.

Du côté de la SEPAQ

Depuis deux ans, le programme Accès Nature du ministère de l’Éducation permet de faciliter l’accès aux parcs nationaux pour les clientèles sous-représentées, dont les nouveaux arrivants, en prenant en charge les frais de transport et en offrant l’accès gratuitement aux organismes communautaires éligibles. Cette année, par exemple, une vingtaine de personnes issues de l’immigration pourront bénéficier du programme par le biais du Groupe Inclusia et pourront visiter le parc national du Fjord-du-Saguenay.

En complément, le nouveau programme Destination Nature pour tous ! du Ministère de l’Environnement (MELCCFP) permet aux groupes scolaires éligibles de découvrir les parcs et de profiter d’une activité de découverte par un garde-parc, tout en bénéficiant des frais de transport.

L’esprit entrepreneurial

Une exposition de tableaux encéramiques
Série de paysages en mosaïque faits par Cecilia Bourdon, exposés à la Galerie Huit par Dix.

À Rivière-Éternité, la créativité n’a pas de frontières : des personnes venues d’ailleurs s’installent ici et transforment leurs passions en projets qui font vibrer le village, diversifient les services et créent de nouvelles occasions de rencontre.

Vanessa Alvarez et son conjoint, Martin Bergeron, sont derrière la Savonnerie au Pays des Bleuets. Depuis 2005, ils concoctent des produits naturels – savons, crèmes, baumes, shampooings – souvent à partir de plantes cueillies directement sur leur domaine.

Liza Garner, fondatrice du Nid Créatif, redonne vie aux arbres tombés sur son terrain. Elle en fait des pièces de décoration, planches de cuisine et décorations de Noël. Cette année, elle et son conjoint, Francisco Alvarez, ont également ouvert Glaces du Saguenay, un camion de crème glacée dure artisanale.

Enfin, l’artiste Cecilia Bourdon a transformé une ancienne cabane de pêche blanche en la Galerie Huit par Dix. On y retrouve ses mosaïques colorées ainsi que les accessoires et créations en cuir et fourrure de Marie-Eve Marchand. Ce lieu original attire autant les visiteurs de passage que les résidents et devient un espace de découverte culturelle et de rencontres.

Si ces projets voient le jour, c’est aussi grâce à l’ouverture d’esprit et au soutien de la municipalité, qui accompagne les porteurs d’idées et facilite la réalisation de leurs projets. Ensemble, ils partagent une volonté de bâtir un village vivant, attractif, où brille l’individualité de chacun.

Les entreprises saguenoises, vecteurs d’intégration d’immigrants internationaux

À Petit-Saguenay, l’accueil des nouveaux arrivants et des personnes immigrantes ne se mesure pas en nombre, mais en chaleur humaine. Au cours des deux dernières années, une dizaine de personnes sont venues s’installer ou travailler chez nous. Et chaque arrivée a été l’occasion de créer des liens, de partager et d’enrichir la vie collective.

Victorine, qui a trouvé appui et amitié grâce à l’entraide de Lisa, des Semences Saguenoises, en est une belle illustration. Elle a accompagné Victorine dans ses démarches pour se loger et se déplacer, et leur relation s’est transformée en une belle amitié. Par ailleurs, son entreprise accueille également des travailleurs immigrants, renforçant son engagement envers l’intégration.

Une femme nore se tient devant une porte
Victorine chante en travaillant et ça amène de la joie dans l’équipe.

Il y a les travailleurs mexicains venus prêter main-forte aux Jardins de la Montagne, ou encore Jean (un des propriétaires de la Bleuetière Saguenoise), qui a non seulement engagé des personnes immigrantes mais aussi encouragé et soutenu leur démarche vers d’autres emplois une fois la saison terminée, l’intégration s’est faite avec cœur et solidarité. La Scierie de Petit-Saguenay s’implique également, notamment par la participation de son directeur général, Daniel Lavoie, à des échanges sur l’intégration en milieu rural.

Nous présentons ici le témoignage de deux employeurs qui ont choisi d’accueillir et de collaborer avec des personnes venues d’ailleurs. À travers leurs expériences, on perçoit la richesse humaine et collective que cela apporte.

Les Jardins de la Montagne : l’expérience positive de l’embauche de travailleurs agricoles saisonniers

Aux Jardins de la Montagne, l’accueil de deux travailleurs mexicains dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) est une expérience à la fois exigeante et enrichissante. Depuis deux ans, Francisco et José viennent chaque saison prêter main-forte à la ferme pour une période de cinq mois.

Trois hommes posent fièrement devant la caméra !
Gilles Arseneault se tient fièrement entre ses deux employés mexicains, José et Francisco.

Pour Gilles et Anne, cette démarche représente toute une adaptation. « Il y a énormément de règles gouvernementales à respecter, que ce soit le transport, l’hébergement ou même la mise à disposition d’un véhicule pour leurs besoins essentiels », explique Gilles. La ferme a également dû s’ajuster au quotidien : documents et outils traduits, adaptation de certaines cultures et communication presque exclusivement en espagnol. Gilles a même pris des cours d’espagnol.

De leur côté, les travailleurs font aussi un grand sacrifice : quitter leur famille, leurs conjoints et leurs jeunes enfants pour plusieurs mois. Grâce à WhatsApp et Messenger, ils gardent le contact, mais la distance demeure un défi.

Ce qui ressort de cette expérience, c’est la compétence et le professionnalisme de Francisco et José. « Ils ne sont pas seulement des travailleurs de récolte : ils arrivent avec une formation en agriculture et une solide expérience qui complètent très bien le travail déjà accompli par nos équipes locales. Ils savent conduire des tracteurs, assurer la fertilisation, le travail en serre et en champ. Leur expertise apporte une belle valeur ajoutée à l’entreprise », souligne Gilles. Avec le temps, les liens se sont resserrés. « On développe une relation d’amitié. Ils font partie de la famille maintenant. »

Une preuve que l’intégration, même saisonnière, peut être synonyme de respect, d’enrichissement mutuel et de nouvelles amitiés durables.

Deuils, courage et intégration : une leçon du Colloque Unis vers l’inclusion

Daniel Lavoie, directeur de la Scierie de Petit-Saguenay nous parle de sa participation au Colloque Unis vers l’inclusion : « J’ai eu la chance de faire partie d’un panel de discussion, mais aussi d’assister à plusieurs conférences et ateliers. L’un d’eux, je l’avais choisi particulièrement parce que Victorine travaille avec nous, il portait sur les 7 deuils de la femme immigrante. Cet atelier m’a fait réaliser à quel point ces personnes sont courageuses. On ne s’en rend pas toujours compte, mais elles doivent vivre plusieurs deuils en quittant leur pays : le deuil de la langue — même si elles parlent français, ce n’est pas le même français que le nôtre —, le deuil de leur culture, de leur famille, de leurs ami-es, de la nourriture, de leur climat et de la géographie. »

Comme gestionnaire, ça a permis à Daniel de mieux comprendre Victorine et les autres travailleurs immigrants. Il a ainsi pris conscience qu’il faut parfois aller davantage vers eux, leur parler plus, pour s’assurer qu’ils se sentent bien et heureux dans leur milieu de travail.

Bien sûr, leur présence vient répondre à un besoin important de main-d’œuvre. Mais au-delà de ça, cela apporte une nouvelle dynamique à l’entreprise. Victorine, par exemple, chante en travaillant : ça amène de la joie dans l’équipe. Ce sont des personnes heureuses d’être ici, reconnaissantes des opportunités offertes. Elles veulent bien faire, être certaines que leur travail nous satisfait. Ce sont des gens minutieux, attentionnés et, en général, qui s’intègrent très bien.

« Depuis un peu plus d’un an, nous avons accueilli trois travailleuses étrangères : Victorine, Victoire et Suzère. Pour nous, c’est une main-d’œuvre fiable, toujours présente et engagée. Oui, elles comblent un besoin, mais elles enrichissent aussi notre milieu de travail et notre communauté ! », conclut Daniel avec reconnaissance.