Se mettre en mode exploratoire !

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deux adultes et une enfant débarquent d'un canot
La Zec Buteux a réouvert dernièrement un circuit déjà existant. J’y ai fait des expés en canot-camping avec l’AGIR, c’est vraiment une très belle découverte.

Danaé Noury*, curieux de nature !

Depuis sa plus tendre enfance, Danaé parcourt le territoire du Bas-Saguenay. L’explorateur en herbe commence tout naturellement par le terrain de jeu autour de sa maison d’enfance, Les Plateaux. « Là je suis rendu dans les Hautes Gorges de la Malbaie en partant des chenaux au bout de Périgny. J’ai presqu’atteint la Baie Sainte-Catherine, j’ai accoté le parc national à Rivière-Éternité. J’ai comme un rayon où je connais les petits ruisseaux, les gros pins, j’ai mes repères mais la découverte n’arrête jamais », confie celui qui parcourt en autonomie le territoire en ski, en canot ou à pied.

« La Zec Buteux a réouvert dernièrement un circuit déjà existant. J’y ai fait des expés en canot-camping avec l’AGIR, c’est vraiment une très belle découverte. Il y a des chalets aussi, on peut louer des canots, ils t’attendent sur le bord du lac. Tu as juste besoin de transporter ta glacière ! Même si tu ne pêches pas, juste d’être là c’est quelque chose ! C’est très beau », indique l’infatigable coureur des bois.

Même si tout le territoire sauvage du Bas-Saguenay l’émerveille, Danaé a quelques coups de cœur, comme le secteur du lac Cardinal, sur la pourvoirie Raoul Lavoie ! « Je ne suis pas le seul d’ailleurs. On y croise de plus en plus de monde, été comme hiver », se réjouit le natif de l’Anse-Saint-Jean.

Au Bas-Saguenay, les rivières ne sont pas toujours très praticables l’été, il y a beaucoup de roches, des veuves comme les appellent les anciens. Pour le canot, c’est surtout les lacs qui sont accessibles, notamment sur la Zec Brébeuf ou la ZEC Buteux. « Dans les 5 dernières années, pour les expés en canot-camping, mon coup de cœur c’est vraiment la ZEC Buteux. Pour l’accessibilité, les infrastructures facilitantes, le dépaysement. En très peu de distance, tu te retrouves dans un décor qui est quand même très inhabituel. Beaucoup de lacs avec de nombreuses îles, des rives avec de magnifiques crans, de gros pins rouges. Une sensation de petit fjord, de forêt immaculée. C’est très apaisant. »

Notre territoire encore sauvage a tellement de belles propositions à faire aux amateurs de plein air qu’il serait bien audacieux de penser en faire le tour dans un article. Danaé nous en suggère tout de même quelques-unes : « Il y a les chenaux, au bout de Périgny, avec de bien belles chutes. La ZEC de l’Anse où l’on peut découvrir aussi de beaux endroits. Je pense que le monde du plein air et celui de chasse et pêche commence à se parler. C’est une bonne nouvelle. »

Avec cette démocratisation du plein air, il y a des personnes qui sont plus ou moins habituées, pas assez vigilantes même. Elles n’ont pas nécessairement la connaissance des équipements de base nécessaires à une randonnée en toute sécurité. De bonnes bottes, de l’eau, de l’huile à mouche, des bâtons de marche, un bon sac à dos, et un bon système de communication si possible !

« Agir librement, c’est reprendre possession de soi ! » Henri Bergson

Pour conclure, je demande à Danaé ce que cela lui apporte, cette exploration lente du territoire : « Si on prend le temps, ça nous reconnecte avec la nature, avec nous-même, à l’essentiel finalement ! La vibration n’est plus la même qu’en ville, c’est certain. Il y a quelque chose qui te domine un petit peu. On a toujours été dominé par la nature jusqu’à peu finalement. Là, on a l’impression qu’on ne l’est plus mais il y a quelque chose qui nous manque de ça, l’humilité peut-être. L’humilité nous permet d’aller plus loin. C’est comme si on retrouvait notre place au milieu de l’écosystème, faire partie de quelque chose de plus grand que soi, c’est apaisant, c’est comme goûter la richesse de la vie aussi. C’est fragile la vie, des fois on l’oublie quelque part ! L’autonomie dans le bois, c’est très satisfaisant. Il y a de la fierté mais aussi un sentiment de très grande liberté. »

*Danaé Noury est chargé de cours au Bac en intervention plein air de l’UQAC. Il enseigne notamment l’autonomie en milieu naturel. 

 

 

 

Le canot-camping en famille

Pour ceux qui pensent qu’il faut prendre un cours de survie en nature pour partir en canot-camping, voici le témoignage d’une petite famille du Bas-Saguenay.

Ève-Laurence et Ève ont vécu l’été dernier une bien belle expérience de canot-camping en famille sur la Zec Buteux. Avec leurs deux garçons âgés de 18 mois et 4 ans, elles y ont passé trois dodos et dormi sur deux terrains de camping différents. Dépaysement garanti !

« Le canot-camping sur la Zec Buteux, c’est un clé en main ! Les canots t’attendent au point de départ. Ils te prêtent les vestes, les pagaies, même les cartes. On amène juste notre tente et notre bouffe, et on se balade dans la Zec avec notre Prius pour atteindre les points de départs, confie Ève-Laurence. C’est très accessible pour des familles puisque ce sont des lacs. Il n’y a pas de courant, ni de rapides… mais il y a des portages de lac en lac, reliés par de touts petits ruisseaux ! C’est là que réside le défi ! Depuis, on s’est équipées d’un immense sac à dos pour éviter de nombreux allers-retours ! »

Les emplacements sont très sauvages, avec de magnifiques bécosses à ciel ouvert mais peu d’aménagement : « Si je peux me permettre une petite suggestion, on les encourage à aménager un peu plus les emplacements, mettre au moins une table à pique-nique, car manger avec des enfants sur le sable n’est pas toujours si évident. Mais sinon, c’est vraiment idéal pour une petite famille comme la nôtre. On peut pêcher de la bonne truite et en partant sur le territoire de la Zec Buteux en canot-camping, on a aussi accès à de magnifiques randonnées dans des forêts immaculées.»