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Changement de gouvernance au Mont-Édouard

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André Simard, maire de L'Anse-Saint-Jean élu en novembre 2025.

Rencontre avec André Simard, maire de L’Anse-Saint-Jean, afin de savoir ce qui se passe pour le Mont-Édouard, une année après la décision de la municipalité de confier sa gestion à Christian Mars, propriétaire de la Compagnie des Montagnes de Ski du Québec (CMSQ).

Le domaine du ski est un terrain que le nouveau maire de L’Anse-Saint-Jean connait bien, lui qui a été directeur du Mont-Édouard à ses débuts : « Lucien Martel, président du Conseil d’administration, c’était mon patron. J’ai quitté par la suite pour aller construire le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François. J’y suis resté pendant 6, 7 ans. Puis je suis allé relever le Mont Grand-Fonds d’une faillite, sa 2e faillite, encore 6 ans. Enfin, je suis devenu le directeur du développement économique de la MRC de Charlevoix. Les cinq dernières années, j’étais directeur de la SADC de Charlevoix. »

La passation de gestion du Mont-Édouard est en train de mettre en place ses derniers pions. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les dépenses relatives à la montagne sont à la charge de son nouveau gestionnaire, la Compagnie des Montagnes de Ski du Québec (CMSQ). L’entretien, les salaires, les équipements, tout est dorénavant assumé par la compagnie.

Le bail emphytéotique de 99 ans, renouvelable tous les 33 ans, qui officialise la passation est un document demandant beaucoup d’attention et de temps. L’entente finale n’a d’ailleurs toujours pas été signée : « Actuellement, on a une entente de principe. À chaque fois que l’on arrive au bout, il y a une petite affaire qui surgit. L’emphytéose, c’est l’ensemble de la propriété, la montagne, les remontées mécaniques, le système à neige, tout ce qui touche à la terre en fait. Les bâtiments comme les yourtes demeurent propriété de la municipalité. On s’est aperçu que le lac qui sert à l’enneigement artificiel n’était pas dans l’emphytéose. Oups ! On a un problème ! Ce genre de détail à régler peut prendre d’un à deux mois, le temps que les juristes l’officialisent », précise André Simard, qui veut avant tout protéger les citoyens de L’Anse-Saint-Jean, les instances municipales et les 90 employés de la montagne.

« Pour continuer sur l’exemple du lac, on règle ce problème. Quelques temps plus tard, je vais à une rencontre de la Régie incendie et le chef pompier m’apprend que leurs exercices se font à partir du lac artificiel ! Bon un autre problème, le lac il ne nous appartient plus ! »

Une 2e entente qui va être signée prochainement, c’est la vente d’actifs. Tout ce qui appartenait à la Société de développement, les dameuses, motoneiges, 4 roues, machines à souder, etc. va ainsi être racheté par la CMSQ.

Enfin, une 3e entente est en train de se mettre en place concernant la restauration de la tour au sommet et l’acquisition de cinq petites habitations en demi-lune (pod), dont trois vont être installées au lac Moreau sur la Zec de L’Anse, et deux au pied de la montagne. Pour ces acquisitions, des subventions de Développement économique Canada et du ministère des Affaires municipales ont été obtenues. Si on les inclut dans l’emphytéose, il faudra rembourser la somme de 400 000 $ … d’où la 3e entente qui garde la Société de développement propriétaire de ces petites maisons. Un protocole d’utilisation va être notarié avec la CMSQ qui va les gérer.

La construction du chalet devra se faire au plus tard 24 mois après la démolition de la dalle, dalle qui sera démolie au printemps 2027. La CMSQ a donc jusqu’au printemps 2029 pour construire le chalet. L’hôtel viendra une année plus tard. « Cela peut encore changer concernant les plans définitifs d’aménagement que l’on n’a pas reçus encore. Au départ, il avait été question de bâtir un hôtel au-dessus du chalet … tout cela reste encore à définir, m’apprend André Simard confiant. Enfin, suivra le changement de la remontée mécanique A qui se fera possiblement dans 4 à 5 années. »

Un secteur du haute-route vu du lac Moreau dans la ZEC de L’Anse-Saint-Jean.

Pour la saison 2026-27, des investissements sont déjà prévus, comme l’achat d’une nouvelle dameuse et de nouveaux canons pour le système d’enneigement. Enfin, la CMSQ compte également investir dans des pods qu’elle installera au bas de la montagne, du côté de l’actuelle patinoire. Les cool box vont être englobées dans le projet du Croissant qui s’en vient également. Avec tous ces projets de développement, une usine de traitement des eaux devient nécessaire, « pour l’instant elle est construite mais pas raccordée. Actuellement, on travaille sur notre règlement d’emprunt pour être en mesure d’instaurer un réseau de distribution d’eau potable. On a foré un 2e puits et un réservoir supplémentaire devra être installé pour avoir une capacité de frappe au niveau de l’incendie. En ce moment, je vous dirais qu’il y a probablement des projets pour 300 portes supplémentaires autour de la montagne, qui viennent s’ajouter aux 300 portes déjà existantes. L’idée, c’est également de protéger la nappe phréatique qui est en danger avec les anciennes installations. Un budget de 5 millions est estimé pour bâtir les infrastructures nécessaires au développement immobilier. »

Pour conclure, André Simard souligne que « le tourisme reste notre principale économie. Tous ces développements vont sans doute augmenter la valeur foncière de la municipalité de 100 millions de dollars. » Pas d’inquiétude pour l’hébergement, il n’y en a jamais trop, nous assure André Simard, plus qu’enthousiaste pour l’avenir de sa municipalité.