Une réussite collective
Pour pouvoir accueillir ses premiers skieurs le 8 décembre 1990, toute la région se mobilise autour du projet du Mont-Édouard durant près de deux années. Le Bas-Saguenay traverse une crise économique sans précédent, due essentiellement au déclin de la foresterie, des levées de fonds permettent alors de récolter 1,5 million de dollars. Si la population remplit largement sa part du contrat, les promesses des deux paliers de gouvernement devant compléter le financement du nouveau centre de ski tardent à se concrétiser.
Toute la population passe en mode mobilisation !
Le curé Clément Harvey entame une grève de la faim, des bûcherons, accompagnés des maires des cinq villages impliqués, commencent à bûcher illégalement la montagne, la route 170 est barrée par d’immenses feux, la pharmacie devient le QG des manifestants. Le ministre Blackburn débarque en hélicoptère sur le stationnement du Colibri pour débloquer la crise.
La force de mobilisation citoyenne entourant la création du Mont-Édouard n’a depuis jamais été égalée au Bas-Saguenay. Par contre, elle a inspiré bien d’autres projets, développé un sentiment d’appartenance au territoire, démontré à ses citoyens qu’ensemble rien n’est impossible. Une bière brassée ici portait même le nom Illégal, pas en référence à Marjo, mais bien en souvenir de toute cette mobilisation qui a permis de créer le principal moteur économique de la région !
Le hasard a voulu que ce dossier sur la mobilisation citoyenne sorte alors même que s’opère le changement de gestion au Mont-Édouard. La municipalité de L’Anse-Saint-Jean, propriétaire depuis 2006, passe le flambeau à une entreprise franco-suisse. Depuis le 1er septembre, la Compagnie des Montagnes de Ski du Québec assume tous les frais reliés à la station.
Des traces indélébiles dans notre ADN
Grâce à la motivation de citoyennes et citoyens déterminé.e.s, la communauté s’engage pour la réussite éducative des jeunes, revampe le cœur de son village, empêche la fermeture de la Résidence pour aînés, ouvre une école de musique, met en place des projets de démocratie participative… empêche même les motards de La Baie de prendre le contrôle du territoire !
Le Trait d’union est en quelque sorte un des innombrables projets prenant racine dans ce terreau fertile. En comité de rédaction, on dit souvent que nos numéros sont écrits pour les gens, mais surtout par les gens d’ici. On lance un thème dans l’univers et on observe la magie opérer. Les plus inspirés nous envoient leurs textes et c’est ainsi qu’une soixantaine de pages se mettent en place. En mobilisant de plus en plus de talents, la revue s’habille des couleurs du Bas-Saguenay !
Avec ce dossier, nous voulions surtout et avant tout rendre hommage à cette force collective qui habite chacun de nous.
Bonne lecture !









