Difficile mais sûrement mieux

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Détente dans la Baie Éternité - Crédit photo : Milena Meduri

Ce que j’aime le moins du concept de «Vacances à la maison» c’est le fait que le terme anglais staycation est pas mal plus attrayant. C’est l’exotisme peut-être, ou le fait qu’ils ont proprement mis ça en un seul mot.

Ça fait partie de la racine de la chose, l’appel de l’exotisme. C’est certainement plus facile de sortir de la routine loin de la maison. Natif des Cantons-de-l’Est, j’ai passé mes vacances d’enfance dans le Maine. C’est sur le bord de la beach entre 1 300 autres familles québécoises en exil que mes parents arrivaient à se sortir de la tête le travail, le ménage, la vaisselle, la tondeuse, les marches d’escaliers à refaire.

Maintenant propriétaire d’une maison, je les comprends mieux. Je sors dehors et la première chose que je vois c’est l’ouvrage : le gazon est à 50 % composé de peupliers, le crépi est encore à faire et le revêtement a besoin d’une couche d’amour. J’ai pas envie de relaxer ; j’ai envie de devenir locataire.

Mais ce serait d’oublier pourquoi j’ai déménagé au Bas-Saguenay et pourquoi des gens de partout dans le monde nous visitent chaque année. Parce que la nature y est belle et indomptée. Parce que le monde est encore fin et ouvert à parler de la météo. Parce qu’on a des sentiers à plus finir, des artisans passionnés, des commerces qui cultivent la qualité, des lacs poissonneux, un fjord grandiose, des vallées romantiques, des rivières grouillantes, des plages vraiment longues à marée basse, des champignons et des petits fruits en abondance, de la faune sur quatre pattes et à deux ailes puis au minimum deux couleurs de baleines.

Et là se trouve le vrai défi du staycation : on peut tous faire la liste des affaires qu’on enverrait un touriste voir, mais la moitié du temps ce sont des choses qu’on ne fera pas nous-mêmes. Pas cette année, peut-être l’autre. C’est proche, c’est accessible, c’est facile ; bref, c’est pour plus tard.

Il est mentionné dans au moins un article de vulgarisation scientifique que je n’ai pas lu au complet qu’il faut de trois à quatre jours pour que le cerveau décroche des automatismes du quotidien. À partir de 8 jours les indicateurs de bonheur, de repos et de santé sont à leur plus haut. Je vous invite donc, cet été, à déposer pelle, pinceau, et autres outils pratiques pour approcher le Bas-Saguenay comme votre terrain de jeu, de détente, de contact. Prenez une marche, allez voir le fjord, lancez une ligne, dormez dans une tente, saucez-vous dans l’eau frette, essayez une nouvelle saveur de sundae, mettez un extra sur la poutine, buvez une pinte, buvez-en deux, tippez le serveur, prenez votre fun au sérieux.