L’accueil, un geste du quotidien.

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Le refuge des Géants au Mont-Édouard. Crédit photo : Yannick Limary

Vers 5h ce matin, mon garçon de quatre ans est entré dans ma chambre en courant. Il a tout fait pour me tirer du lit. Vers 5h du matin, il était beaucoup trop tôt. Je n’étais pas prête et à sa manière, cet être humain miniature me brusquait. À ce moment, j’ai pris une grande inspiration. Puis, les yeux encore collés, je l’ai accueilli avec tout mon amour pour une nouvelle journée. C’est là que j’ai eu un déclic. Tout d’un coup, j’ai trouvé les bons mots pour traduire ma vision de l’accueil.

Pour moi, l’accueil est une manière d’être qui se traduit par de simples gestes au quotidien. Des gestes qui font appel à l’ouverture, à la bienveillance et à la générosité.

Sans aucun doute, l’ouverture demande de la patience et de la curiosité. Toutefois, j’ai le sentiment que la recette secrète réside dans une forme d’ouverture sans calcul et sans filtre que j’ai envie d’appeler la chaleur humaine. Je suis intimement convaincue que c’est cette bienveillance qui fait toute la différence lorsqu’on accueille un nouveau-né, une nouvelle belle-sœur, un nouveau voisin ou une nouvelle collègue.

Je crois qu’une communauté accueillante est une communauté bienveillante où l’hospitalité sans prétention se pratique aussi bien au restaurant du coin, dans un chemin de quatre roues que sur le bord du lac. J’aime penser que pour un nouvel arrivant, une communauté accueillante, ce sont des cœurs qui s’agencent et qui s’ouvrent les uns après les autres. Un sourire à l’épicerie, une marque de courtoisie à l’intersection d’une rue, un bonjour sur le sentier pédestre et une invitation au prochain spectacle. De simples gestes qui enclenchent un dialogue et plantent les graines du désir d’appartenance chez le nouvel arrivant.

Lorsque le dialogue se poursuit, accueillir devient inclure et c’est là que la générosité de la communauté prend toute son importance. Quand cette dernière choisit de partager qui elle est, tout en s’intéressant à ceux qui arrivent. Choisir de grandir au contact de l’autre, c’est ouvrir sa porte et partager avec humilité et fierté sa mémoire et son histoire.

Vers 5h ce matin, mon petit garçon m’a rappelé qu’accueillir, c’est rester moi-même, sourire, tendre une main, ouvrir les bras, amorcer un dialogue et écrire chaque jour un nouveau passage de notre histoire commune.