Je suis arrivée à Montréal un 1er septembre 1989. Cela fait maintenant 36 hivers. J’ai toujours compté mes années québécoises en hiver, l’un ne ressemblant jamais à l’autre. À l’époque je découvrais avec stupeur des variations de température de 20 degrés en même pas 24 heures, des journées où les quatre saisons s’enchaînaient sans complexes, et du coup une espèce de résilience naturelle qui me susurrait à l’oreille : Ça sert à quoi don’ de s’plaindre ! Venant de la France, avouez que c’est le genre de choc culturel qui fait du bien !
Depuis que j’ai décidé de venir vivre à L’Anse-Saint-Jean en 2002, la stupeur s’est transformée en fascination et émerveillement. L’hiver devient alors un incroyable terrain de jeu immaculé. L’été sur le fjord aux falaises de cathédrales, je respire le bonheur de me sentir si petite au milieu de tant de beauté.
Bien sûr, je ne suis pas la seule à aimer notre belle région. En 20 ans, le tourisme est devenu le principal moteur économique du Bas-Saguenay, la nature et ses soubresauts son plus grand influenceur. La météo peut être tout autant une richesse avec des bordées de neige qui font le bonheur des skieurs qu’une source d’inquiétude pas toujours facile à gérer du côté des entreprises touristiques. Les glaces qui ne se forment qu’à la fin janvier, le secteur haute-route pas assez enneigé pour assurer la sécurité des skieurs, les pluies violentes qui déclenchent des glissements de terrain, toutes ces imprévisibles conditions demandent beaucoup de créativité et d’adaptation.
Il est certain que les humeurs de la météo ont toujours influencé notre quotidien au Québec, mais ce que l’on note ces dernières années, c’est une récurrence et une intensité accrue des événements climatiques. Les pluies torrentielles, les feux de forêt, les avis de tornade, ces mots apparaissent de plus en plus souvent dans nos bulletins de nouvelles.
Avec ce dossier, le Trait d’union est allé à la rencontre des instances municipales, des organismes, des chercheurs, des entreprises touristiques, des pompiers, bref de tous ceux et celles qui sont directement impactés par ces nouveaux enjeux. En les écoutant, on s’aperçoit que la résilience, la capacité d’adaptation, l’innovation, le partage et la solidarité sont au cœur des solutions envisagées. On en déduit aussi assez rapidement qu’au XXIe siècle, l’inaction n’est plus une solution.
Loin de se résigner, les acteurs du milieu font encore une fois preuve d’une créativité à toute épreuve. Des plans B, C et D dans la poche, ils se préparent comme il se doit aux saisons qui se suivent et ne se ressemblent pas.
Bonne lecture !













