Un retour réussi pour la fabrique d’idées du festival Virage

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La poussière est retombée et tous s’entendent pour dire que la 5e édition du festival Virage fut une réussite sur toute la ligne. En 6 mois, l’équipe organisatrice a réussi à mettre sur pied une programmation de conférences et de festivités qui a accueilli près de 500 personnes à Petit-Saguenay lors de la fin de semaine du 18 au 20 août dernier. Retour sur cette première édition saguenoise.

Trois jours de conférences, d’ateliers, de spectacles à petit et à plus grand déploiement, en plus de la logistique d’accueil de centaines de festivaliers : tel était le défi que s’était donné le comité organisateur composé de membres de Petit-Saguenay et Sainte-Rose-du-Nord, où le festival a été fondé. Cette première édition sur la rive sud du fjord accueillait des personnalités des 4 coins du Québec pour offrir l’occasion de partager des savoirs et des expériences liés aux enjeux écologiques et sociaux. Par exemple, lors de la deuxième conférence de la journée une délégation en provenance de Mastheuiatsh a pu parler de décolonisation et d’archéologie participative qui inclut les savoirs et l’implication des  populations autochtones dans les travaux archéologiques. Des représentant.e.s du collectif Mobilisation 6600 se sont déplacés de Montréal, où ils mènent une lutte pour protéger un oasis végétal en bordure des activités industrielles à Hochelaga. Ils en ont même profité pour faire le pré-lancement exclusif de leur BD Résister et Fleurir, qui met en image cette mobilisation sur la protection du territoire.

Des va-et-vient du terrain de balle jusqu’au quai, en passant par l’église !

Malgré une programmation assez chargée, avec plus de 4 activités en simultané par moments, la quasi-totalité des salles était systématiquement remplie, au grand bonheur des conférenciers. Le chapiteau coloré du Verger Vague derrière l’église accueillait une cinquantaine d’invités, en plus de ceux qui choisissaient de s’installer dans l’herbe. Le sous-sol de l’église a été le lieu de riches échanges sur l’économie, alors que la cour d’école a reçu de son côté un jeu grandeur nature sur l’autonomie alimentaire ou encore la prestation colorée de Jaune Soleil, un quatuor de la région. Les ateliers de l’Autodidacte, centrés sur la transition intérieure et le développement personnel, ont aussi été très populaires. Les participant.e.s ont profité du décor éclectique et apaisant pour se ressourcer ou partager émotions et expériences vécues.

La logistique et la mobilité ont constitué un grand défi pour l’évènement, surtout en considérant les travaux du cœur du village. L’organisation a misé sur le transport actif en offrant un système de navette en continu. La municipalité a également mis à disposition des festivaliers sa toute nouvelle flotte de vélos électriques, au grand bonheur de ces derniers. La diversité et l’inclusivité étaient également des valeurs phares du festival. La tarification solidaire mise en place répondait à cet impératif. Et les enfants n’étaient pas en reste, bien au contraire! L’AGIR et ses bénévoles ont travaillé fort pour mettre sur pied un espace jeunesse stimulant avec la biblio-mobile, des combats d’épées de mousse de type grandeur nature, des cercles de parole ou causerie sur la natalité à l’attention des nouveaux parents.

Crédit photo : Émile David

Une programmation culturelle colorée

En soirée, la tête remplie, les festivaliers se donnaient rendez-vous à la salle principale du terrain de balle pour se dégourdir les jambes. La première soirée, les Ska Sound System ont fait danser l’audience jusqu’au bout, malgré la pluie. Le lendemain, c’est l’envoûtante Katia Rock qui a captivé les spectateurs avec sa prestance et son énergie, avant de terminer son spectacle avec une balade en ilnu aimun, seule avec ton tambour sur la scène. Ensuite, l’autobus scolaire a fait des aller-retour pour transporter la foule à l’« after », où le plancher de danse s’est rempli jusqu’aux petites heures. Le dimanche, les festivaliers étaient tout de même au rendez-vous à 9h00 pour la dernière grande conférence sur la ruralité. Les festivités se sont terminées dans l’après-midi avec le spectacle Hommage à Brassens qui était ouvert à toute la population. Plusieurs saguenois en ont profité pour venir partager un bon moment au soleil, et certains ont même échangé quelques pas de danse.

Crédit photo : Catherine Parent.

Ce festival n’aurait pu se dérouler sans la généreuse contribution de plus de 80 bénévoles en provenance de l’ensemble de la province, dont plusieurs de Petit-Saguenay et des environs. Au terme des activités, festivaliers et résidents locaux n’avaient que de bons mots pour l’organisation. « Est-ce que Virage revient l’année prochaine? » était la question sur toutes les lèvres. Fort de cette expérience, le comité organisateur va prendre un repos bien mérité avant de s’y pencher !