Le Trait d’union est allé rencontrer ces personnes qui sont la porte d’entrée de notre région, celles qui accueillent et informent les nombreux nouveaux visiteurs de la saison estivale.
Native de Rivière-Éternité, Manon Houde entame cet été sa 44e année à l’accueil touristique. « J’ai commencé avant les débuts du parc, en 1982. On était alors dans une roulotte le long de la route, un peu plus bas que le poste d’accueil actuel. On allait parler aux gens à leur voiture, on leur chargeait un ou deux dollars par véhicule. La route, c’était la même mais elle n’était pas encore asphaltée », se souvient celle qui a bien des histoires à partager depuis le temps qu’elle côtoie le milieu du tourisme : « Au tout début, il y avait déjà beaucoup de visiteurs, mais dans ce temps-là, seul le sentier de la Statue était aménagé, alors c’était surtout des pèlerins, des québécois. »

J’apprends ainsi que jusqu’en 1996, c’est la Société de développement touristique de Rivière-Éternité qui gère le parc et ses employés. Parrainée par Jean-Marie Couët, la Société est créée en 1972. Il s’agissait alors de compenser le manque d’ouvrage lié à la crise forestière. La Société reçoit des subventions gouvernementales afin de finir de défricher le chemin qui s’en va à la Baie Éternité. C’est durant la même année que 80 à 100 hommes travaillent à façonner le magnifique sentier qui mène à la Statue.
« Au village, il y avait madame Eugénie Bouchard et son mari Hercule Bergeron qui possédaient un bateau à moteur. Ils pouvaient emmener jusqu’à 80 personnes observer la statue depuis le fjord, continue Manon qui, au fil des années, a parcouru tous les sentiers du Parc national. C’est comme cela que je peux en parler le mieux aux gens qui viennent nous voir ! »
À cette époque, pas de système informatique, les réservations se faisaient à la main sur le calendrier … fallait pas dépasser ! « C’est sûr que cela a beaucoup changé, l’offre s’est diversifiée, l’informatique est entrée dans nos bureaux ! », poursuit celle qui appelle son ordinateur le système !
Manon précise : « On présente le parc, mais aussi la région, on veut que les gens profitent au maximum de toutes les belles offres ici. Quand les gens réservent 4 ou 5 nuits au camping, c’est sûr qu’on présente nos produits mais on parle aussi de tout ce qu’il y a autour. Dès 1982, on disait aux visiteurs d’aller faire un tour à la marina de L’Anse-Saint-Jean. »
De nouveaux produits comme la Via Ferrata, installée en 2014, attire beaucoup de monde, un tout autre genre de clientèle qui en profite pour rester deux ou trois jours dans la région, découvrir d’autres attractions.
« Tu ne peux pas être de mauvaise humeur dans un si beau cadre, conclut celle qui n’a pas rencontré trop de clients grognons. Ce que je dis aux autres, quand ça arrive, surtout ne pas le prendre pour soi ! »
L’accueil touristique à Petit-Saguenay

Marjo Pelletier entame sa 21e année à l’accueil touristique de Petit-Saguenay. « On m’a proposé ce poste à la coordination de l’information touristique, et cela m’a tout de suite enchantée. J’aime découvrir, j’aime parler et rencontrer du monde de partout. C’est une autre façon de voyager ! En plus, je suis une randonneuse et les européens qui viennent ici, c’est pas mal pour la randonnée, alors j’ai de quoi les guider sur le territoire ! »
Petit-Saguenay c’est la porte d’entrée du Bas-Saguenay pour tous ceux qui arrivent du Charlevoix. « Quand les visiteurs ouvrent la porte de mon bureau, je suis toute heureuse de leur présenter notre belle région ! J’aime aussi qu’ils soient heureux quand ils repartent ! Je leur donne toujours un maximum d’informations sur notre région. J’en connais aussi qui devaient aller au Lac mais qui finalement sont restés ici 3 jours de plus ! », s’exclame joyeusement Marjo.
Dans son travail saisonnier, elle reçoit beaucoup de courriels, beaucoup d’appels aussi, beaucoup d’européens qui se demandent ce qu’il y a à faire dans le coin. Marjo leur propose un trajet avec des incontournables, elle organise même parfois leurs réservations.
« Je sais que l’on trouve tout ça sur internet mais les visiteurs, ils veulent parler à quelqu’un. Comme je les comprends! », poursuit Marjo en me présentant ses fameux incontournables : le quai à Petit-Saguenay, le club des Messieurs et sa location de canots pour les eaux mortes, la plage Saint-Étienne, la marina de L’Anse, la montagne blanche, la statue, le fjord, avec le kayak et le zodiac, les bons restaurants du coin.
« Cette année, je serai accompagnée par une étudiante. En début de saison, on suit des formations : comment accueillir les gens, les personnes à mobilité réduite, savoir gérer les clients plus difficiles … même s’il y en a peu ! », m’explique Marjo.
L’année passée, ce sont 4600 personnes qui sont venues à l’information touristique de Petit-Saguenay : « On a beaucoup plus d’offres, autant pour les familles que pour les randonneurs, cyclotouristes, amoureux des eaux du fjord et des baleines ! Ce que l’on essaye bien sûr en proposant nos nombreuses activités, c’est que le séjour se prolonge chez nous ! »
Avant de se quitter, Marjo me rappelle qu’à Petit-Saguenay il y a une flotte de 9 vélos électriques que l’on peut louer à ses bureaux. Une fois semaine, c’est gratuit durant deux heures pour les résidents de Petit-Saguenay.
Rencontre avec Ocy-Ann Petiquay-Paul

Une bonne nouvelle pour la municipalité, Ocy-Ann Petiquay-Paul revient pour sa 5e saison accueillir les visiteurs de notre belle région. Cette jeune étudiante à l’UQAC en sciences politiques me le confirme, ils sont nombreux ceux qui croient que L’Anse, c’est uniquement ce qu’ils traversent sur la route 170. « Beaucoup me demandent où se trouve L’Anse-Saint-Jean alors qu’ils sont déjà au village. Ils n’ont pas idée du joyau qui les attend au fjord, du dépaysement qu’ils vont vivre dans l’arrière-pays, à la ZEC de l’Anse ou du côté du Mont-Édouard. »
Ocy-Ann m’apprend qu’en 2021, à ses débuts, la municipalité organisait un tour de toutes les entreprises touristiques du village. Celle qui aime rencontrer les gens, parler avec eux et sortir ainsi de sa zone de confort, me confirme ce que m’avaient déjà mentionné nos autres ambassadrices de la région : « Beaucoup de touristes viennent me poser des questions sur les randonnées à faire ici. Et il y en a ! Sinon, je dirai tout ce qui est restaurants. Et puis, bien sûr, le fjord qui reste la principale destination ! »
À L’Anse-Saint-Jean, c’est la ZEC de la rivière Saint-Jean qui gère le petit bureau d’information touristique sur le bord de la route 170. Grâce à des subventions salariales, la ZEC embauche ainsi deux jeunes étudiantes pour l’été. « Un touriste c’est quelqu’un qui vient voir ce que toi tu ne vois plus ! Le manque de moyen, de main d’œuvre, de logement, on fait face à plusieurs défis qui ne nous facilitent pas la tâche », confie Michel Ouellet, de la ZEC Saumon, dès le début de l’entrevue.
D’après lui, « L’Anse-Saint-Jean est la plus belle base de plein air à l’Est des Rocheuses … non organisée. Il suffit de s’organiser, et de le faire ensemble. N’oublions pas que le tourisme est devenu notre principale économie. Sur ma galerie, si je vois passer un voyageur, je lui parle spontanément du coucher de soleil à la Tabatière, de la chute de la montagne blanche, et tant mieux s’il reste une journée de plus ! »













