Desneiges Otis et Michel Simard – Campeurs dans l’âme !

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Desneiges Otis et Michel Simard ont toujours fait du camping durant leurs vacances.

Il y a deux campings à Ferland-et-Boilleau, le camping du Camp d’accueil et celui du petit Lac Ha!Ha! Le premier est plus rustique, sauvage, sans électricité, une immersion en pleine nature, loin des cellulaires. C’est le camping où se déroule chaque année en septembre un rassemblement festif de kayakistes.

Le camping du petit Lac Ha!Ha! propose lui plus d’équipements, mais sait préserver son aspect naturel, longé par le mont Toby et la montagne Dufour. C’est là que je rencontre Desneiges Otis et son mari Michel Simard, deux charmants campeurs à la retraite ! « Dans l’ancien temps, bien avant ce camping, la route 381 n’existait pas. Pour traverser le lac, il y avait un cageux, une sorte de ponton, qui faisait passer les chevaux. Sur l’actuel terrain du camping se trouvait alors une étable et les chevaux s’y reposaient la nuit. Celui qui s’occupait de faire traverser les gens, le gardien de la route comme on le nommait, c’était Toby Gagnon, le mari de Ludivine Guy(1). Si cette dernière avait plusieurs prénoms, elle n’avait qu’un surnom, la vieille – celle-là même qui revenait toujours de sa pêche avec un panier plein de belles truites », me raconte tout de go Michel Simard.

En écoutant le joyeux personnage, je réalise très vite que Ferland-et-Boilleau, c’est un territoire où les histoires et les légendes se confondent, comme pour ce fameux Trou de la vieille, situé dans le petit Lac Ha!Ha!, juste à côté du camping. C’est garanti, celui ou celle qui trouve l’endroit revient avec une belle pêche dans sa chaloupe !

Toute l’histoire familiale de Michel Simard tourne autour du petit Lac Ha!Ha! La grand-mère et son fils travaillaient sur le terrain qui longe le lac. Ils s’occupaient des chaloupes, des chalets en location, apprêtaient les poissons, géraient l’immense glacière. À l’époque, c’était privé et appartenait à un certain monsieur Cloutier. Il y avait beaucoup d’américains qui venaient pêcher. Plus tard, le père de Michel a obtenu un permis de coupe sur la montagne Dufour, de l’autre bord du lac. À la place des roulottes, il y avait une cour à bois.

Situé entre la région du Charlevoix et Ville Saguenay, le camping du petit Lac Ha!Ha! et la région alentour regorge de lacs. « Il y en a tellement de lacs ! On peut pas les compter », me confirme le natif de Ferland-et-Boilleau. J’apprends que les premiers à installer un terrain de camping ici, c’est la Consol (nom familier donné à l’usine d’Abitibi-Consolidated à La Baie). Elle possédait les lots privés qui longent le lac, c’est ainsi que l’idée d’un camping pour les retraités de l’entreprise est née. Mais bien peu d’anciens employés en profitaient, et c’est ainsi que la municipalité de Ferland-et-Boilleau en est devenue propriétaire.

De son côté, Desneiges me partage leur historique de camping en famille: « Nous autres, on a toute connu! On a connu la tente, la tente roulotte, la roulotte, le chalet, pis maintenant le motorisé. On a toujours fait du camping, nos enfants y ont été élevés. Mon mari travaillait dans le bois, et les vacances, on les passait dans le bois ! » Au début, c’est au Camping du Camp d’accueil au bord du Lac Ha!Ha! que la famille se posait pour l’été. Michel se rappelle très bien qu’il organisait lui-même leur terrain à la scie mécanique, il coupait les pieds de savane … « Tu sais ce que c’est des pieds de savane ? … euh … c’est comme des pieds de bleuets mais plus haut, on les coupait et on installait notre tente là ! »

Au camping du petit Lac Ha!Ha!, on peut louer chaloupes, planches à pagaie, canots, kayaks et même des chalets. Le permis de pêche, c’est au dépanneur que l’on peut se le procurer.

C’est l’endroit par excellence pour les amoureux de la nature et de la pêche à la truite.

(1)  Extrait du Trait d’union – juin 2021  » Elle nous parle d’une femme d’origine autochtone, son nom change selon les documents consultés, on la nommait Devie, Ludivine ou Delvie, Derie parfois aussi, et pour son nom de famille, ce serait Guy ou Guay, dépendant. Ce qui est certain, c’est que c’était la femme à Toby Gagnon, il l’avait rencontrée dans une tribu et l’avait ramenée chez lui pour la marier. «