Conciliation travail-famille, ça vous dit quelque chose?

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Chacun la vit à sa façon, l’insère tant qu’il peut dans sa routine quotidienne et finit par en subir les effets, qu’ils soient positifs ou négatifs. La conciliation travail-famille est devenue une réalité de plus en plus en demande chez les employés soucieux de leur qualité de vie.

Depuis quelques années, on entend parler du manque de main d’œuvre qui affecte tout type d’entreprise. Les entrepreneurs se doivent de concocter des emplois attirants au niveau des conditions de travail afin de s’assurer une cohorte d’employés fiables, disponibles et qui resteront en poste plusieurs années. Ils se doivent également de se mettre à jour au niveau des critères de choix d’un emploi. En 2018, le salaire n’est plus la pépite d’or que recherchent les employés. Voici les cinq critères évalués par les milléniaux afin que le travail choisi s’intègre à la réalité de la vie familiale tout en y trouvant un aspect d’épanouissement personnel :

  1. Réputation de l’entreprise
  2. Équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle
  3. Culture d’entreprise innovante
  4. Perspective d’évolution
  5. Salaire et avantages sociaux

Conditions également gagnantes pour l’entrepreneur puisqu’une fois ces dernières établies, les employés seront généralement plus performants et efficaces au travail. Leur taux de stress étant nettement plus bas, ceux-ci sont en mesure d’être entièrement présents à leur tâche.

Selon le ministère de la Famille, on définit la conciliation travail-famille comme étant la recherche de l’équilibre entre les responsabilités et les exigences liées à la vie professionnelle ou scolaire, et parfois les deux, et la vie familiale. Un équilibre qui est toutefois loin d’être atteint par le ou les deux parents salariés à temps plein et ayant une famille avec de jeunes enfants. En effet, selon l’étude « Les défis de la conciliation travail-famille chez les parents salariés, 2015 » de l’Institut de la statistique du Québec, 56% ont un horaire de travail flexible, 54% ont droit à des congés payés pour des raisons familiales, 20% peuvent faire du télétravail à la maison et 27% ont accès à une réduction de tâches.

Les parents n’ayant pas ou peu accès à des conditions de travail s’ajustant à la réalité familiale vivent avec un taux élevé de stress. Stress qui a des répercussions sur le travail mais également sur leur rôle de parent. Sentiment d’insatisfaction face à son rôle parental, plus enclin à élever la voix (en moyenne une fois par jour) sur son enfant et diminution du temps consacré, par jour, à jouer avec sa progéniture ne sont que quelques exemples des effets du conflit travail et famille. Il n’est donc pas étonnant d’apprendre que 50% des parents ont l’impression que leur journée est une course contre la montre, 37% se sentent épuisés quand arrive l’heure du souper, 56% ont l’impression de manquer de temps pour eux et 30% considèrent que le temps passé avec leurs enfants est insuffisant.

En constatant les effets qu’apporte la non-conciliation travail-famille sur les familles, les employés et les employeurs, il ne fait nul doute que des mesures doivent être prises au sein des entreprises. D’autant plus que la satisfaction et l’engagement des employés seraient plutôt associés à l’accessibilité de ces mesures qu’à l’utilisation de celles-ci.

Voici quelques mesures pouvant être prises :

  • Horaire de travail flexible, variable et adapté;
  • Banque de temps amovible pouvant être pris au besoin ;
  • Congés payés ou non payés pour des besoins familiaux en plus de ceux ayant droit au niveau des normes du travail*;
  • Travail à domicile ;
  • Retour progressif après un congé parental ;
  • Semaine de 4 jours ;
  • Etc.

*Selon les normes du travail, une personne salariée a le droit de s’absenter du travail 10 jours par année pour remplir des obligations liées à la garde, à la santé ou à l’éducation de son enfant ou de l’enfant de son conjoint ou sa conjointe. Après trois mois de service continu, la personne salariée a droit à un total de 2 jours d’absences rémunérées par année pour obligations familiales ou parentales.

Plusieurs ressources existent pour encadrer et accompagner les entreprises dans ce désir de changement au niveau des conditions de leurs employés. Le ministère de la Famille a instauré la norme BNQ 9700-820. Assortie à un programme de certification, cette norme permet aux entreprises d’instaurer et d’appliquer des pratiques de conciliation travail-famille. Pour en connaitre davantage sur le processus à faire pour détenir cette certification, consultez la page : www.mfa.gouv.qc.ca/fr/Famille/CFTE/norme/Pages/index.aspx

Le Ministère offre également un programme de soutien financier aux entreprises désirant favoriser des mesures de conciliation travail-famille. Comprenant trois volets (soutien aux initiatives d’employeur, soutien aux initiatives d’information et de formation et soutien aux initiatives particulières), le programme permet aux entreprises d’aller chercher une subvention pouvant atteindre jusqu’à un maximum de 40 000 $ avec une mise de fonds de 10%. Les détails ici-même : www.mfa.gouv.qc.ca/fr/Famille/CFTE/soutien-financier/PSF-milieux-travail/Pages/index.aspx

Le Réseau pour un Québec Famille suggère, quant à lui, un sceau de reconnaissance que l’entreprise peut afficher durant une période de 12 mois. Moyennant un coût d’adhésion, ce sceau permet à l’entreprise de se distinguer et d’afficher ses couleurs au niveau des conditions de travail offertes à ses employés. Pour de l’information : www.cft.quebec/fr/sceau-cft

Des solutions, il y en a. Il faut simplement de l’ajustement, de l’écoute et une prise de conscience des réalités d’aujourd’hui, un petit pas à la fois.