À l’aube de notre trente-cinquième anniversaire, la thématique proposée par le Trait d’union a encouragé le comité ZIP à se tourner vers son histoire. Notre jeune équipe porte l’héritage d’un engagement local pour la préservation des milieux naturels marins et côtiers, résultat d’un éventail d’actions concertées réalisées par les gens dévoués ayant formé le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix depuis sa fondation, en 1992.

Qui de notre équipe n’a jamais entendu parler du mythique Ghislain Sylvain, cet écologiste acharné qui a tenu les rênes de notre organisme pendant 23 ans ? Si mythique qu’un site commémoratif porte son nom à La Baie. Encore aujourd’hui, et certainement demain, le travail au quotidien de l’équipe du Comité ZIP Saguenay-Charlevoix demeure motivé par la mise en œuvre de ses convictions.
Pour en apprendre davantage sur notre histoire et celle de l’un de nos défunts et plus marquants directeurs généraux, dit « l’Homme qui plantait des arbres », j’ai contacté Guylaine Simard, directrice générale du Musée du Fjord. Elle m’a raconté que son ami a été impliqué au Comité ZIP Saguenay-Charlevoix à partir de 1994 et qu’il a dirigé l’organisme avec un dévouement et une détermination hors du commun jusqu’à sa mort, en 2017. Selon elle, l’histoire du Comité est intimement liée à son histoire personnelle, c’est-à-dire l’histoire d’« un des plus ardents défenseurs de la protection du Saguenay, qui a consacré toute sa vie à la restauration écologique. »
Il faut dire qu’après le déluge de 1996, il n’y avait pas matière à chômer en matière de réhabilitation écologique. Les milieux côtiers de la rivière Saguenay avaient été lourdement affectés par cette catastrophe naturelle. Les activités de restauration des marais côtiers auxquelles Ghislain Sylvain et son équipe ont pris part ont duré jusque dans les années 2000, autant sur les rives de la Baie des Ha! Ha! qu’aux battures de L’Anse-Saint-Jean.
D’après Guylaine Simard, Ghislain était le premier dans la région à faire de la véritable concertation en environnement. Il était rassembleur et « terriblement patient ». Il réussissait à donner envie aux actrices et acteurs du milieu à s’associer à ses projets et à croire en leur importance. À travers la concertation et la consultation citoyenne, avec les maigres moyens qui étaient disponibles à l’époque, il s’assurait de faire une réelle médiation scientifique pour faire comprendre aux gens l’importance de notre milieu naturel, pour la santé, pour l’économie, pour la beauté, afin qu’ils aient le goût de contribuer à leur protection.

L’histoire raconte qu’après la mort de Ghislain Sylvain, le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix était « agonisant », pour reprendre les mots de Guylaine Simard, car le recrutement était difficile. Heureusement, l’organisme a survécu grâce, notamment, à un conseil d’administration qui a toujours bénéficié de l’implication de citoyens engagés en faveur de la protection du fjord du Saguenay. Aujourd’hui, le célèbre écologiste serait heureux de savoir que le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix compte une équipe de 10 employé.e.s dispersé.e.s sur le territoire du Saguenay et de Charlevoix, et une foule de projets en cours ou en développement.
Autrefois davantage impliqué dans le secteur de la Ville de Saguenay, notre organisme a développé ses efforts, dans la dernière décennie, au Bas-Saguenay, où il s’enracine avec l’implantation d’un troisième bureau à Petit-Saguenay et où d’importants projets de concertation et de restauration ont été accomplis :
- Le développement d’un Plan d’action concerté pour la conservation des écosystèmes du Parc littoral de Saint-Fulgence (2022),
- Des activités de restauration active et passive du marais de l’anse Saint-Étienne et de L’Anse-Saint-Jean (2023-2026);
- Un projet de restauration côtière et de stabilisation de berges à l’aide de phytotechnologies à L’Anse-Saint-Jean (2023);
- Un projet d’inventaire des espèces exotiques envahissantes aux abords de la rivière Petit-Saguenay (2024);
- La création de La route bleue du fjord (2025-2026) dans les secteurs de Sainte-Rose-du-Nord, Petit-Saguenay et Sacré-Cœur;
- Une étude pour la planification d’ouvrages de stabilisation de berges à l’anse Saint-Étienne (2026).
La directrice du Musée du Fjord me dit avec émotion que l’héritage de Ghislain Sylvain est dans les nombreux herbiers qu’il a plantés, à travers lesquels il continue de vivre. Son héritage, nous le portons aussi en nous, jeune équipe motivée qui souhaite poursuivre le travail accompli afin d’avoir un impact positif et concret sur la qualité de l’environnement de notre territoire. Notre équipe pluridisciplinaire, qui peut compter sur une diversité de compétences inscrites dans les sciences de l’environnement, la biologie, la vulgarisation scientifique, les sciences sociales et la géographie, continue d’élargir ses champs d’expertise pour pouvoir trouver et mettre en œuvre les meilleures solutions afin de faire face aux défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain, et ce, pour le bien-être des générations futures.









