Accueil Dossiers Le Grand Dialogue régional pour la transition

Le Grand Dialogue régional pour la transition

9
Expérimentation d'une prise de décision collective lors du Grand Rassemblement pour la transition, octobre 2025

Faire émerger de nouveaux systèmes, ensemble

Comment faire émerger de nouveaux systèmes alors que les crises sociales, environnementales et politiques semblent s’aggraver de mois en mois ? C’est une question que porte le Grand Dialogue, mouvement régional pour la transition socioécologique, sans prétendre en détenir la clé. Sa réponse tient plutôt à un pari aussi simple qu’audacieux : multiplier les espaces où la population peut se parler et s’exprimer sur les grands enjeux de société :  cercles de dialogue, assemblées populaires, théâtre, kiosques, et bien d’autres médiums. Autant de façons de faire de la région un véritable laboratoire d’expériences sociales et politiques, où l’on teste et on ajuste, avec humilité, de nouvelles manières d’habiter le monde.

Ce pari mobilise une diversité étonnante partout dans la région : élu·e.s, institutions, milieu communautaire, associations, coopératives, travailleuses et travailleurs, étudiant·e.s, aîné·e.s. Le grand nombre de personnes et d’organisations qui répondent présentes aux activités du Grand Dialogue en dit long : les thèmes touchent une corde sensible, et l’engagement suit naturellement.

Dans la Grande Trajectoire de la démarche (quatre étapes menant du dialogue citoyen jusqu’au déploiement de la transition), on se trouve aujourd’hui à l’étape de S’ORGANISER. Le Grand Rassemblement de 2025 en a marqué le coup d’envoi : il a fait émerger des groupes de travail, chacun activé autour d’un thème citoyen précis. La mission de l’équipe n’est pas d’y porter seule chaque enjeu, mais bien de faire surgir le leadership déjà présent sur le terrain, pour que les groupes s’autodéterminent dans leur propre gouvernance et leurs propres actions

S’organiser, c’est aussi revisiter ses propres pratiques : l’équipe approfondit sa démarche de décolonisation aux côtés d’Utapi Consultants, convaincue qu’il n’y aura pas de transition socioécologique sans décolonisation, ni d’autodétermination sans alliances respectueuses.

Signe encourageant pour la suite : le Grand Dialogue rejoint un nombre croissant d’élu·e.s municipaux, ce qui laisse présager de futures collaborations fructueuses avec les municipalités et les MRC autour de la transition socioécologique.

Reste une question de fond, que le mouvement garde ouverte plutôt que de la refermer trop vite : comment mettre en œuvre et opérationnaliser, concrètement, cette transition sociale et écologique à l’échelle d’une région entière ? Le Grand Dialogue n’a assurément pas la réponse, mais il continue d’expérimenter, une idée à la fois, convaincu que cette transition s’invente à plusieurs têtes, mains et cœurs.