Les papas et la vie de famille

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Quand on parle de la conciliation travail – famille, encore aujourd’hui, il faut bien avouer que c’est plus souvent à la mère que l’on pense. À la naissance d’un enfant, iI existe pourtant au Québec trois types de congés offerts aux familles : maternité (entre 15 et 18 semaines) et paternité (entre 3 et 5 semaines) avec des allocations qui varieront en fonction de la durée. Ces derniers peuvent être pris en même temps, mais ne peuvent être transférés de l’un à l’autre des parents. Le congé parental de 32 semaines, quant à lui, peut aussi bien s’appliquer au père ou à la mère. C’est donc là que la famille s’assoie et envisage la meilleure décision à prendre pour le bien de tous.

Certains hommes décident d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant pendant que leurs blondes retournent travailler à la fin de leur congé maternité. Une nouvelle façon de concilier le travail et la famille dans un XXIe siècle où les paradigmes de société se transforment souvent plus vite que les mentalités !

« Je suis resté avec Ulysse alors que Gabrielle retrouvait son travail à Enfants Fjord. Même si des fois, on entend des réflexions un peu old school, du genre : ben voyons, tu vas pas prendre des congés, c’est pas toi qui accouche ! Eh bien, il me semblait important de prendre le temps avec mon garçon », s’exclame Gabriel Lévesque qui a dû faire face à ce qu’il appelle un conflit de génération.

« C’est comme si tu deviens quelqu’un d’autre tout en restant toi-même, en partageant tes passions le plus efficacement possible, poursuit le jeune papa d’un garçon de maintenant 17 mois. J’aime faire du skate par exemple, et je trouve ça vraiment cool de voir qu’il est capable d’aimer ça de la manière que je lui montre, sans le stresser, en mettant du fantastique là-dedans. »

Comme cela arrive souvent pour les nouveaux parents, Gabriel a entendu beaucoup de conseils. « Ce que j’aurais à dire, c’est de vraiment y aller avec son kid et son cœur. Il n’y a pas de formule magique … c’est ton enfant, aime-le ! Avec un enfant, tu revis ta vie au complet mais d’une autre façon, tu refais de la peinture, du dessin, de la musique. En prenant le temps, tu redécouvres tout d’une autre façon ! »

De son côté, Simon Villeneuve a pris ses congés paternité juste après l’accouchement de sa blonde. « On prépare des transitions pour des ados qui s’en vont au Cégep, alors imagine la transition vécue par le bébé au moment de la naissance ! J’ai préféré prendre mes congés tout de suite après l’accouchement. C’est hyper important ce moment-là, on devient un support. Noëlly se serait débrouillée, c’est certain, mais elle aurait été bien moins dans la bienveillance, moins disposée. »

C’est aussi là que le lien d’appartenance pour le père va se construire, en berçant le bébé tout en laissant du temps de repos à la maman justement ! « La science qui évolue le plus en ce moment, c’est la neuroscience, et les recherches affirment que l’un des principaux vecteurs favorables au bon développement des enfants, c’est la bienveillance. » poursuit Simon, heureux papa d’une petite Mila de 6 semaines et d’un Roméo de deux ans.

« On a pu vivre notre vie de famille à deux, prendre le temps avec ce nouveau bébé qui arrive, prendre du temps aussi avec le grand frère de 2 ans pour qu’il vive bien cette transition. J’aime mon travail c’est certain, mais ma priorité, ce sera toujours la famille. Je trouve tellement important ces moments tous ensemble. »

Expliquer à quel point le fait de soutenir la maman va aider au développement sain de l’enfant puisqu’elle sera moins stressée, avoir des programmes d’éducation sociale, transmettre l’idée de la bienveillance, serait selon Simon une chose qui accompagnerait à merveille les efforts des gouvernements pour soutenir les familles. « Il y a une part d’ignorance mais aussi une réactivité face aux changements. Dans l’éducation, on remet tellement les clés à la femme, ensuite à l’école, aux autres. Avec le jeu, je vais pouvoir enseigner de bons comportements à mon fils, et ce n’est pas vrai que je vais laisser la CPE ou les écoles tout gérer. Il faut travailler tous ensemble dans une même direction et ça va aller tellement mieux pour les jeunes. »

Quant à Maxime d’Amour, il a pris la totalité du congé parental pendant que sa blonde Marie reprenait le chemin du travail, 4 mois après l’accouchement. « Étant chef d’une petite entreprise, Marie avait la responsabilité du travail de ses employés, et j’étais parfaitement ouvert à l’idée de rester à la maison. En tant que père, avant la naissance, c’est comme un concept dans ta tête, tu ressens l’arrivée de cet enfant via la relation que tu as avec ta blonde. Alors il faut que tu t’adaptes, le lien est à créer. Ce que j’en ai retiré de ces semaines auprès de Léo, c’est la compréhension, ce lien émotionnel qui fait que tu comprends ce que l’enfant essaye de te communiquer, même sans parler. »

Le jeune papa précise que certains hommes ont trouvé très courageux le fait qu’il s’occupe de son bébé, beaucoup le félicitaient même en lui disant qu’ils ne s’en sentiraient pas capables. « Des fois, on se sent impuissant, c’est certain, mais tout ce temps passé avec mon garçon m’a donné confiance. Du coup quand je suis retourné au travail, le lien était créé. Et dans notre famille, il n’y a pas plus maman ou plus papa, l’enfant a réellement deux référents. Quand il se fait mal, c’est pas juste oh maman ! », poursuit Maxime en remerciant le gouvernement qui, avec ces congés parentaux, a permis à sa famille de concilier les différents enjeux accompagnant l’arrivée d’un bébé tout en vivant cette transition de manière humaine et originale.

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