Accueil Dossiers Rencontre avec Bualaï Khonteng, dites Tia.

Rencontre avec Bualaï Khonteng, dites Tia.

308
Bualaï Khonteng, dites Tia. Crédit photo : Yannick Limary.

On se retrouve au Club des Messieurs, le long de la rivière Petit-Saguenay, où j’apprends d’entrée de jeu qu’en Thaïlande personne ne se fait appeler par son nom, tout le monde a un surnom!  Bualaï, qui vit maintenant à Petit-Saguenay, on l’appelle Tia, ce qui veut dire la petite en langue Thaï.

Sébastien Blackburn, son conjoint, est originaire de Chicoutimi-Nord. Il est allé près d’une vingtaine de fois en Thaïlande, mais c’est lors de son premier voyage dans le sud-est asiatique qu’il rencontre et tombe en amour avec Tia. Après quelques années, ils décident de faire le grand saut pour venir s’installer au Québec. Déménager à l’autre bout du monde, c’est d’après Tia la seule manière de pouvoir vivre une meilleure vie. Avec Sébastien, ils passent tout d’abord 6 années à Montréal, mais quand le projet d’avoir des enfants se dessine, ils décident de venir vivre à Petit-Saguenay pour y fonder leur famille.

Une famille internationale pose au grand air !
Sébastien, Jean-Élie dans les bras de sa maman Tia et Alyssa se sont installés à Petit-Saguenay il y a maintenant 5 ans. Crédit photo : Yannick Limary.

« On aimait ça Montréal et tous ses commerces et restaurants, mais c’est vraiment les enfants qui nous ont décidé à quitter la grande ville. La dernière fois que je suis retournée à Montréal, j’ai fait oh non je ne pourrais plus vivre ici ! Tellement de monde pressé, tellement de bruit ! », confie Tia qui a grandi à Rungarun, un tout petit village au nord-est de la Thaïlande, proche de la frontière du Laos.

Celle qui ne parle pas français, rencontre des gens à travers son travail où les échanges se font plus facilement en anglais. Toujours dans l’idée de rendre sa vie meilleure, Tia travaille beaucoup lors de ses 6 années à Montréal, jusqu’à 14 heures par jour !… Pas le temps pour suivre des cours de francisation. Par contre, sa grande fille Alyssa, qui va à l’école de Petit-Saguenay en maternelle 5 ans, parle très bien le français et va peut-être réussir à motiver sa maman à apprendre cette langue si éloignée du Thaï.

La cuisine comme lieu d’échange et de rencontre.

Avec les ateliers de cuisine collective qui se déroulent à Petit-Saguenay, Tia fait de belles rencontres, il faut dire que la cuisine c’est sa passion et qu’elle aime la partager. Ceux qui ont eu l’occasion de goûter à sa nourriture s’en souviennent comme d’un délicieux voyage ! Venant d’une petite communauté établie au beau milieu de la nature, Tia ne s’est pas sentie complètement dépaysée à son arrivée à Petit-Saguenay. Elle revient de ses balades dans les bois le panier empli de champignons, bleuets, petites fraises, tête de violon. Depuis cette année, elle se fait également un jardin, où il y a certainement des plants de coriandre.

Du côté des projets futurs, quand les enfants Alyssa, 5 ans, et Jean-Éli, 2 ans, seront plus grands, il y a l’idée d’installer un Food truck sur le stationnement de Minuit Moins Cinq, en plein cœur du village de Petit-Saguenay. La tourtière a-t-elle à s’en faire ? Je ne crois pas mais avouons qu’apprivoiser une culture à travers sa nourriture reste une très agréable manière de faire !