
La mobilisation citoyenne, c’est une culture organisationnelle. Ça se construit. Et ça peut transformer un village.
Depuis deux ans, la municipalité de Petit-Saguenay est régulièrement invitée à donner des conférences un peu partout au Québec sur différents sujets liés au développement local : « La mobilisation citoyenne au service d’un développement durable », « Transition socio-écologique, comment passer du rêve à l’action? », « Un milieu de vie rural et dynamique », etc.
Ces invitations proviennent de l’UQAC, du Cégep de Jonquière, du Collectif des partenaires en développement des communautés, de municipalités vivant des réalités similaires, comme Saint-Adrien en Estrie, de l’Ordre des urbanistes du Québec, et de bien d’autres organisations.
L’angle varie selon l’organisme hôte et les objectifs de l’événement. Mais un élément revient indéniablement dans chacune de ces interventions : l’importance de la participation citoyenne dans le développement des dernières années à Petit-Saguenay.
Une culture qui ne date pas d’hier
L’ADN de mobilisation de la communauté de Petit-Saguenay ne date pas d’hier. Depuis les années 1980, de nombreux efforts ont été faits pour permettre à toutes et tous de participer à la planification de l’avenir de leur village.
On peut notamment penser aux mobilisations autour du projet du parc Saguenay, aux nombreux sommets économiques, au plan de revitalisation Rêver le village Petit-Saguenay en 2008, aux événements du 100e anniversaire du village, à la participation aux Ateliers des Savoirs Partagés (ASP), ou à la sauvegarde de la coopérative d’alimentation (2012 et 2020) et de l’école du Vallon.
Ce qui est plus récent, c’est la volonté politique d’intégrer officiellement la participation citoyenne à la culture et à la vision de la municipalité. En 2023, Petit-Saguenay a ainsi adopté sa première politique de participation citoyenne.
Cette politique s’adresse autant aux agent·es municipaux·ales et aux élu·es qu’à l’ensemble de la population. On y retrouve les valeurs de la municipalité, ses principes directeurs, les différents outils de participation citoyenne, un arbre de décision pour l’organisation d’une consultation publique, ainsi que plusieurs définitions.
L’échelle de participation citoyenne
Selon l’échelle de participation citoyenne de l’Institut du Nouveau Monde, cela peut prendre différentes formes, allant de l’information jusqu’à la co-construction, en passant par la consultation, le dialogue et la délibération.

Le premier échelon, celui de l’information, est parfois négligé dans les municipalités. Pourtant, il est primordial. Avant de participer à un projet, encore faut-il savoir ce qui se passe!
La municipalité de Petit-Saguenay fait donc beaucoup d’efforts pour informer sa population : bulletin municipal mensuel, en version papier et numérique, site Web, réseaux sociaux, affichage physique et diffusion en direct des séances du conseil municipal. Le Trait d’union est aussi un très bon outil de communication pour la municipalité !
Le budget participatif
Un des dispositifs les plus appréciés de la communauté et les plus puissants en matière de transfert du pouvoir décisionnel à la population est sans doute le budget participatif.
Depuis 2018, la municipalité offre à sa population l’occasion de réaliser des projets qui leur tiennent à cœur. Depuis 2023, le processus est divisé en deux volets : un volet général et un volet jeunesse. Une année sur deux, les adultes ou les jeunes de Petit-Saguenay disposent d’une enveloppe de 25 000 $ pour mettre sur pied le projet de leur choix.
Cette année, c’est l’amélioration de l’acoustique de l’église Saint-François-d’Assise qui a été choisie par la population. L’année dernière, les jeunes de l’école du Vallon ont voté pour l’aménagement d’un parcours d’hébertisme. La municipalité travaille actuellement à la planification de ces deux projets.
Les commissions municipales
Un autre outil, moins connu, mais pourtant primordial, est celui des commissions municipales. Petit-Saguenay en compte trois : administration et démocratie; développement durable et aménagement du territoire; infrastructure et services publics.
Leur rôle est de réfléchir aux différents projets, d’en débattre et d’émettre des avis qui seront ensuite amenés au conseil municipal. Chaque commission est composée de conseiller·ères, d’agent·es municipaux·ales et de deux citoyen·nes, à l’exception de la commission administration et démocratie, qui traite notamment de dossiers confidentiels.
Les citoyen·nes siègent sur ces commissions pendant deux ans, à la suite d’un appel à candidatures lancé par la municipalité. Ils et elles se réunissent une fois par mois, deux semaines avant le conseil municipal.
L’intérêt de ces commissions est de pouvoir réfléchir aux projets bien en amont de la décision du conseil. Cela permet d’intégrer le point de vue des citoyen·nes, mais aussi l’expertise des agent·es municipaux·ales qui travaillent au quotidien sur les dossiers.
Un climat de confiance qui permet d’aller plus loin
Avec tous ces efforts, la municipalité considère avoir réussi à créer un certain climat de confiance avec la communauté. Des citoyen·nes se permettent maintenant d’aller à la rencontre des élu·es et des agent·es municipaux·ales pour proposer des projets et partager des idées, même en dehors du cadre du budget participatif. Cela a notamment été le cas pour la salle d’entraînement aménagée dans le sous-sol de l’église.
C’est peut-être là que la culture de participation citoyenne prend tout son sens : quand les citoyen·nes ne voient plus seulement la municipalité comme une instance qui décide, mais comme un partenaire avec qui il est possible de réfléchir et de construire.
La politique de participation citoyenne de Petit-Saguenay est disponible sur le site web de la municipalité, dans Vivre > Espace citoyen > Développement durable et participatif.








