La trappe – Un métier d’autrefois toujours d’actualité

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Pierre Dufour fait la découverte un peu par hasard de la trappe qu'il pratique maintenant par passion, sur son territoire, situé à Saint-Félix-d’Otis.

Auparavant, on trappait pour la nourriture ou pour des biens en échange des fourrures tant convoitées. Aujourd’hui, la trappe s’effectue davantage par loisir. C’est le cas pour Pierre Dufour qui en a fait la découverte un peu par hasard et qui la pratique maintenant par passion, sur son territoire, situé à Saint-Félix-d’Otis. « J’aime cette communion avec la nature, une forme de méditation, de tranquillité. Le privilège, de pouvoir profiter d’une telle richesse qu’est la forêt et aussi de savourer de beaux paysages en toute solitude. » Et chaque randonnée lui réserve tant de surprises.

Pierre a d’abord appris d’un ancien trappeur qui lui a transmis ses connaissances. Mais maintenant, la trappe est encadrée par des règles bien établies. On doit d’abord posséder un permis émis après avoir suivi une formation. Un trappeur doit également détenir un bail pour un territoire, renouvelable à chaque année. La période d’activité s’opère de la mi-octobre jusqu’au mois de mars, dépendamment des espèces.

Dans le Bas-Saguenay, il existe une diversité d’animaux se prêtant à la trappe dont la martre, la belette, l’hermine, le vison, la loutre, le loup, le renard, le lynx, l’ours et le castor. D’ailleurs, on utilise souvent ce dernier comme appât pour attirer les autres animaux en raison de l’odeur qu’il dégage. L’hiver, il devient plus facile de repérer les animaux. Les traces dans la neige, propres à chaque animal, leur offrent moins d’opportunités pour camoufler leur présence.

La trappe s’effectue à l’aide de pièges, petits et gros, ou de collets, que l’on prépare soigneusement afin d’éviter que l’animal ne souffre inutilement. Elle se doit d’être pratiquée de façon responsable, en équilibre avec la nature. D’ailleurs Pierre établit toujours un lien respectueux avec chaque animal trappé.

Le quota est de 15 animaux par année, dont 5 espèces différentes. Les peaux sont préalablement préparées selon des normes spécifiques. Chaque espèce est séchée avec son moule. Elles sont parfois ramassées par un cueilleur et revendues à l’encan dans des endroits comme North Bay et même en Finlande. Cependant, le prix des peaux a considérablement diminué.

Alors pourquoi trapper aujourd’hui ? Outre la fourrure que certains aiment posséder, y a-t-il un avantage à la trappe ?  Pierre m’explique qu’il peut arriver qu’un animal devienne une menace, un danger, ou soit nuisible. Aussi, quand une espèce s’avère être en surnombre, elle risque de manquer de nourriture et de développer des maladies. Le trappeur doit posséder des connaissances sur les différentes espèces, leurs habitudes, leurs habitats, leurs comportements.  Il doit donc utiliser son instinct afin d’analyser et de bien lire la nature.

À l’occasion, le petit-fils de Pierre l’accompagne dans la forêt. Gageons qu’il y aura de la relève.