Brasserie coopérative La Chasse-Pinte

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L’aventure de la micro brasserie La Chasse-Pinte a débuté en novembre 2015 avec le premier brassin de sa fameuse «Crochetée». Mathieu Boily, ayant déjà expérimenté à petite échelle plusieurs recettes de bière, fut tout désigné pour être le maître d’œuvre des opérations. Étant enseignant en biologie au secondaire, la recherche et l’expérimentation font en effet partie de ses gênes.

La petite brasserie a évolué grandement depuis ses débuts. En juillet 2018, avec de nouvelles installations, la capacité de production s’est bonifiée. Actuellement 100 000 litres sont brassés par année et l’équipe vise à atteindre la pleine capacité, en 2020. La distribution a également été élargie, puisqu’une douzaine de bières se retrouvent sur les tablettes un peu partout au Québec.

Avec un marché des micro brasseries qui explose, puisque 240 projets existent au Québec, la Chasse-Pinte doit pouvoir se distinguer.  « Nos bières sont différentes et nous faisons aussi ponctuellement des bières saisonnières. On essaye d’innover à partir d’ingrédients locaux et québécois, l’utilisation des plantes indigènes fait partie de notre signature », précise Mathieu. De plus, des efforts supplémentaires sont déployés afin d’obtenir du malt et des houblons québécois issus de l’agriculture biologique. 80% de la masse des ingrédients sont biologiques et les brasseurs envisagent même la certification de quelques produits spécifiques dès l’année 2020.

Un autre élément qui distingue la microbrasserie anjennoise concerne son modèle d’affaires. En effet, La Chasse-Pinte fait partie des Ateliers coopératifs du Fjord qui opèrent également le Bistro de L’Anse.  Au Québec, il existe seulement une dizaine de coopératives brassicoles avec pignon sur rue ! Ce type de gestion offre plusieurs avantages dont celui de mettre en commun les talents de tous, tout en développant un réel sentiment d’appartenance. La force d’un groupe peut faire la différence. L’acquisition du Bistro par les Ateliers coopératifs du Fjord n’aurait jamais été possible sans cet effort collectif. La campagne de financement, avec des parts privilégiées comme mise de fonds, a permis son aboutissement. Le conseil d’administration et les travailleurs peuvent être fiers, ils ont fait leurs preuves en rentabilisant dorénavant l’entreprise !

La Chasse-Pinte fait partie des Ateliers coopératifs du Fjord qui opèrent également le Bistro de L’Anse.

Malgré les difficultés inhérentes liées au fait d’être établi en milieu éloigné, tels les coûts élevés de transport et de distribution, le choix d’être à la campagne offre bien des avantages. Mathieu souligne qu’à l’échelle provinciale, 50% des micro brasseries sont installées dans des municipalités de 5 000 habitants ou moins. Pour lui, le milieu bucolique de L’Anse agit comme un facteur positif et favorise la vente sur place. Comme ailleurs au Québec et dans le monde, tous ces micro projets en région stimulent l’économie et la vitalité des milieux où ils s’implantent. « En additionnant tous les emplois issus de ces mini entreprises et les avantages qui en découlent, cela représente l’équivalent d’un grand projet pour la région », conclut Mathieu Boily.

Les Ateliers coopératifs du Fjord, tant au niveau du Bistro que de la Brasserie, essaient de plus en plus de se démarquer sur le plan salarial. En effet, ils ont bonifié la grille des salaires en accordant des conditions avantageuses comparativement au marché. Depuis 2 ans, les salaires ont augmenté de façon plus importante que le coût de la vie. Une façon intéressante de maintenir en place les 30 employés saisonniers du Bistro et les 7 employés à temps plein de la Brasserie, notamment dans une période de pénurie de main-d’œuvre.

Dans le Bas-Saguenay, on peut dire bravo à tous ces jeunes entrepreneurs qui grâce à leur dynamisme, leur créativité, leur compétence et leur persévérance font que la région se démarque. Ils jouent un rôle majeur dans une économie qui recherche des solutions pour assurer l’avenir de la planète !