Cette chose qui ne s’achète pas.

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Crédits photos : Cécile Hauchecorne

Les tempêtes m’ont toujours semblé curieuses. D’un soleil enveloppant au mois de juillet surgissent d’épais nuages grisonnants, prêts à faire feu sur la plus haute cime.

Mais d’où sortent ces toupies géantes qui viennent frapper nos côtes ?

Avec tous les instruments dont nous disposons maintenant, nous comprenons mieux comment des phénomènes tels que la température de l’eau et de l’air peuvent amener de toutes petites particules à se rassembler pour créer une organisation colossale.

Nous sommes même en mesure d’estimer le temps qu’il fera demain et ainsi prévenir une population si un ouragan se prépare à se désorganiser sur eux.

Dans nos sociétés, dans nos familles, dans nos têtes, des secousses viennent aussi ébranler nos repères et nos appuis. Entre guerre, pauvreté ou dépression, si nous pouvions disposer d’un outil pour prévenir des impasses et des dérives ?

J’ai souvent ressenti la vie comme une course. Une course pour être le premier, le seul, le meilleur, parfois même pour être simplement le moins mauvais de la gang. On regarde les autres autour de nous, on se compare, on se console. On se dit qu’on pourrait emprunter des raccourcis que personne d’autre n’aurait vus. « Faut pas que je ralentisse, faut pas que je m’arrête, sinon on va me dépasser. »

En travaillant auprès des plus âgés, celles et ceux qui ont roulé leurs bosses, qui en ont vu d’autres et qui ne sont pas nés de la dernière pluie, la perspective change. Laissez-moi vous dire que je ne me suis jamais senti aussi riche que quand j’échange un regard avec celui qui a vu.

Alors, la course ressemble beaucoup plus à une quête, et la ligne d’arrivée, à un relais. À travers la tempête que nous traversons en ce moment, et celles à venir, nous chercherons des idées, des visions et des repères. Tout comme les satellites et les sondes nous aident à mieux comprendre le monde, nos anciens nous permettent de mieux comprendre comment y vivre.  

Pour nous, pour les autres qui suivront, tendons l’oreille et la main pour accueillir le témoin.