Choix de vie !

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En ville, tout est à portée de la main. Les emplois, les célibataires, les formations toutes plus attrayantes les unes que les autres et les sorties culturelles innombrables noircissent notre agenda à la vitesse de la lumière. On s’exclame sans même s’en étonner : « C’est formidable ! J’ai plus une minute à moi ! »

Tout quitter pour venir s’installer dans une région éloignée ou décider de faire sa vie dans son village natal, cela demande, il est vrai, du courage et une bonne dose de positivisme. « Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner ! » affirmait Coluche, un humoriste français d’une grande sagesse. Cela pourrait bien être la devise de tous ceux qui se détournent du rythme infernal. Car finalement, ce que l’on apprend d’abord et avant tout en vivant ici, c’est à mieux se connaitre. Loin des distractions et stimulations citadines, pas le choix de se regarder le bout du nez.

C’est enthousiaste qu’en 2002, je quitte Montréal pour venir m’installer, avec mon garçon de 8 ans, à L’Anse-Saint-Jean ! En conduisant mon Dodge Caravan, mes pensées se baladent entre de joyeuses perspectives de vie de famille à l’échelle humaine et une certaine fébrilité. Je sens bien qu’avec ce déménagement, il n’y a plus d’excuse possible. Tout se met en place pour que je puisse réaliser mes rêves… et si cela ne marchait pas comme prévu !

Quand on y pense bien, choisir de se lancer en affaires ou vivre dans un petit village, au départ, c’est un peu la même chose. Plus on apprend de nos forces et nos faiblesses et plus on augmente nos chances de succès. On ne devient peut-être pas tous entrepreneurs mais on a intérêt à être entreprenant. Avoir le sens de l’initiative et de la créativité, un goût du risque et de l’aventure bien accroché, un fonctionnement en mode solution opérationnel et adapté à toutes les situations, bref pour vivre au Bas-Saguenay, c’est avant tout un état d’esprit que l’on se doit de développer.

C’est un peu comme l’histoire du verre à moitié vide et à moitié plein. Certains se diront qu’il est impensable d’élever sa famille ici, qu’il n’y a pas assez d’activités de proposées pour les jeunes. Une chance, il y en a beaucoup d’autres qui se relèvent les manches et se mettent ensemble pour donner vie à une école de musique, une patinoire extérieure, des cours de danse, de yoga, de soccers, de ski ou de hockey. Je n’aurais pas assez d’une page pour rendre hommage au foisonnement d’initiatives émergeant du milieu.

Si l’on en croit les personnes rencontrées dans le cadre de ce dossier sur l’entrepreneuriat, l’effervescence est remarquable dans notre coin de pays. Il y a bien sûr des défis de taille, le peu de main d’œuvre, le marché local restreint, mais cela ne semble pas décourager les promoteurs. En parcourant ce numéro du Trait d’Union, vous y découvrirez de belles histoires d’entreprises familiales, une coopérative de linge recyclé très sympathique, des projets de concertation, et une relève bien présente avec des textes de jeunes journalistes qui ne se gênent pas pour, eux aussi, rêver de projets en couleurs.