La grande marche pour une santé globale

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Le 29 novembre dernier, les sportifs de rue entamaient une grande marche de mobilisation allant de Petit-Saguenay à La Baie. Un itinéraire de 150 kilomètres sur cinq jours et ralliant six municipalités pour envoyer un message d’espoir, de force et de résilience à la génération actuelle et se rappeler qu’il est toujours possible d’œuvrer pour notre santé globale.

Depuis la mise en œuvre des mesures sanitaires de lutte contre le virus, ils n’ont jamais cessé de se réinventer afin de continuer de répondre à leur mission. Comme les mesures ont un impact majeur sur la santé de la jeune population, l’équipe des Sportifs.ves allait donc marcher pour aller prendre le pouls des jeunes dans leur municipalité.

« Pour nous, la santé ce n’est pas que les hôpitaux, les pharmacies et leurs institutions, c’est aussi la culture, les arts, les loisirs, le grand air, les ami.e.s, la famille, etc. Les rendre accessibles, c’est garantir une meilleure santé globale à la population. »

Laurence Leclerc

Grande plein-airiste, elle est née dans un canot et fait du camping depuis qu’elle s’en souvient. Étudiante au Baccalauréat en intervention plein air, elle est toutefois éducatrice spécialisée de formation. Elle joue, elle rit et elle écoute tous ceux qui croisent son chemin. Elle aime aider les gens et si elle peut utiliser la nature pour arriver à ses fins, elle va le faire.

Hugo Lapierre

Animateur, poète-conteur, artisan des possibles, défenseur du lien entre nature et mieux-être, Hugo propose, par l’escalade, la rando, le ski, le kayak, le jogging, et autres activités à bol d’air, une aventure vers soi et une découverte du potentiel humain. Ce n’est pas ce que l’on fait mais pourquoi et comment on le fait. Peu importe l’art ou le sport, la forme non-compétitive permet la rencontre et l’enrichissement.

Francis Laroche

Thérapeute proactif, axé sur l’ouverture à l’autre et sur le mouvement en continu, son enthousiasme sans fin inspire le jeu et facilite la relation. Artiste de rue et provocateur de l’instant, il est outillé et curieux, savant et agile, gamin et leader. Essayons, vivons pleinement, on verra bien ou ça nous mènera. 

Sur les traces de Postillon, des bouts de laine accrochés au fil du cœur, nous avons marché…

Pour…  rencontrer et espérer;  pour ralentir et conscientiser; pour se parler et dynamiser;  pour rassembler et écouter; pour motiver et inspirer;  pour la relation au territoire et à tous ceux et celles qui le composent; et ultimement,  pour une santé globale à vivre et à bâtir…

27 novembre à Petit-Saguenay

À l’École Du Vallon, nous sommes attendus par 13 jeunes de 6e année, excité.e.s de nous montrer la forêt thématique des Jardins de mon Enfance. Ce qu’ils ont eu à nous dire résonne encore en nous :

                « On fait tellement de pollution, qu’on fait fondre les pôles »

                « La nature a pu reprendre son cours, à cause du ralentissement des humains »

                « On peut pas s’occuper de notre santé si on s’occupe pas d’la planète »

                « Mon hockey s’est arrêté, alors aujourd’hui grâce à la marche, j’ai fait mon cardio »

Après une merveilleuse randonnée, remplie de confidences, de jeux et de trouvailles au beau milieu d’un sentier riche en poésie, la classe de madame Vicky nous transmet une dose d’encouragement. Chaque jeune nous laisse avec une impression de clairvoyance en ces temps de grand brouillard…

Nous sentons l’élan qu’il nous fallait pour le début de l’aventure!

29 novembre au matin, à L’aréna Roberto Lavoie – Parvis de l’Église – Grand départ!

Alors que le soleil projette sa lumière sur la montagne en face, quelques flocons dansent et tourbillonnent, comme pour célébrer l’ouverture de notre grande marche. Nous avons dormi dans un aréna sans glace, et nous nous réveillons avec l’envie d’aller à la rencontre de tous ces gens, privés d’activités depuis un certain temps. Ces flocons qui se déposent tout autour sont comme toutes ces personnes qui auront quelque chose à nous dire à propos de leur santé. Chaque individu, unique, formant un tout pour couvrir d’un grand manteau blanc le cœur de Petit Saguenay, éclairé.

Première consultation citoyenne. Sous le ton de l’échange amical, les résidents du village sont heureux de se voir, et nous expriment à quel point ils se considèrent chanceux de faire partie d’une communauté « qui aide son monde ».

« Il fait bon vivre ici, surtout lorsqu’on sait qu’en ville, ils manquent d’air, même sans masque! »

« Après la 2e guerre, il y a eu un boom de production et de consommation. Peut-être qu’après la pandémie, on va réinventer les relations!? »

« La preuve de la continuité réside dans ces deux p’tits gars-là, qui vont emprunter le même chemin que mon arrière-grand-père, dans le but de livrer un message important. »

Élias Côté nous rappelle que le passé ne veut pas passer, que son moyen pour ne pas se faire oublier est de débobiner des ficelles de laine et de les accrocher sur des porteurs d’avenir. Ainsi, l’histoire se construit au fil de ceux et celles qui se prêteront au jeu d’écrire un autre chapitre. Nous sommes donc honorés d’apprendre que nous marcherons dans les pas de Charles Côté, le Postillon. Il parcourait le même itinéraire aller-retour à chaque semaine, de 1930 à 1960 environ. Il livrait le courrier, ramassait celui de la boîte à sauvages, transportait des messages, tel un agent de conservation du lien. Sur ses traces, nous poursuivons une quête vers des rencontres qui permettront de briser l’isolement. Des échanges qui, nous le souhaitons, contribueront à jeter de nouvelles bases dans un système où la santé humaine serait enfin une priorité généralisée.

29 novembre en après-midi, au camping de L’Anse-Saint-Jean

Prés du feu, préparé d’avance par Anicet Gagné, nous ne réchauffons pas que nos bas, mais aussi nos cœurs et nos esprits, grâce à un échange à saveur philosophique, qui nous laissera une impression d’être en famille en train de refaire le monde. Les idées fusent et s’entremêlent, les visions se recoupent; et bien inquiets des futures générations, nous nous rejoignons tous et toutes sur un paradoxe nécessaire : l’urgence de ralentir!

30 novembre au matin, à l’école Fréchette de l’Anse-Saint-Jean

                   … C’est en allant à l’Anse, en passant par les bois…              

Il faut tasser la branche, pour voir où c’est qu’tu vas … 

Avec la quasi-totalité des élèves, certains hésitants, d’autres insuffisamment habillés, nous marchons symboliquement vers notre prochain point de départ, la halte routière voisine de la Maison Des Jeunes, qui nous mènera sur le sentier de motoneige reliant L’Anse-St-Jean à Rivière-Éternité. Les jeunes se questionnent à savoir où nous dormirons, si nous ne risquons pas trop d’avoir faim; et si bien sûr, nous prévoyons mettre des images sur Youtube. Le concours est lancé, tout le monde peut marcher à partir de son boisé ou près de la maison, afin de courir la chance de gagner une sortie familiale en plein-air avec une entreprise de la région.

30 novembre au soir, à Rivière-Éternité

Rémi Gagné, Caroline Simard, ainsi que quelques citoyen.ne.s, sous une pluie constante et froide, se racontent et échangent sur les moyens de rester optimiste, sur les politiques à venir et sur le désir de rester maître chez soi. Comment rester confiant dans les relations avec les instances gouvernementales? Comment fortifier et maintenir le tissu social entre les communautés, surtout en ces temps d’isolement et de doutes? Clairement, la constance et l’écoute sont des valeurs qui permettent aux résident.e.s de se sentir inclus et investis… Trois jeunes adeptes du vélo tournent autour du cercle de partage, tout en s’adonnant à des tricks, des prouesses. Ils sont mouillés eux aussi, mais leur présence colorée transperce la grisaille et nous fait oublier nos orteils ratatinés, ainsi que nos problèmes d’adulte, pour un moment.

1erdécembre au matin, en direction de Saint-Félix-d’Otis

Dans le brouillard presque menaçant, décembre s’amorce sans promesse d’un Noël blanc. Pourtant, en ce mardi matin gris, les élèves de Rivière Éternité nous sourient. Ils savent que le temps des fêtes sera atypique, mais dynamiques et résilients, ils nous propulsent joyeusement vers l’avant. Avec madame Johanne leur enseignante, 13 élèves de l’école Marie-Médiatrice marchent, puis dansent et chantent sur 1km, avant de nous regarder partir vers St-Félix d’Otis…

« Moi, même si j’suis pas très bonne en écriture, j’ai décidé d’envoyer des cartes et des dessins à mes grands-parents. Oui, oui, par la poste ! »

« Depuis le début de la pandémie, on a pris plus de temps pour se connaître dans notre classe. »

«Moi pis mes amis, on va encore plus dans le bois et pis on fait plus de vélo. »

Brume, soleil, pluie, et des sentiers très humides, nous sommes conscients que nos pas négocient le chemin, comme l’humain rencontre les changements dans son quotidien. Différentes couleurs, plusieurs saisons; comment s’adapte l’individu désormais masqué au travers des routes inexistantes d’un futur plus qu’incertain? La pandémie nous plonge tous dans une obligation à communiquer autrement et davantage, sur un parcours à tracer…

Tandis que nous profitons du léger glissement sous nos semelles, sachant si bien que notre chance d’être dans les bois est jalousée, l’instant nous mène à suivre la découpe d’une patte gigantesque. Puis, dans un silence sacré qui nous tient sur nos gardes; ça y est, ça craque tout près, il se retourne et nous regarde … l’orignal! A-t-il seulement une idée de notre démarche? Serait-il en train de placer son espoir en nous, espérant que la globalité de notre intention de santé puisse affecter positivement son terrain vital?

Nous nous aventurons, insouciants, là où vivait autrefois une grande famille innue et nous y faisons la rencontre d’un chasseur à la fière allure, au regard grave et léger; arborant une pipe qui laisse s’échapper un parfum d’intemporalité et d’envoûtement. (L’arrière-petit-fils de Postillon nous avait prévenus des possibilités d’apparitions soudaines si nous osions partir un dimanche. Il nous avait mis en garde contre les intempéries et les défis cachés dans le creux territoire entourant le petit et le grand Lac Éternité…)  Un peu au-dessus de nos affaires, nous nous enfonçons sans nous questionner, jusqu’à ce que pluie, grêle, vent et neige viennent alourdir nos pieds et bousculer nos esprits. Sommes-nous réellement confrontés à des présences mystiques? Avons-nous des messages à déchiffrer avant de continuer ? La pause s’impose! Après quelques minutes, l’humidité s’empare de nos corps, et reprendre la route n’est plus questionnable. Repartir est d’une lourdeur qui abime momentanément notre confiance, mais après quelques minutes déjà, le moral revient et le rythme renaît. Avancer, garder le cap ; c’est la mission de chaque instant. Et c’est à ce moment que je comprends, que ça me frappe ; nous sommes PRIVILÉGIÉS !

Toute ma vie, j’ai su au plus profond de moi que la nature avait un impact réel sur l’humain, et par cette épopée enfin, j’expérimente dans tout mon être cette équation que j’ai tant défendue. Je marche en forêt, tout simplement, mais pendant que je m’occupe de rester en mouvement vers mon objectif, mon corps se recharge par l’oxygène pur des arbres, la beauté du paysage, la diversité artistique naturelle des éléments, et par l’essence de la terre que je foule.

Chacun de mes sens, éveillé et émerveillé, ouvrant les portes de ma personne afin de nettoyer tous les systèmes qui permettent la vie en moi. Je n’ai rien à faire d’autre que de me laisser submerger par cette ressource infinie avec laquelle nous ne faisons qu’un. À l’intérieur de mon être, des milliards de cellules s’apaisent grâce à cette immersion en nature. Car effectivement, quelques jours avant, je me sentais envahi d’idées négatives, j’avais une charge émotive qui m’embrouillait, un genou qui ne pliait plus, des douleurs aux mains qui me neutralisaient; et j’avais peine à voir comment j’allais pouvoir traverser 6 villages. Et pourtant, j’y étais, à mi-parcours, avec une facilité à négocier le prochain pas, une simplicité de l’instant, et une joie de vivre qui me ramenait à mon enfance. Et oui, la forêt nous faisait vibrer plus haut, elle nous guérissait lentement mais sûrement, grâce à toute sa force thérapeutique complète, trop souvent mise de côté. Elle faisait son œuvre en nous, puisque nous étions en elle…

2 décembre au matin à Saint-Félix d’Otis

Il est 6h02, la lumière lunaire m’a tenu éveillé et prêt pour une journée d’environ 30 km. L’air frais nous fouette les joues et nous allume l’envie d’entamer les 2 dernières journées avec sagesse et entrain. Grâce à la ville et à Monique Claveau, nous avons pu sécher nos pieds meurtris au Chalet des Loisirs, et nos quelques heures de sommeil à l’abri nous permettent de poursuivre notre expédition sans compromis. Après 5 heures de marche, une incertitude s’empare de notre boussole intérieure; la route ou le sentier? Le détour plus haut, ou revenir sur nos pas? La jonction trouvée plus tôt, ou continuer aveuglément? Décidemment, nous sommes momentanément perdus.

Déposer sa confiance dans l’autre, savoir qu’il assure, qu’il possède les clés. Puis, comme dans toute relation, douter de soi et par le fait même participer au recul qui fragilise le canevas, le contrat de l’équipe. Dans ce genre de situation, Paul Provencher (grand trappeur et homme des bois) nous conseille fortement de prendre un thé, une pause réelle, afin d’y voir clairement par la suite. Après tergiversations et questionnements, et malgré un sentiment d’empressement, nous nous imposons cet arrêt. Et comme par magie, prendre le temps alors qu’il semblait s’égrener drastiquement, s’avéra être la voie de secours.

En début d’après-midi, nous emboîtions le pas dans la bonne direction, conscients du retard, mais fidèles à notre objectif, celui de marcher jusqu’au prochain village…

2 décembre au soir, à Ferland-et-Boileau

Confiants que nous pouvions avaler environ 34 km de marche entre 6h et 18h, nous avions prévu rencontrer les citoyen.ne.s de Ferland dès notre arrivée, question de jaser autour d’un feu de leurs préoccupations et de leurs positions sur la santé globale. Comme le détour du midi ne fut pas le seul obstacle, nous avons finalement parcouru presque 45 km en 14h, sur de la glace, dans la boue et dans la neige, avant d’aboutir, épuisés, dans le stationnement de l’église St-Gabriel. Notre amie, notre collègue, notre ange-gardien avait gardé le fort, tenu la discussion, alimenté la flamme; elle nous tenait la main à distance, notre chère Laurence. Et que dire de l’accueil de Monique Witzell, avec ses douceurs pour nous alimenter l’intérieur, ainsi que ses petites et grandes attentions pour nous réchauffer. Nous avions manqué notre propre rendez-vous, mais les gens de Ferland ne nous avaient pas oubliés.

3 décembre le matin avec les élèves de l’école St-Gabriel

Plusieurs ados, inquiets de nous la veille, s’étaient donné la mission de nous retrouver dans les boisés sombres des chemins, par lesquels nous devions arriver. Ils avaient crié nos noms maintes fois, souhaitant ardemment nous ouvrir la bonne voie.

«À matin, vous allez nous suivre jusqu’au lac, on va vous montrer par où passer. »

« Tout l’monde devrait connaître les sentiers dans le bois. Moi j’me suis tanné de jouer à des jeux vidéo, pis j’suis allé faire des cabanes sur la terre à mon oncle. »

« C’t’une bonne idée la grande marche, ça rappelle aux autres d’aller dehors. »

Épuisés mais heureux d’être escortés par des élèves et des citoyen.ne.s, nous attaquons les 25 derniers km qui nous séparent du petit quai de La Baie, notre destination finale. Nicole et Monique Otis, ainsi que Monique Witzell, Nathalie Simard et Joëlle Lavallée s’enfoncent en forêt avec nous pendant quelques heures, nous entretenant sur les sujets chauds de l’heure. Devrions-nous démocratiser davantage les sentiers de la SEPAQ? Comment pourrions-nous inciter les jeunes à développer le réflexe du plein-air? Avons-nous réellement le pouls de nos ados, et sinon, comment s’approcher d’eux avec une oreille adéquate? Les problématiques de santé mentale sont-elles inhérentes à la ville ou à la campagne?

La fin approche, le corps est lourd, les derniers miles sont pénibles; mais au fond de nous, une flamme encore bien vivante, et un message de plus en plus clair. La santé mentale passe définitivement par du mouvement, de grands bols d’air, de l’activité physique et des relations saines. Après 5 jours de marche, nous pouvons le sentir et en témoigner ; un calme profond s’est installé à la place du stress, une légèreté de l’esprit nous accompagne à chaque instant, l’humour colore notre relation, l’inspiration et la rêverie influencent nos choix, et les préoccupations futiles sont tombées, loin derrière… 

3 décembre au soir – Quai de La Baie, dernière consultation publique.

Jamais nous n’aurions pensé être accueillis par autant de participant.e.s ce soir-là. Des collègues, des ami.e.s, des parents et cousins.es, des connaissances, des sportifs, des ados, et même Michel Perron, sociologue et chercheur pour l’amélioration des conditions de vie des jeunes! Un cercle de parole, un grand partage sur la part importante du plein-air en éducation, sur les technologies qui rapprochent en temps de pandémie, sur notre responsabilité face à la détresse psychologique et sociale; sur l’urgence de s’entraider; et surtout, sur l’impact des relations vraies au cœur d’un projet de société plus important que jamais : la santé globale pour tous et toutes.

Nous sommes allés plus loin que le fameux un esprit sain dans un corps sain. En moins de deux heures, ce groupe de parole s’était uni autour de l’idée qu’une santé complète pour l’individu nécessitait que l’on prenne en compte tous les aspects de notre société; son environnement, ses paliers de fonctionnement (éducation, santé, consommation, loisirs, etc.), ainsi que ses fondements et ses aspirations (valeurs). La situation actuelle (Covid) nous faisait réfléchir à de nouvelles façons d’agir. Serait-ce possible de ralentir, question de revenir aux bases et à l’échange riche entre humains? Ou allons-nous plutôt continuer la surconsommation sans voir les dégâts catastrophiques qui en résultent, et qui contribuent forcément à l’effritement de notre propre santé?

Alors…

Après cette crise sanitaire, revenir à la normale serait-ce une fausse bonne idée?

En révisant les propos des jeunes, il en ressort un constat à la fois troublant et inspirant; une hyper-conscience d’eux-mêmes, doublée d’une introspection grandissante.  Certains d’entre elles.eux ont pu observer l’impact sur leur sommeil, leur niveau d’angoisse, et même leur perception transformée de leur place en société. Un stress s’est ajouté au fil de cette année particulière, et nos jeunes le nomment; puis, ils composent avec…

Les ados qui ne bougeaient pas régulièrement ont bougé encore moins; et ceux qui étaient déjà sportifs ont trouvé des moyens créatifs de bouger plus souvent.

Les jeux vidéo, les devoirs version zoom, les annulations, les reports, les interactions sociales contrôlées et calculées, la peur d’infecter grand-maman, la gestion du masque… Toute une génération qui est forcée de comprendre le mot résilience un peu trop tôt, alors que l’élan de l’ado est d’abord une intuition, un réflexe de vivre et jouer, avec les ami.e.s, tout simplement.

Sur les traces de Postillon, des petits bouts de fils nous ont permis de broder une continuité entre le passé, le présent et l’avenir; mais surtout, de créer du tissage de liens entre des générations. Pour chaque personne rencontrée sur le sentier de Charles Côté le postier, un cri du cœur; cette intention de conserver l’échange, le partage, la communication avec l’autre…

Le loup utilise différentes techniques de chasse. Bien souvent, guidé par le corbeau qui repère la proie, il va pouvoir s’organiser pour piéger un chevreuil égaré. Quand la défunte bête aura servi de repas aux membres du clan, le charognard futé, à son tour, pourra nettoyer la carcasse et se régaler des restants.  

Toutes ces personnes rencontrées durant notre périple sont un peu comme ces oiseaux qui rapportent, qui voient d’en haut, qui pointent vers la direction. Et nous, marcheurs de grandes distances comme les loups, nous poursuivons un objectif, celui d’anéantir la sédentarité, le désespoir, la détresse, la lourdeur, le mal et l’anxiété qui guettent les futures générations. Sans ces adolescents qui tracent nos sentiers, sans ces adultes qui nous transmettent leurs observations, sans ces gens impliqués et inspirés qui balisent notre parcours en tissant un filon de bienveillance, nous marchons dans le noir. Par contre, grâce à ce partenariat redevenu vivant, le mouvement vers une santé pour tous et toutes appartient de plus en plus à une collectivité qui fait équipe, afin d’éclairer les pages d’un nouveau chapitre.

Merci à tous les citoyennes et citoyens qui ont osé être présent.e.s lors des consultations. Et surtout, merci à tous les jeunes qui ont participé ou pris parole dans le cadre de la Grande Marche!