La psychologie positive

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Crédits photos : Cécile Hauchecorne

Le confinement! Un miroir avec soi, l’occasion de repenser le modèle économique établi, les enjeux environnementaux et notre attitude face à l’adversité.

Le fait d’appliquer les concepts de la psychologie positive dans notre quotidien peut nous aider à mieux vivre cette période incertaine. Cette branche de la psychologie développe « une conception globale de l’Être Humain »[1], elle recherche ce qui contribue à l’épanouissement des personnes. 

Barbara Frederickson démontre « que les émotions positives favorisent la mobilisation des ressources personnelles, la planification des objectifs et l’investissement d’énergie, et elles encouragent la flexibilité d’esprit et la créativité ainsi que les comportements pro-sociaux et d’aide ».

L’auteure a élaboré sa théorie Élargissement-Construction, qui permet une adaptation efficace à un problème, en augmentant le répertoire cognitif et comportemental. Il n’est pas question ici de nier les aspects perturbants ou de voir à travers des lunettes roses, mais de comprendre les facteurs-clés qui nous aident à vivre les épreuves avec résilience.

Les chercheurs s’intéressent à la « construction du sens » comme essentielle au bien-être. Car c’est en donnant un sens aux évènements que les individus peuvent les intégrer dans leur vie. Il s’agit « d’un processus dynamique puisque l’être humain modifie le sens qu’il attribue aux évènements passés en fonction des expériences qu’il vit au fil du temps ».  La quête de sens fut soulignée la première fois par le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps nazis. Les mécanismes en œuvre sont de « donner un sens à la perte et identifier des bénéfices dans la gestion de la situation adverse ». Ces deux mécanismes sont séquentiels, car la recherche du sens permet de trouver des éléments positifs et des ressources pour y faire face, donc la résilience. « Une des caractéristiques de la résilience est la capacité à répondre avec flexibilité et de façon appropriée à des situations changeantes ».

D’autres recherches présentent un modèle des facteurs déterminants du bonheur et démontrent que la pratique d’activités intentionnelles, empreintes de sens, apporte des changements au niveau du bien-être. Voici quelques-unes de ces activités : manifester de la gentillesse, exprimer de la gratitude, visualiser les meilleures versions possibles de soi, revivre des moments heureux. L’étude conclut que de revivre un évènement de vie positif, comme si on rembobinait une vidéo, augmente le bonheur.

Il est intéressant de savoir qu’un sentiment positif peut être activé automatiquementlors d’une situation stressante. En effet, on découvre que « des expériences sensorielles peuvent activer l’affect positif et diminuer le stress. Par exemple, la chaleur d’une tasse de thé peut apaiser un individu. Le sourire d’une personne favorise le rattachement social, l’odeur de l’océan rappelle un sentiment de joie ».

Le Compas Bien-être

Les quatre quadrants, Le sommeil de qualité, l’activité physique, les émotions positives et une alimentation saine sont interdépendants et créent une synergie pour changer des habitudes qui améliorent le bien-être. Ainsi, il ne repose pas sur un des éléments du quadrant ni uniquement sur la volonté, mais sur la combinaison d’un mode de vie intégré. Il existe une relation entre les substances chimiques dans notre corps et nos comportements. 

De la même façon qu’un amplificateur amplifie le son, la gratitude amplifie le bien-être, favorise un comportement pro-social et adaptif. Elle aide les personnes à tirer des conséquences positives d’une expérience difficile et permet plus de résilience. 

Voici quelques idées : tenir un journal de gratitude durant une épreuve, repenser à la semaine et écrire jusqu’à cinq événements qui génèrent de la gratitude (incluant les plaisirs simples), penser à une personne vivante envers qui vous sentez de la gratitude, rédiger une lettre pour remercier quelqu’un que vous n’aviez pas eu l’occasion de remercier correctement.

Le bonheur, c’est une question de perspective, de regard vers l’extérieur pour choisir ce qu’on laisse entrer à l’intérieur. Nous avons du pouvoir sur notre attitude, sur comment on réagit devant l’adversité. Ce n’est pas facile de changer des réactions apprises, mais en devenant plus conscient de ses sentiments, on peut les transformer et agir différemment. 

Je choisis délibérément le bonheur. Du moins, j’essaie !


[1] Martin-Krumm, C. & Tarquinio, C. (2015). Traité de psychologie positive. Bruxelles : De Boeck.