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L’acceptabilité sociale, un enjeu démocratique

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Des représentants de la société civile et d’institutions publiques en visite sur le site du méandre de la rivière Saint-Jean. Crédit photo : Le laboratoire d’expertise et de recherche en géographie appliquée.

En ces temps de perturbations économiques, sociales et numériques, l’environnement a moins la cote. Nos sociétés vivent de profondes remises en question existentielles, les changements du climat s’opèrent plus rapidement que les prévisions des experts, provoquent de l’éco-anxiété, et pas seulement chez les jeunes !

Malgré cette mise en contexte un peu pessimiste, l’espoir d’une transformation de nos sociétés est possible grâce à l’effet levier de la synergie entre l’action individuelle et la force collective. Le principe de l’effet papillon nous enseigne qu’un petit changement peut provoquer de grandes conséquences imprévisibles ailleurs. Il ouvre la voie au renouvellement de la société et à son amélioration.

Le méandre émissaire

La démarche d’acceptabilité de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean

Pour la municipalité, l’acceptabilité sociale représente une étape importante dans la décision d’une réouverture et de la restauration d’un méandre endigué lors du déluge de 1996.

Parrainée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), l’étude vise à compléter une analyse des coûts versus les bénéfices de la réouverture. Il s’agit également de sonder l’opinion publique et son niveau d’acceptation dans une démarche participative. Ce projet, en cours de réalisation, s’inscrit parmi les actions du plan d’adaptation local pour une résilience rehaussée de l’infrastructure municipale face aux changements climatiques.

La mise en place d’une démarche participative contribue à promouvoir une prise de décision se rapprochant des préoccupations des citoyens. L’exercice de consultation se veut un incontournable pour l’adhésion de la population à un projet. Son succès repose sur un dialogue constant entre les appréhensions et les contributions des groupes impactés sans pour autant négliger les bénéfices du projet pour la collectivité (sécurité, intégrité de l’infrastructure municipale).

Malgré les avantages que peut procurer le projet, d’un point de vue sécurité publique et environnementale, la décision de restaurer ce milieu naturel peut engendrer des répercussions sur les habitudes de vie des gens qui le côtoient. En situation d’incompatibilité entre les objectifs du projet et les contraintes soulevées par les individus, un dialogue s’avère nécessaire pour désamorcer ou, au mieux, gérer les conflits d’usage.

Ce processus participatif n’est pas mis en place exclusivement pour parvenir à un consensus à tout prix, mais permet aux individus et groupes d’exprimer leurs préoccupations et leurs attentes. Les résultats de ces consultations sont incontournables pour les décideurs : elles s’avèrent être un bon indicateur pour cerner l’intérêt des groupes d’intérêt en plus de favoriser une meilleure prise de décisions au bénéfice de l’ensemble de la collectivité.

Depuis le début des consultations, certaines craintes ont émané des citoyens impactés, dont celle de l’imprévisibilité de la dynamique d’écoulement des eaux de la rivière St-Jean, dont plusieurs se rappellent du déluge de 1996. D’autres craignent les débordements des inondations de glaces lors des crues printanières.

Les conclusions de cette consultation seront connues en décembre 2026. C’est après cette date que la municipalité de L’Anse-Saint-Jean décidera si le projet de reconnexion du méandre de la rivière Saint-Jean-Saguenay se poursuivra.