L’Anse-Saint-Jean – un fort capital social

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Bernard Larouche, nouveau directeur du développement à la municipalité de L'Anse-Saint-Jean.

Mon intégration comme Directeur au développement a été, certes, parsemée de multiples et agréables constats. L’environnement territorial jumelé aux fabuleux paysages dignes de cartes postales va de pair avec l’attachement, la qualité du tissu social et la participation citoyenne à la vie locale.

Au juste, c’est quoi du capital social? Ce sont les particularités qui assurent à un espace, l’existence d’un lien social fort; ce sont également les mesures démocratiques qui favorisent l’appartenance, l’insertion, la participation, la reconnaissance et le partage des valeurs; finalement le capital social, c’est l’interconnexion des individus dans un espace où règnent la confiance, la réciprocité et les réseaux qui contribuent à le créer.

Historiquement, la région du Saguenay a été marquée par la présence de grandes entreprises qui y ont imposé leurs règles du jeu – faisant en sorte que l’entreprenariat et la cohésion sociale ne soient certainement pas encouragés. Le développement du Saguenay–Lac-Saint-Jean a été, dès le départ, empreint de l’action de quelques quasi-monopoles. Les premiers colons qui débarquaient à L’Anse-Saint-Jean en 1838, étaient parrainés par la Société des vingt-et-un, une division de William Price, grand marchand de bois de Québec, qui s’assura ainsi le monopole de l’exploitation du bois dans la région.

De grandes entreprises ont suivi dans l’industrie des pâtes et papiers au début du XXe siècle et dans l’industrie de l’Aluminium dès 1920. Par exemple, l’arrondissement de la ville Saguenay Arvida, du nom du président de l’Aluminum Company of America, Arthur Vining Davis, a été bâti de toutes pièces par la compagnie. En conséquence, l’étendue et la force de la domination exercée par les grandes entreprises dans la région ont sérieusement limité les possibilités de développer un capital social régional. Les citoyens ont surtout appris à se solidariser pour revendiquer ou contester, mais peu pour œuvrer ensemble à la réalisation de projets communs. Historiquement la coopération y est donc demeurée d’abord et avant tout intrafamiliale.

L’ère récente de modernité permet, depuis quelques années, l’éclosion et le déploiement de rapports sociaux plus étendus permettant aux citoyens de développer leur capacité de coopérer et d’agir collectivement sur des projets structurants répondant à leurs aspirations et leurs désirs de créer collectivement un milieu de vie.

Considérant l’importance de la participation citoyenne dans les décisions concernant le développement local et territorial, le capital social est omniprésent dans le développement économique de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean. La gouvernance locale perpétue et valorise son offre touristique par l’entremise de nombreux projets d’investissement et ce, depuis plusieurs années. Ces initiatives présentes et passées ont été mises en place pour dynamiser, promouvoir et revitaliser le tourisme nature, sportif et d’aventure sur le territoire.

L’interaction et l’implication citoyenne dans le cadre du forum Ensemble pour l’avenir de L’Anse et les nombreuses assises porteuses d’avenir comme le camping, le bureau d’information touristique, le quai d’accueil des croisiéristes, le presbytère, la bibliothèque, le centre communautaire La Petite École et la station récréotouristique du Mont-Édouard sont des preuves tangibles d’un développement local concerté qui mise sur l’approche du citoyen au cœur des préoccupations du milieu.

Les efforts démontrés par la municipalité de L’Anse-Saint-Jean ont notamment permis d’initier et de réaliser des projets structurants axés sur le développement touristique en partenariat avec le milieu ainsi que des services communautaires pour l’ensemble de la population. Certes, la fierté est omniprésente et vibre particulièrement lors des séjours des touristes ou des excursionnistes dans l’un des plus beaux villages du Québec.

Pour ma part, j’ose espérer, en collaboration avec les intervenants de première ligne ainsi que le conseil municipal, contribuer à faire rayonner et continuer à réaliser une démarche de développement local et économique répondant aux aspirations des citoyens de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean.

Je pense avoir été quelque peu tiré par les oreilles auprès de mes ancêtres puisque j’avais un choix prépondérant entre la municipalité de Matagami ou celle de L’Anse-Saint-Jean comme milieu de travail et de vie. Un retour à ses racines, c’est un état d’esprit qui s’enrichit à la fois de joies liées à l’enfance et d’une confiance acquise depuis l’âge adulte. Au final, je ressens une impression de sérénité absolue, la certitude d’être au bon endroit, d’avoir bouclé une étape pour mieux en démarrer une autre. Retourner au Royaume de son enfance permet donc à certains de trouver une forme d’équilibre. Si vous aussi en rêvez et que vous êtes sûr de faire ce choix pour de bonnes raisons, alors lancez-vous !

Dans cette lancée, je me joins donc à l’équipe en place de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean pour supporter et apporter une collaboration aux initiatives et aux projets locaux de la collectivité et contribuer à ce fort capital social.