Marcelle Côté et André Dallaire, une vie d’amour et de paix

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Marcelle Côté et André Dallaire se connaissent depuis leur plus tendre enfance.

André Dallaire est né un 5 mai 1942 dans la maison de ses parents sur la rue Dallaire. Son père Almène Dallaire travaillait dans le bois et sa mère Bernadette Houde s’occupait de la maison. Ils étaient tous les deux originaires de L’Anse-Saint-Jean. Pour l’époque c’était une petite famille puisqu’André avait seulement une sœur et trois frères. « Mon père travaillait sur les lots, et après ça il y avait le Syndicat. L’automne il bûchait sur les limites, en dehors de ses terres. Dans ce temps-là, c’était à la sciotte. Moi aussi j’ai connu ça. »

Une famille du Bas-Saguenay dans les années 1940
Almène et Bernadette avec leurs enfants Nicolas, Joseph-Aimé, André et Thérèse.

Sa mère Bernadette avait un beau grand jardin et la famille a eu jusqu’à 10 vaches à lait. « On devait se lever de bonne heure le matin, à 5 heures parce que le lait il fallait qu’il parte à la fromagerie au pont du milieu sur le rang St-Thomas. Y’avait un de nos oncles qui avait un tracteur et qui venait le ramasser tous les matins. » André partait ensuite pour l’école sur le chemin des Côteaux, en face de chez Horace Dallaire. « Quand y’avait une bordée de neige, un marchait une secousse en avant, pis on changeait … comme les oies. J’ai arrêté l’école à 15 ans. »

Marcelle Côté est originaire de Saint-Étienne à Petit-Saguenay. Ses parents, Philippe Côté et Maria Durand ont eu 7 enfants. Marcelle est née le 21 mars 1947 sur la ferme familiale. Elle était la dernière de la famille. Ses parents étaient des cultivateurs. Ils avaient une ferme avec des chevaux, des vaches, des cochons, des moutons et des poules.

Une famille de Petit-Saguenay dans les années 1950.
Philippe et Maria avec leurs enfants Raymond, Rosanne, Céline, Normande et au milieu tout devant la petite Marcelle.

« On descendait chercher les vaches par un petit chemin le soir pour les traire. On faisait ça tous les jours. Les prairies où les vaches restaient, c’était du côté de l’ancien village des Price, celui qui a brûlé en 1900 », se rappelle Marcelle. « On avait tout le temps de quoi s’occuper. Les fins de semaine, c’était cordé d’ouvrage, le bois de poêle, les patates, cercler le jardin. On avait les plus beaux jardins du Bas-Saguenay. »

Marcelle a dû arrêter l’école en 7e année pour prendre soin de sa mère qui était malade du cœur. « Y’avait deux écoles à Saint-Étienne, une à l’Anse au Cheval et une autre pas loin de chez nous. J’y suis allée jusqu’en 6e année et après ça on a déménagé au village de Petit-Saguenay. On restait en face de chez Nick Danis le poste d’essence ! On allait à la messe tous les matins, je revenais déjeuner pis je repartais à l’école à pied. ».

La rencontre dans la cour chez André

André parle de cette rencontre comme de son plus beau souvenir : « Avec Marcelle, on s’est rencontrés ici dans la cour. Elle avait juste 5 ans et moi 10. Son père à Marcelle, il était éleveur de chevaux. Dans ce temps-là, à la place des machines, c’était des chevaux. Quand on changeait de cheval, on redonnait l’ancien avec une trentaine de piastres et on en avait un nouveau. Pis là cette petite fille-là, elle débarque du pick-up. Après ça, moi je l’ai jamais guère oubliée ! On s’est revus elle avait 11 ans et moi 16 ans. On a été une secousse sans se revoir pis un de mes cousins a marié une de ses sœurs, quand Marcelle avait 14 ans, c’est là qu’on a commencé vraiment à se fréquenter. Ça fait ben des années ! »

Le 6 août 1966 Marcelle et André se mariaient dans la nouvelle église de Petit-Saguenay.

Marcelle avait 19 ans quand elle s’est mariée avec André dans la nouvelle église de Petit-Saguenay le 6 août 1966. L’année prochaine ils vont fêter leurs soixante années de mariage … et pas une chicane ! « Si c’était à refaire, je ferais encore le même cheminement », s’exclame Marcelle sans l’ombre d’un doute. « Une fois mariés, on est restés quatre ans vivre avec ses parents. On a eu notre premier enfant dans cette maison. »

Les Dallaire n’étaient pas riches, André emportait sa paye et la donnait à son père mais il y avait toujours une belle ambiance dans la maison. André se rappelle : « Dans ce temps-là ça prenait du temps pour ramasser quelques piastres, on a été chanceux de pouvoir rester chez mon père et ma mère. On habitait là avec deux de mes frères, Pierre-Eugène et Nicolas. »

Au bord du lac Dallaire où les amoureux se balladent souvent.

En 1969, André a bâti la maison où il reste encore avec sa femme. C’est son cousin Eugène Martel qui l’a aidé pour la construction et son père Almène a bûché le bois les samedis et dimanches. Le couple a eu 5 enfants mais en a perdu trois ! « C’est difficile perdre des enfants ! Mais maintenant on a cinq petits-enfants et cinq arrière-petits enfants. On est bien heureux ! »

Pour gagner sa vie, André a été bûcheron, puis contremaitre pour la Donahue. Sur ses lots, il faisait jusqu’à 100 cordes de bois de poêle par année ! « Moi je travaillais pas. André, il me disait reste avec les enfants, je suis capable de nous faire vivre ! On n’a jamais eu de misère, on n’avait pas beaucoup d’argent mais on était bien. Des fois les enfants ils s’ennuyaient de leur père alors je les conduisais jusqu’à Donahue, en haut de Périgny et on allait passer une demi-journée avec André. »

La nuit tombe et je dois rentrer chez nous, même si je pourrais encore et encore écouter les belles histoires de ce couple si inspirant et toujours heureux !