Petit-Saguenay met à profit son intelligence collective pour se positionner face au phénomène des « VanLifer ».

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Samedi 18 septembre, une vingtaine de citoyens de Petit-Saguenay se sont retrouvés à l’école Du Vallon pour échanger sur un sujet d’actualité : comment se positionner face au phénomène grandissant des « VanLifers », ces visiteurs nomades qui cherchent des stationnements de nuit, partout au Québec ? Tout le monde était bien content de profiter des locaux neufs et illuminés de l’école en cette belle matinée.

Cette consultation publique, organisée par la municipalité, était à l’initiative d’une citoyenne, Christine Tremblay, qui sillonne les routes du Québec au bord d’un van qu’elle a aménagé. Elle avait, pour l’occasion, amené son fidèle compagnon à quatre roues pour permettre à l’ensemble des participants de voir l’intérieur du décor !

Face aux débordements de l’année passée, causés notamment par l’engouement pour ce mode de tourisme suite aux confinements, de nombreuses municipalités et régions ont fermé leurs portes à l’ensemble de la communauté des adeptes de fourgonnettes autonomes. À l’inverse, d’autres régions ont décidé d’encadrer leur venue. Du côté des instances générales du tourisme de la MRC du Fjord, nous avons appris que c’est un sujet sur la table pour la prochaine saison.

Après une présentation de ce qu’est le “VanLifing” au travers du témoignage de Christine et du reportage 24h “La côte Nord choisit d’accueillir les VanLifers”, les participants ont eu l’occasion de poser des questions et d’échanger en grand groupe. Ensuite, ils se sont séparés en sous-groupes pour faciliter la prise de parole et réfléchir plus concrètement aux avantages/opportunités et inconvénients/risques d’accueillir ces visiteurs nomades. Enfin, un porte-parole par sous-groupe a partagé les réflexions à l’ensemble des participants.

Voici un court résumé des éléments importants ressortis durant la matinée. À l’évidence, que l’on soit pour ou contre, il devient impératif de se positionner sur le sujet, car c’est un phénomène porté à s’accentuer dans les années à venir.

Un des arguments importants aux yeux des citoyens de Petit-Saguenay était de conserver leur réputation de village accueillant et ouvert. De nombreux autres éléments de discussion font pencher la balance du côté de l’ouverture, et cela dans une perspective d’écotourisme. En effet, une bonne partie de la communauté des VanLifers est une clientèle qui est avant tout intéressée à vivre une expérience en nature (sportive, humaine et culturelle). Grâce à l’application Terego, la venue de cette nouvelle clientèle touristique permettrait une valorisation des produits de notre terroir et pourrait même servir de main-d’œuvre occasionnelle. En outre, le fait d’encadrer ce phénomène avec une communication claire permettrait de réduire les nuisances déjà présentes, qui pourraient s’accentuer dans les prochaines années. De plus, ce projet proposerait des services (blocs sanitaires, stationnements) qui serviraient aux visiteurs, mais aussi à l’ensemble de la communauté. C’est une occasion de se réapproprier l’espace public en redécouvrant des endroits spectaculaires de notre territoire.

La présence de Franck Turcotte, directeur du Village Vacances de Petit-Saguenay, a permis de rassurer le reste de ses concitoyens sur le fait que cette clientèle est de toute façon différente de la clientèle des campings traditionnels. Ce projet ne viendrait donc en aucun cas nuire à son activité touristique. Il faudra seulement faire attention que les aménagements réalisés soient complémentaires et non similaires aux aménagements plus traditionnels. Au contraire, la présence de cette nouvelle clientèle aura des retombées économiques potentielles notables dans les commerces locaux.

Les participants ont cependant partagé quelques craintes concernant cette ouverture. Notamment le surtourisme, et le risque de voir leur environnement (tranquillité, authenticité et biodiversité) être dénaturé. Bien sûr, dans toute cette clientèle, il n’y a que 20% qui ont tendance à ne pas respecter le code éthique des VanLifers et nuire à l’image de l’ensemble de la communauté. Une réglementation claire permettrait de diriger les flux et protéger les environnements naturels et fragiles. Peut-être même que ce genre de démarche pourrait participer à la sensibilisation de ces 20% au respect de l’environnement et des communautés accueillantes.

Finalement, l’ensemble des participants était partant pour poursuivre la réflexion sur la manière d’accueillir les « VanLifers » à Petit-Saguenay. À travers un sondage proposé à la fin de l’exercice, une personne s’est abstenue de se positionner. La municipalité va donc travailler sur des propositions (lieux, affichages, code éthique, etc.), tout en prenant en compte des risques et mises en garde des citoyens. Ceux-ci pourront être évalués par la population lors d’une deuxième séance au courant des prochains mois.