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Anse-St-Jean, Canada
vendredi 1 mars, 2024

Le comité des familles de Petit-Saguenay renait de ses cendres

Le premier comité famille de Petit-Saguenay avait travaillé à la création d’un service de garde à l’école du Vallon.

Plus de dix ans après la cessation de ses activités, le comité des familles de Petit-Saguenay reprend du service avec une toute nouvelle équipe ! Une quinzaine de femmes très motivées se sont ainsi jointes à l’aventure et se réunissent depuis l’automne pour mettre à jour la politique familiale de la municipalité et améliorer les services aux familles dans le milieu.

Dans sa mouture précédente, le comité avait concocté la toute première politique familiale de la municipalité, travaillé à la création d’un service de garde à l’école du Vallon et à l’ouverture d’une garderie en milieu familial à proximité, obtenu l’aménagement d’un nouveau terrain de jeu en arrière de l’école, géré le camp de jour et organisé diverses activités dont quelques Saint-Jean-Baptiste mémorables.

S’appuyant sur ces acquis, le nouveau comité discute présentement de plusieurs projets potentiels, dont l’aménagement d’un second parc pour enfants dans la municipalité et l’organisation d’activités plus fréquentes pour les adolescents. La joujouthèque sera pour sa part rendue plus accessible et la poursuite du service de transport pour la Maison des Jeunes est largement souhaitée.

Comme l’indique Lisa Houde, adjointe administrative et responsable de la vie communautaire à la municipalité de Petit-Saguenay : «Je l’ai expliqué au comité, ce qui est important c’est que les gens s’impliquent personnellement pour réaliser les projets. Les filles ont bien compris ça. Elles sont positives et ont de très bonnes idées. C’est beau de voir que la relève est au rendez-vous ! »

Lisa Houde précise que le comité est ouvert à tous les parents, hommes ou femmes, peu importe l’âge de leurs enfants : « L’objectif c’est de s’organiser pour améliorer la qualité de vie des familles. Après, on veut aussi organiser des activités pour les jeunes de tous les âges. »

Se réapproprier sa santé collectivement

Crédit photo : Maëlys Mahlière.

Devant le nombre incroyable de propositions d’accompagnements naturels offert au Bas-Saguenay, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur le sujet.

L’offre est grande et il peut être parfois difficile de s’y retrouver. Il y a les approches modernes relevant des évidences scientifiques, d’autres appelées alternatives ou médecines naturelles, et certaines relevant même de la croyance populaire ou du folklore. Toutes ayant pour but d’accompagner l’être humain dans sa quête d’une bonne santé. La gamme des soins ou de services offerts est très variée : physiothérapie, ostéopathie, acupuncture, massothérapie, naturopathie, herboristerie, reïki. Cette liste est bien sûr loin d’être exhaustive.

Il y a aussi ce lien étroit qui nous unit avec la nature. On en prend encore plus conscience aujourd’hui avec le rythme effréné de nos vies modernes. Nous avons la chance d’habiter la forêt boréale, cette forêt nourricière et guérisseuse qui a ouvert la porte à la pharmacothérapie d’aujourd’hui.

Outre la génétique et les aléas de la vie, nous avons tout autant une part de responsabilité. Cette conscientisation est un maillon important de notre santé individuelle et sociale. Chose certaine, la prévention demeure un pilier dans l’éducation à la santé.

Les saines habitudes de vie y occupent une place primordiale. Elles s’apprennent d’abord à la maison. Elles relèvent au départ des compétences parentales qui sont transmises par les valeurs familiales, en offrant aussi des possibilités de développement. Elles se concrétisent par des gestes simples comme aller jouer dehors avec son enfant, profiter ou reprendre contact avec la nature

Une bonne alimentation, bien dormir, faire de l’exercice, s’offrir du temps de qualité, resteront toujours la base d’une bonne santé physique et mentale. De par notre environnement, il faut savoir cueillir les opportunités. Notre proximité avec la forêt, nos montagnes, nos lacs, nos jardins fabuleux, permet la possibilité d’activités et les bienfaits s’y rapportant sont bien présents.

Se soigner collectivement ouvre aussi la porte à l’écoute, l’entraide et au partage. L’aide à l’allaitement, l’accompagnement au deuil ou lors de moments difficiles, pour ne citer que ceux-là, jouent un rôle de bienveillance et de support dans la santé collective. D’une certaine façon, le journal que vous tenez dans vos mains, qui s’évertue à diffuser des nouvelles positives, à mettre en valeur les gens d’ici, participe également à notre santé collective.

Plusieurs approches sont d’une aide précieuse et peuvent agir en complémentarité avec la médecine moderne. À travers cette diversité de soins, à chacun de faire son choix, de façon éclairée.

Découvrons ensemble la diversité des offres dans le Bas-Saguenay.

Bonne lecture.

Une communauté tissée serrée

Vue de la Haute-Ville de Québec au Site de la Nouvelle-France. À droite, le bâtiment des Ursulines.

La bienveillance bel et bien présente dans la Nouvelle-France du XVIIe siècle

La vie quotidienne dans la Nouvelle-France du XVIIe siècle est très souvent décrite dans notre histoire comme une vie difficile voire pénible, une vie dans laquelle les colons triment durs et où les maladies sont omniprésentes. Mais détrompez-vous, la bienveillance existe bel et bien dans la colonie et celle-ci sera parfaitement illustrée par des personnages au Site de la Nouvelle-France l’été prochain.

Effectivement, la vie des colons au XVIIe siècle est faite de très longues journées de labeur, du lever au coucher du soleil, et l’adaptation à ce nouveau pays entraîne son lot de maladies et d’épreuves auxquelles ils doivent faire face quotidiennement.

Mais le fait d’être peu nombreux (lire ici peu de personnes sur un vaste territoire comparativement en France où la population s’entasse sur des terres de plus en plus petites) apporte une valeur humaine bien présente dans la communauté, la bienveillance des uns envers les autres si l’on regarde la communauté dans son ensemble.

Un regard bienveillant

Les femmes et les enfants sont bien présents en colonie et leur bien-être est au cœur de la mission de nombreux habitants.

En 1639, arrive à Québec Marie Guyart que l’on connaîtra mieux sous le nom de Marie de l’Incarnation. Cette Ursuline, accompagnée d’autres Ursulines, fait bâtir dès son arrivée un monastère temporaire (le permanent sera complété en 1642) et fonde la première École des Ursulines qui accueillera les jeunes filles de plus de 14 ans qui désirent s’instruire, les filles plus démunies et plus tard les Filles du Roi arrivant en colonie.

« Les Ursulines enseignent la lecture, l’écriture, l’arithmétique et la musique en plus du travail domestique qui inclut des tâches comme la couture et la broderie. Selon l’historien réputé Marcel Trudel, plus de 70 filles autochtones et 514 filles canadiennes-françaises sont formées entre 1639 et 1686 » nous apprend l’Encyclopédie Canadienne.

L’Ursuline que vous rencontrerez cet été au Site de la Nouvelle-France saura vous partager toute l’importance que la congrégation a eue sur l’éducation de nos ancêtres maternelles au fil des derniers siècles.

À partir de 1639, on fonde deux hôpitaux généraux : les Hospitalières administrent celui de Québec et les Frères Charon s’occuperont de celui de Montréal après la fondation de la ville en 1642.

La présence de ces hôpitaux généraux pendant le Régime français vise « à résoudre le problème de la mendicité et de la marginalité. Ils accueillent donc principalement les vieillards délaissés, les pauvres et les vagabonds, et les handicapés » notent les historiens de la colonie. Une bienveillance naturelle dans une colonie tissée serrée.

Un lieu d’échange et de plaisir

: Un petit détour par l’Auberge de Jacques Boisdon vous fera certainement sourire.

Dans un tout autre ordre d’idée, s’il y a un lieu où tous et chacun se rassemblent pour jaser, c’est bien l’Auberge de la colonie. Jacques Boisdon est le premier aubergiste en Nouvelle-France. C’est la place idéale pour prendre des nouvelles des habitants de la colonie !

« Le 19 septembre 1648, il reçoit de la Communauté des Habitants le privilège exclusif d’ouvrir un commerce de pâtisserie et d’hôtellerie à Québec. Sa boutique, située sur la place publique près de l’église de Québec, a le devoir d’accommoder les personnes qui veulent se loger contre paiement. Le dictionnaire de Furetière, en 1690, définit l’hôtelier comme une personne qui « tient une maison garnie de meubles & de vivres, une auberge, un cabaret pour loger et nourrir les voyageurs, ou ceux qui n’ont point de ménage établi ». Les auberges ont donc une triple fonction : ils sont lieux d’accueil, d’échange et de distraction » (Musée virtuel de la Nouvelle-France)

Que diriez-vous de rencontrer Jacques Boisdon en personne pour lui demander les nouvelles les plus récentes en colonie de Québec… Vous pourrez le faire dès cet été au Site de la Nouvelle-France. Tout en visitant l’Auberge de Jacques Boisdon, venez rencontrer le sympathique et très accueillant aubergiste.

Et bien plus !

Ce ne sont là que deux exemples de personnages colorés parmi tant d’autres que vous pourrez rencontrer l’été prochain lors de la grande réouverture du Site de la Nouvelle-France. Des personnages parfois plus avenants comme l’aubergiste ou la femme de l’habitant, ou parfois plus sérieux comme l’ursuline ou le soldat.

Des personnages qui ont cependant tous et toutes un point commun : faire que la bienveillance des uns envers les autres soit belle et bien présente dans cette belle colonie de Québec.

Sculpture : Neige et glace – Art éphémère et précaire

FJCOWRD, la vachoune de mer, un monstre marin laiteux est une vache algivore unique des abysses du Fjord du Saguenay. Sa crème fraîche salée est l’ingrédient secret pour fabriquer le meilleur fromage poétique au goût d’aurore boréale en Amérique du Nord (Texte de Fanny-Fay Tremblay-Girard)

Qui n’a pas construit des forts de neige ou creusé des tunnels durant son enfance ? Lorsque je sculpte la neige, c’est souvent ces souvenirs qui me reviennent. J’adore la neige, le froid et la lumière hivernale. Nous sommes nés dans la bonne région pour en profiter à fond et se compter chanceux d’avoir encore un hiver. Voici l’histoire d’un groupe d’amies jouant dans la neige pendant des heures interminables.

FJCOWRD, la vachoune de mer, un monstre marin laiteux.

La neige et la glace sont plus qu’un matériel de création. C’est un élément, de l’eau qui tombe sous forme de précipitations et dont l’état change selon la température. C’est fascinant et magnifique.

Mon nom est Joëlle, de Ferland-et-Boilleau et je sculpte la neige depuis une quinzaine d’années, à intervalle plus ou moins régulier et plus intensément depuis les 5 dernières années. Je sculpte avec tout un groupe d’artistes provenant de partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces sculpteurs et sculpteures se sont démarqués au fil des ans à travers la province (l’hôtel de glace de Québec et le carnaval de Québec, entre autres.) et un peu partout dans le monde.

Joëlle Gagnon, Marie-Claude Paris-Tanguay et Fanny-Fay Tremblay-Girard.

Je reviens tout juste de Stillwater au Minnesota. Un endroit magnifique aux mille lacs et rivières où se tenait le World Snow Sculpting Championship. J’y étais avec deux partenaires artistes sculpteures de talent, Fanny-Fay Tremblay-Girard (originaire de Ferland-et-Boilleau et résidente de Sainte-Rose-du-Nord) et Marie-Claude Paris-Tanguay (originaire de Roberval et également résidente de Sainte-Rose-du-Nord)

Une aventure épique ! Nous sommes premièrement arrivées à destination avec 24 heures de retard, sans outils et sans vêtements d’hiver ! Grâce à la générosité des autres sculpteurs et des gens de l’organisation, on a tout de même pu commencer la compétition en même temps que les autres équipes venues de partout dans le monde.

Notre équipe, Les FjordWitches (les sorcières du fjord), a sculpté aux côtés des Atlanteens de France, de Teamuk du Royaume-Unis/pays de Galles et pays de l’ouest, de Mexicaine de Neige du Mexique, de Famille de l’Équateur, d’Izmit de la Turquie, de House of Thune du Minnesota, Colima du Mexique, Flozen de la Floride, de Dakota du Dakota du Nord, de Funland de la Finlande et de Taniwah des Territoires-du-Nord-Ouest.

La compétition se déroulait du mercredi au dimanche et les gagnants étaient déterminés par les autres artistes sculpteurs. Quelle surprise nous avons eu et quelle reconnaissance de nos pairs lors de la remise des prix ! Nous avons remporté la première place avec FJCOWRD : La Vachoune de mer, un monstre marin. En plus de la fierté de remporter un championnat du monde, il faut savoir que notre équipe était entièrement féminine ! Peut-être même une première pour une première place dans un championnat du monde, qui sait ?

L’équipe du Dakota du Nord a remporté la 3e place alors que l’équipe de la Turquie était en 2e position. Enfin l’équipe Colima du Mexique est repartie avec le prix du public. Toutes des équipes avec beaucoup de talent. La compétition était forte et les projets de qualité. Nous sommes fières d’avoir représenté nos villages, notre région et le Québec. Nous sommes aussi fières d’avoir représenté les autres femmes sculpteures d’ici !

J’aimerais en profiter pour souligner la pouponnière artistique de sculpteurs sur neige qu’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean et particulièrement Saguenay en neige, anciennement Jonquière en neige. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais vu un événement d’une telle ampleur au niveau du nombre de sculptures réalisées au même endroit (des centaines…) par des professionnels, des amateurs avec du talent à revendre, des étudiants en arts du Cégep des élèves du secondaire et même des gens avec des « limitations » physiques. Une grande partie des sculpteurs d’ici qui maintenant rayonnent sont passés par Saguenay en neige.

Mes séjours à l’étranger m’ont démontré que le Québec, ainsi que la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, possède une grande expertise avec la neige et la glace et un grand nombre de sculpteurs de talents. On a grandi dedans, la neige pour nous c’est une deuxième nature ! Notre force, notre endurance au froid et notre créativité se démarquent. Soyons fières !

Métissé les liens : Une femme aînée tisse ici une paire de raquette de babiche, transmission d’un savoir ancien provenant du vieux et doux caribou.

Je tiens aussi à mentionner que lors du concours de sculptures sur neige de Saguenay en neige la fin de semaine du 1, 2 et 3 février, une autre équipe avec laquelle je travaille, Éric Tremblay de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean et Thomas Meloche originaire de Saint-Félicien et résident à Sainte-Rose-du-Nord, a remporté la troisième place et le prix du public avec l’œuvre Métissé les liens.

Les cuisines se métissent, les langues, les pratiques artistiques, les imaginaires, les cultures. Les sociétés naissent et vivent de rencontres et d’échanges. Le métissage porte d’autres façons d’être et d’apprendre le monde.

Merci pour la transmission, le savoir ancestral qui a permis d’apprivoiser ce territoire sacré.

Je vous invite à suivre ces artistes dans leur créations hivernales de neige et de glace. Pour ma part, je partirai bientôt pour Yellowknife, dans les Territoires-du-Nord-Ouest afin de travailler à la création du château de neige du SnowKing festival et de participer au concours de sculpture.

On se revoit au printemps !

Florian Gaudreault, la résilience comme ligne de vie

Aujourd’hui je rencontre Sylvie Gaudreault dans la maison familiale de leur grand-père François pour qu’elle me parle de son frère Florian, décédé en décembre dernier. Florian Gaudreault est né le 2 juin 1952. C’était l’aîné d’une famille de 5 enfants dont les parents, Rémi Gaudreault et Pâquerette Côté, ont toujours vécu sur le chemin Saint-Louis à Petit-Saguenay. Comme beaucoup à cette époque, Florian a quitté l’école à l’âge de 16 ans pour aller travailler dans le bois pour la Compagnie Price avec son père. Ils partaient toute la semaine. Les chantiers commençaient au printemps et s’arrêtaient souvent juste après les fêtes.

Antonin et son frère Florian.

En septembre 1973, un terrible accident changera à jamais la vie de toute la famille. Un arbre tombe sur Florian qui venait tout juste d’avoir 21 ans. Il passera le reste de sa vie en chaise roulante.

Florian de dos sur un chantier de la compagnie Price

Loin de se décourager, Florian s’est très vite engagé dans la communauté. Tout d’abord sur un Conseil de surveillance et déontologie à la Caisse Populaire pendant plusieurs années, puis aux Chevaliers de Colomb avant de s’impliquer dans un comité pour la mise en place du Transport Adapté. Sylvie se souvient : « On se débrouillait avec nos petites fourgonnettes mais ce n’était pas l’idéal. Au début, mon père avait fabriqué un gros panneau pour pouvoir entrer le fauteuil roulant. Il y a eu ensuite deux rampes moins lourdes et à la fin, un système qui permettait de baisser le plancher. Le Transport Adapté a débuté le 17 janvier 2000, et mon frère a participé activement durant cinq années à la création de ce service. Par la suite, tout au long de sa vie, quand cela lui était possible, il était le représentant des usagers aux rencontres du Conseil d’Administration. Florian de son côté se servait essentiellement du Transport Adapté pour ses sorties locales. »

À travers les années, il a donc fait partie de différents comités et c’est toujours avec une grande rigueur qu’il s’acquittait de ses tâches. Peu de temps après son accident, un médecin lui avait suggéré la lecture comme passe-temps, notamment le livre La vie de Martin Gray. Des livres et des revues qui lui ouvraient de nouveaux horizons et lui permettaient de discuter avec tous les gens qu’il rencontrait. « Son ouverture envers les autres agissait comme un aimant, se souvient Sylvie avec une touche d’émotion dans la voix. Si jamais on le perdait de vue, il suffisait de regarder autour et de chercher un regroupement de personnes, c’est certain qu’on allait le retrouver là ! »

Il y aurait tant à dire sur ce personnage au courage et d’une curiosité toujours en action, et celui qui aimait tant lire était très fier de s’être fait « patenter » par son jeune frère un gadget qui lui permettait de signer et même d’écrire des cartes de vœux.

C’était bien sûr avant l’arrivée des ordinateurs !

Dans l’autobus du Transport Adapté avec Annie Simard.

Le Transport Adapté

Le Transport Adapté dessert les villages du Bas-Saguenay, en priorité pour les personnes à mobilité réduite, mais s’il reste de la place, il peut devenir un transport collectif offert à tous depuis 2006. « Si je n’ai pas quelqu’un à mobilité réduite à transporter, je ne suis pas dans l’obligation d’offrir le service, mais c’est très rare. On fait le trajet jusqu’à Ville de La Baie 4 fois par semaine, c’est juste le mercredi qu’on n’y va pas. Le départ se fait le matin de Petit-Saguenay, et le mieux pour avoir des informations, c’est d’appeler au 418 272-1397 », me confirme la directrice de ce service. « J’ai également un permis de transport nolisé, ce qui nous permet d’emmener des jeunes de la Maison des Jeunes à leurs activités en soirée. »

Mon fort de rêve !

Pendant le mois de janvier, les élèves de 3e année de l’école Fréchette ont eu la chance de réaliser une écriture sur le thème de : Mon fort de rêve. Avant, ils ont pu regarder le film « La guerre des tuques » de 1984 pour se donner des idées. Ils ont ensuite dessiné un plan de leur fort et finalement, ils ont eu à le décrire. Voici deux textes d’élèves.

Mon fort se situe dans ma cour. Je construirai les murs avec mes mains et je les lisserai.

J’entrerai et je sortirai avec les escalades. Mon fort aura 9 mètres de hauteur et 9 mètres de largeur. Je n’ai pas de fenêtre. J’aurai un tunnel glissade en colimaçon. J’aurai, dans la tour de gauche, des marches qui mènent à une trappe d’observation. J’aurai un drapeau rouge et bleu. Mon fort aura une forme carrée. Deux tours occuperont les devants avec, au sommet, deux pignons en bois rouge. Sur les pignons, il y aura deux balles lumineuses jaune, beige et orange.

Pour mes améliorations, j’aimerais ajouter un labyrinthe devant ma porte. J’ai aussi un canon à neige. J’adore mon fort. J’ai hâte de m’amuser à le construire!

Félix Savard, 3e année

Mon fort se situe chez moi, dans une butte de neige. Pour construire mon fort, j’aurai besoin d’un canif, d’une pelle, d’un gratte glace, d’une visseuse et de plusieurs vis.

L’entrée et la sortie c’est le pont secret. À l’intérieur, il va y avoir une armoire de survie, un frigo naturel, des chauffe-pieds, une table, une bouteille d’eau et un endroit où dormir. Les murs feront deux mètres de hauteur et 1,5 de large. Le passage secret est en-dessous du long pont secret. Dans mon fort, il va y avoir deux petites fenêtres. Les décorations sont de petits drapeaux rouge vif clair et bas. Ils sont accrochés à un bâton.

Mon grand moyen de défense ce sont des balles de neige blanche. Mon amélioration est d’utiliser de grosses planches de bois fin.

Nathan Thibeault, 3e année

Des nouvelles de Fréchette

Le 30 janvier dernier, les élèves du 2e cycle de l’école Fréchette et des autres écoles du Bas-Saguenay se sont rassemblés pour participer à diverses activités organisées par l’Agir, la municipalité et l’école de St-Félix d’Otis. Lors de cette journée, ils ont pu rencontrer une artiste, Élisabeth Gravel. Ils ont aussi participé à un atelier avec l’auteur Kévin Girard. Deux autres ateliers étaient organisés à l’extérieur. Les élèves ont pu faire du Yoga dans la Yourte de St-Félix avec Mme Jessica Lecompte et expérimenter les Skis Oaks. Tous ont adoré leur journée et ont eu beaucoup de plaisir!

Classe 3e année, Fréchette 

Nature et écriture – Les 5 sens

Voici l’activité que nous avons faite en cinquième année et en sixième année. Durant cette activité, notre classe est allée dehors dans le but d’écrire un texte lié à nos observations mettant en éveil tous nos sens. Pour ce faire, nous avons utilisé un tapis isolant et un porte-document rouge, isolant et imperméable. Nous avons commencé l’écriture dans la piste cyclable. Tous nos sens étaient présents.

Blanche et Maéva, 5e année

 

Les effets de la nature sur le mental

Ici, à L’Anse-Saint-Jean, nous avons plein de ressources pour bouger à l’extérieur. Nous en avons plusieurs, mais cela serait trop long de toutes les nommer. Je peux quand même vous en nommer quelques-unes comme le ski, le ski de fond, la raquette, le patin et plus encore! Tout ce que je viens de nommer sont des sports d’hiver, toutefois nous avons aussi plusieurs activités sportives en été. Cette année, j’ai vécu beaucoup de stress et quand j’ai recommencé à faire du ski, tout ce stress a diminué et m’a fait beaucoup de bien. Ce que je veux dire, c’est que la nature fait beaucoup de bien au mental! Quand on est dans la nature, tout ce qu’on a dans la tête disparaît. Lorsqu’on vit des choses difficiles, la nature peut nous sauver. Bref, le sport est important pour être bien!

Raphaëlle, 6e année

La vie de Salmo 

 

Il y a quelques jours, une incroyable livraison a été apportée à l’école Fréchette. Ce colis était en fait des œufs de saumon placés dans un bocal. Avant de mettre les nouveaux habitants dans l’aquarium, nous avons fait flotter le bocal afin qu’ils puissent s’acclimater à la température de celui-ci. Ainsi, ils n’ont pas subi de choc thermique. Ces petits saumons ou alevins vésiculés ne sont pas ici que pour faire joli. Ils y sont aussi pour nous apprendre leur vie, leur évolution, ce qu’ils consomment ou bien à quel degré doit être l’eau pour leur survie. Nous les garderons jusqu’au stade d’alevin dont la mesure est de 63 cm et moins. Après cette étape de leur vie presque achevée, les petits alevins seront relâchés dans la rivière Saint-Jean par les élèves pour qu’ils deviennent des tacons, puis des saumoneaux, etc.

Estelle Boudreault, 6e année

 

Les plaisirs de l’activité physique avec M. Yan

Monsieur Yan est notre enseignant d’éducation physique. Il est joyeux, aimable, actif et drôle. Il prépare souvent des parcours et nous emmène dehors jusqu’au sommet des montagnes. Quand la pente est abrupte, il nous encourage à continuer de grimper. Nous aimons faire des randonnées en raquettes et nous nous sentons en sécurité avec lui. Il fait souvent des blagues ou des défis originaux. L’autre jour, il nous a demandé de le recouvrir de neige poudreuse. C’était très drôle! Chaque cours avec lui nous procure beaucoup de joie. Ce texte, nous l’avons écrit à son image et en plein air, naturellement!

Les élèves de 2e cycle

 

La visite d’un auteur

Le 18 janvier dernier, l’auteur Keven Girard est venu visiter l’école Du Vallon afin de discuter des processus d’écriture ainsi que de la démarche de création avec les élèves du 1er au 3e cycle. Cet écrivain a publié une quinzaine d’ouvrages pour enfants et adolescents, dont des livres illustrés, des romans d’épouvante et des romans de science-fiction. Ce fût une expérience enrichissante et très appréciée par les élèves.

L’activité en réseau avec le 2e cycle

Les élèves du 2e cycle ont vécu une activité rassembleuse avec d’autres écoles du Bas-Saguenay. Celle-ci était divisée en quatre plateaux. Pour débuter, un atelier d’écriture était vécu avec l’auteur Keven Girard et un second en art (la technique de collage) avec Élisabeth Gravel. Le plein air était également mis de l’avant avec une séance de yoga dans la yourte ainsi qu’une promenade en ski dans les sentiers à proximité. Ce fut une expérience enrichissante et formatrice pour l’ensemble des élèves.

Le mentorat avec l’ensemble de l’école

Comme toujours, le mentorat est au cœur des pratiques pédagogiques de l’école Du Vallon.  Le volet lecture et écriture permettent de consolider plusieurs apprentissages travaillés en classe. C’est une pratique gagnante qui permet d’apprendre autrement.

Le plein air au Bas-Saguenay

Le 30 janvier dernier, les élèves du 2e cycle de 4 écoles du Bas Saguenay, Saint-Félix, St-Gabriel, Fréchette et Du Vallon, ont eu la chance de vivre une journée sous le thème du plein air et de la création. L’école Saint-Félix était l’hôte pour cette première journée collective.

Ce fut l’occasion pour nos jeunes de faire de nouvelles rencontres et de tisser des liens. Au cours de la journée, tous les groupes ont eu la chance de vivre 4 ateliers. Un atelier de yoga à la yourte, animé par Jessica Beaulieu-Lecomte, qui a su s’adapter aux jeunes et les garder actifs.

Ensuite, un atelier d’initiation au ski raquette où les élèves, sous les judicieux conseils de M. Simon Villeneuve et M. Guillaume Houle, enseignants, ont pu expérimenter cette activité dans les sentiers derrière l’école, sous un soleil radieux. Un grand coup de cœur pour plusieurs! Puis, deux autres ateliers se déroulaient dans l’école. Un de création littéraire avec Kevin Girard, auteur jeunesse de la région. Nos jeunes se sont amusés à jouer avec les mots et les sons à la manière des auteurs. C’est sous le thème de l’hiver et de la tempête que plusieurs ont réussi à écrire de courtes compositions avec de belles sonorités. Enfin, Élisabeth Gravelle, artiste multidisciplinaire a permis à nos jeunes de laisser libre cours à leur créativité en leur suggérant comme atelier de créer leur carnet de notes, à leur image, par le collage.

La bonne humeur et la collaboration étaient au rendez-vous tant chez les jeunes que chez les adultes! Nous tenons à souligner la collaboration de plusieurs acteurs ayant contribué au succès de cette journée. Tout d’abord l’Agir, la municipalité de St-Félix et la MRC du Fjord pour son implication financière via le programme initiatives culturelles, l’implication de tous les enseignants stagiaires et TES et enfin nos bénévoles en citoyenneté responsable de la polyvalente des Grandes-Marées. En effet, trois étudiants sont venus nous prêter main forte en accompagnant les jeunes dans les diverses activités et en s’occupant de préparer un bon chocolat chaud à déguster dehors entre deux activités. Quel bonheur!

Une journée permettant les échanges et la collaboration au sein de nos écoles du Bas-Saguenay et de notre communauté. Assurément, il y aura une suite à cette première expérience!

Pascale Tremblay, enseignante école St-Félix 3-4e année

Commentaires des élèves

Ce qui m’a plu dans l’activité c’est le ski oak parce qu’on est en hors-piste. Mon accompagnatrice était ma professeure Mme Pascale. Les écoles qui sont venues faire l’activité sont Du Vallon, Saint-Félix, Saint-Gabriel et Fréchette.

Malik 4e année

L’activité que j’ai le plus aimée c’était le ski raquette parce que l’on était en hors-piste et on pouvait créer des pistes. Les accompagnateurs qui étaient avec nous dans cette activité étaient notre prof d’éducation physique, M. Guillaume et un autre prof M. Simon. Dans mon groupe il y avait deux amies de mon école, les autres étaient des élèves des autres écoles. J’aimerais qu’il y ait plus d’activités comme celles-ci!

Élisabeth 4e année

Des ateliers de cuisine à St-Gabriel

À l’école Saint-Gabriel, tous les jeunes ont la chance de suivre et surtout de participer à des ateliers culinaires accompagnés de notre technicienne en gestion alimentaire, Mme Josée Delisle.

Nous aimerions démontrer l’impact et l’intérêt que suscitent ces ateliers chez les élèves en faisant une mention spéciale à Émile St-Hilaire, élève de 6e année.

Il a fait le transfert de ses connaissances acquises de l’école à la maison en demandant à ses parents de lui acheter le matériel et les ingrédients nécessaires pour refaire l’atelier du 16 janvier dernier, la fabrication de pâtes fraîches.

Je vous laisse sur une photo d’Émile ainsi que sa grand-mère qui a pu goûter ses pâtes, elle était très fière de lui et toute l’équipe de l’école aussi.

Bravo Émile!

Soigner notre bien-être

Crédit photos : Cécile Hauchecorne

Il y a mille manières de comprendre l’expression  » se réapproprier notre santé ». Une des façons de la lire, c’est de se dire que depuis quelques siècles, nous avons collectivement transféré notre compétence à prendre soin de nous et à nous soigner à quelques personnes, qui détiennent les connaissances générales et techniques.

Nous nous sommes peu à peu départi-es des compétences pour lire nos corps, ou poser nos diagnostics, ce qui nous rend intimement dépendants des systèmes de santé publics et privés, qui peuvent être dispendieux pour certains ménages, qui peuvent être surchargés, ou qui peuvent être difficiles à rejoindre. De la même façon, les molécules que nous ingérons pour nous soigner proviennent d’usines pharmaceutiques et plus du jardin. Peu à peu, la médecine conventionnelle s’est imposée comme modèle dominant du soin. On a d’ailleurs l’habitude d’opposer « médecine conventionnelle » et « médecine traditionnelle », sans qu’il soit question ici d’établir la supériorité d’une technique par rapport à l’autre.

La médecine moderne a permis un allongement significatif de l’espérance de vie et le recul de nombreuses maladies mortelles, principalement en Occident. C’est la médecine à laquelle nous avons affaire en Amérique du Nord, et c’est également celle à qui on accorde du crédit. De l’autre côté de cette fausse frontière, nous avons les médecines dites « alternatives » (et elles sont « alternatives » parce qu’elle ne sont pas « conventionnelles« ), expression qui rassemble des pratiques aussi nombreuses que variées.

L’objectif ici n’est pas non plus de faire une revue des différentes pratiques de soin, alternatives et conventionnelles, ni d’en évaluer l’efficacité en fonction de la façon ou par qui elles sont réalisées. Plutôt de comprendre ce que les pratiques « alternatives » de soin peuvent apporter dans le processus de réappropriation collective de notre santé.

Pour Camille Teste, professeure de yoga en France, et autrice de l’essai Politiser le bien-être, il ne fait aucun doute que nous avons besoin de la présence de ces soins alternatifs dans nos vies, particulièrement dans le contexte actuel d’économie globalisée et de crise environnementale.

Nous l’entendons tous∙tes et presque chaque jour : la planète subit un système de production qui génère gaz à effet de serre et pollutions, qui détruit les habitats et les écosystèmes naturels, jusqu’à mettre en danger notre survie et celle du monde tel que nous le connaissons. Nous pouvons ainsi tous∙tes être sujets à l’éco-anxiété, cette angoisse paralysante qui survient quand nous prenons conscience de l’état du monde, de notre participation active à ce système et l’apparente impossibilité d’en sortir. Cette peur existentielle s’accompagne de tous les petits combats ordinaires de la vie : travailler, parfois loin, parfois dans des conditions difficiles ou stressantes, s’occuper de sa famille, de sa carrière, faire l’épicerie en pleine inflation, etc., et elle s’ajoute aux injonctions quotidiennes : sois créatif∙ve, garde la face, sois positif∙ve, sois en forme, sois tonique, musclé∙e, mince, cultivé∙e…

Face à cette surstimulation omniprésente, à cette accélération permanente de la société, nos corps sont fatigués et trop souvent oubliés. Le domaine du « bien-être »* apparaît ainsi comme un outil de lutte. Si nous sommes épuisé∙es, comment avoir le temps et l’énergie de nous interroger sur ce que nous voulons comme société, sur ce que nous voulons produire, et comment nous voulons le faire ? Ralentir, prendre le temps de sentir notre corps, de réapprendre à le lire, de comprendre ce qui nous fait du bien. Se reposer, respirer, se recentrer, pour retrouver notre pouvoir d’action et de l’énergie pour nos relations sociales.

Camille Teste relève aussi des éléments qui peuvent dévier les pratiques de bien-être de leur objectif. Cette mise en perspective, argumentée et sourcée, nous permet de considérer la mesure des enjeux liés à ce domaine, et nous permet de prendre de la distance vis-à-vis de nos propres pratiques et de nos croyances individuelles.

La médecine alternative, c’est un marché. Cela permet de comprendre pourquoi on peut sentir un « effet de mode », pourquoi, dans la plupart des cas, l’accès aux soins alternatifs coûte cher, ou encore pourquoi on peut redouter le charlatanisme. La santé physique, émotionnelle et mentale de la population rapporte, et beaucoup ! Le « bien-être » est le domaine avec la croissance économique la plus importante ces dernières années.

Si la médecine alternative est un marché, cela veut dire que l’on va chercher à nous faire consommer. Comme pour un paquet de gâteaux, le marketing travaille à savoir ce qui nous fera acheter des produits, des programmes ou des pratiques, censés nous apporter équilibre et bonheur. Or, si l’équilibre et le bonheur sont atteignables, nous devenons responsables de notre bonheur individuel, et donc de notre échec à l’être.

Et si nous sommes individuellement responsables, alors nous cherchons à en faire plus, rallongeant ainsi notre to-do-list quotidienne déjà saturée. Ces activités censées nous apporter équilibre et détente peuvent devenir des sources alimentant notre charge mentale.

S’il pouvait bénéficier à tout le monde d’intégrer au quotidien des disciplines relaxantes et du mouvement, les espaces de pratiques ne sont pas exempts de rapports de domination excluant les personnes défavorisées, non-blanches, non-valides, non-jeunes ou non-minces par exemple. Les personnes qui ne rentrent pas dans le moule sont écartées.

Pour Camille Teste, le travail pour une société plus égalitaire et la réappropriation de notre santé doit se faire avec tout le monde, à travers des pratiques qui émancipent, qui nous libèrent et qui nous relient, à nos communautés et à nos territoires. Politiser le bien-être, c’est redonner un nouveau souffle à ces pratiques alternatives, parce qu’elles nous font du bien, nous rendent autonomes et permettent de tisser de nouveaux liens.

 

* expression qui désigne, de la même manière que « médecine alternative », un ensemble de pratiques disparates, qui visent à nous procurer un équilibre mental, physique et émotionnel, en lien ou non avec une recherche spirituelle.

« Le « bien-être » : danger ou solution ? »  Entretien avec Camille Teste

 Politiser le bien-être (2023). Teste, Camille. Editions Binge Audio.

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