Rencontre du comité de pilotage à l’Auberge du Jardin.
Petit-Saguenay est reconnu pour son ingéniosité et la mobilisation de ses citoyens face aux réalités de la ruralité. Même si l’agriculture est une activité importante ici, il y a un défi : donner l’accès à des aliments sains, produits localement pour toute la population.
C’est en voyant les différents besoins dans la communauté – les défis vécus par les agriculteurs, les initiatives collectives (cuisines collectives, forêt nourricière), l’intérêt grandissant pour l’autonomie alimentaire et l’éducation autour de l’alimentation – que la municipalité a décidé de lancer un Plan de Développement d’une Communauté Nourricière (PDCN), grâce à la subvention du Fonds Fertile de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA).
L’objectif est de créer une stratégie alimentaire cohérente pour devenir plus autonome, résiliente et solidaire. En effet, la municipalité souhaiterait que toute sa population puisse manger sainement tout en valorisant les ressources locales du territoire.
Cette démarche est gérée par les Ateliers des Savoirs Partagés (ASP) et la municipalité de Petit-Saguenay, qui se veut participative et inclusive. Ils ont formé un comité de pilotage diversifié pour guider et suivre le projet : agriculteurs, représentants de l’épicerie, organismes locaux, municipalité et MAPAQ. Ensemble, ils représentent l’ensemble de la chaîne alimentaire, de la ferme à l’assiette, ainsi que différentes échelles territoriales : locale, supra-locale, régionale et provinciale.
Pour commencer, un portrait et un diagnostic de leur système alimentaire local ont été menés. La démarche est en ce moment à l’étape d’élaborer une vision collective. S’en suivra une priorisation qui permettra de définir sept actions concrètes à réaliser dans les trois prochaines années.
Pourquoi avoir choisi d’intégrer l’art et la nature dans le projet ?
« Quand j’ai élaboré la politique de développement durable et de participation citoyenne de Petit-Saguenay en 2021, on a utilisé l’art pour permettre aux gens de se l’approprier. C’est un bon médium pour les embarquer dans les consultations et faire parler leur créativité. C’est pourquoi on sollicite à nouveau l’art pour le PDCN », précise Juliette Charpentier, directrice du développement à Petit-Saguenay.
Gabrielle Desrosiers, stagiaire chercheuse en Intervention par la Nature et l’Aventure (INA) à l’UQAC, réalise son projet de recherche-action en lien direct avec le PDCN. Grâce à cette collaboration, elle explore comment la nature et la participation citoyenne peuvent contribuer à la transition alimentaire locale : « Je me sens chanceuse d’avoir la confiance des ASP et de la municipalité de Petit-Saguenay dans cette recherche-action. Ce projet me permet de partager mon lien fort avec la nature, d’agir pour la transition et de contribuer concrètement à ma communauté. »
Simon-Olivier Côté, Raphäel Champagne, Andréanne Ouellet et Louis Tremblay- Poirat, les 4 copropriétaires de Saguenay Aventures.
Cet été, une nouvelle page s’écrit sur les rives du fjord. Deux entreprises bien ancrées dans notre région — Saguenay Aventures et Fjord en Kayak — unissent leurs forces pour proposer une offre d’aventure plus forte, plus diversifiée… et toujours profondément enracinée dans notre territoire.
Un projet structurant pour les entreprises d’ici
« On croit fermement que l’aventure est un puissant moteur de cohésion et de mobilisation. C’est pourquoi nous développons des forfaits sur mesure pour les organisations locales — que ce soit pour de la consolidation d’équipe, des retraites de réflexion stratégique ou simplement pour offrir une expérience unique à leurs employés », explique Louis Tremblay-Poirat.
Guidés par des valeurs communes et un profond attachement au Bas-Saguenay, nous avons choisi de conjuguer nos expertises. De la croisière en zodiac à l’expédition en kayak de plusieurs jours, en passant par les aventures hivernales, notre mission est claire : inspirer tant les visiteurs que les gens d’ici à la découverte du territoire.
Une passion commune pour le fjord
Fjord en Kayak, entreprise familiale fondée à L’Anse-Saint-Jean il y a près de 30 ans, conserve sa personnalité et sa mission : proposer des expériences guidées immersives, sécuritaires et respectueuses de l’environnement. L’acquisition par Saguenay Aventures vient enrichir une offre déjà bien étoffée, incluant croisières d’observation en zodiac, activités hivernales ainsi que services de transport et de logistique.
De l’activité à la carte au séjour sur mesure, ensemble, les deux entreprises forment désormais une plateforme intégrée d’expériences guidées au cœur du Fjord du Saguenay.
Un appel aux entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean
Cette fusion est aussi une invitation à tous les citoyens, organismes et entreprises du Bas-Saguenay à rêver plus grand avec nous. Vous cherchez une expérience significative pour vos employés, votre comité de direction ou vos partenaires d’affaires?
Saguenay Aventures propose des solutions clés en main pour les groupes corporatifs, dans un cadre naturel exceptionnel. Une croisière au coucher du soleil, un défi d’équipe en kayak ou une expédition hivernale peuvent devenir de puissants leviers de mobilisation, de reconnaissance et de créativité.
✨ Venez nous rencontrer cet été — que ce soit pour vivre l’aventure ou simplement jaser de projets à bâtir ensemble.
Joseph-Emmanuel Robitaille au pied de la statue Notre-Dame du Saguenay après les réparations de 1913. Il est le fils du commis voyageur Charles-Napoléon Robitaille ayant commandé la sculpture à Louis Jobin. Société historique du Saguenay, P002, S07, SS1, P01186-4
Depuis l’automne dernier, la statue Notre-Dame-du-Saguenay et le terrain sur lequel elle se trouve appartiennent officiellement à la municipalité de Rivière-Éternité. Ce geste répond à un souhait partagé, tant par plusieurs citoyennes et citoyens que par le conseil municipal : prendre en main l’avenir de ce monument emblématique pour ne pas le voir dépérir avec le temps. L’acquisition permet aujourd’hui d’agir concrètement pour sa sauvegarde.
Des travaux de stabilisation sont prévus pour l’été 2025. L’intervention consiste à ouvrir l’arrière de la statue afin d’y installer une structure de soutien – un peu comme une colonne vertébrale – pour renforcer son intégrité. Techniquement, les travaux sont assez simples. Ce qui complique les choses, c’est le site lui-même : aucun accès routier, fort dénivelé, environnement naturel sensible au centre d’un parc national. Pour réaliser l’intervention, un campement doit être aménagé à proximité et tous les matériaux seront transportés par hélicoptère.
Cela dit, l’accès à la statue demeurera fermé au public encore cette année. Comme en 2024, le sentier restera accessible jusqu’au refuge, mais il ne sera pas possible de poursuivre jusqu’au monument lui-même.
Le principal facteur expliquant ce report est la période de nidification du faucon pèlerin, une espèce protégée qui niche dans le secteur jusqu’à la fin juillet. Aucun vol d’hélicoptère ne peut être autorisé durant cette période. À cela s’ajoutent deux éléments administratifs : les travaux doivent passer par un appel d’offres public sur la plateforme SEAO, et le contrat ne pourra être adjudiqué qu’en juillet, ce qui reporte inévitablement le début du chantier à août.
En parallèle, un comité de réflexion et de pérennisation est en train de se former. Il regroupera des spécialistes de la conservation, des partenaires locaux comme la SÉPAQ et la Société historique du Saguenay, et des représentants de la municipalité. L’objectif : réfléchir collectivement à l’avenir de la statue, au-delà des travaux de stabilisation immédiats.
C’est un dossier complexe, qui demande de la persévérance et beaucoup de coordination. Heureusement, la municipalité peut compter sur l’expertise de gens passionnés et profondément connaisseurs du patrimoine, tant au sein de l’équipe municipale que parmi les partenaires impliqués. Chaque étape franchie nous rapproche d’une solution durable pour assurer la pérennité de ce monument.
Le maire Rémi Gagné, M. Dufour, le préfet Gérald Savard et la jeune Héléna Gagné lors de l'inauguration du parc.
Il pleuvait. Il ventait. Il faisait froid. Et pourtant, plus de 70 personnes – enfants en manteaux de pluie, aînés courageux, parents emmitouflés – étaient réunies pour l’inauguration de l’aire de repos Sainte-Thérèse, ce dimanche 1er juin.
Je n’étais pas ici lors des inondations du 1er juillet 2023. Je n’étais ni en poste, ni dans la région à cette époque. Mais j’en ai senti toute la portée à travers les récits qu’on m’a confiés depuis mon arrivée. Deux maisons ont dû être déconstruites, dont celle de M. Yves Dufour, sur le terrain même où on s’est rassemblés.
Le 1er juillet 2024, j’étais là, parmi la foule de plus de 120 personnes venues se souvenir ensemble. J’ai été marquée de voir autant de gens rassemblés, unis par la mémoire et la solidarité. En arrière-plan, le site abandonné du 1 rue Sainte-Thérèse attirait mon regard, comme une cicatrice encore vive, témoin d’un passé douloureux.
Et voilà que 11 mois plus tard, on a pu souligner ensemble un nouveau chapitre pour ce terrain. Voir M. Dufour, le maire Rémi Gagné, le préfet Gérald Savard, et la pétillante Héléna Gagné, toute excitée de l’occasion, couper le ruban ensemble… c’était un moment dont je me souviendrai longtemps.
Je suis profondément fière de ce projet. Parce qu’il n’efface rien, mais il transforme. On est capables de se reconstruire, de se réapproprier un lieu, et de créer de beaux souvenirs à partir d’un mauvais événement.
Ce terrain est au cœur du village, visible pour ceux qui passent, connecté à la passerelle, à la piste cyclable, aux bornes électriques, juste à côté de la garderie et des logements de l’ORH. On n’a pas cherché à reproduire ce qui existe déjà, mais à le compléter.
Ici, les modules sont pensés pour les tout-petits qui fréquentent la garderie : une glissade a été installée, et un second module viendra s’ajouter dans les prochaines semaines. Un gazebo, des tables et un banc offrent un coin accueillant pour se poser, à l’ombre ou à l’abri. La statue d’Antonio Larios et Thomas Meloche, inaugurée le 1er juillet 2024, repose désormais sous un abri. Plus de 100 arbres et fruitiers ont été plantés, ainsi que douze rosiers – notre fleur emblématique. Un panneau viendra bientôt raconter l’histoire du lieu.
Merci à tous mes collègues de la municipalité qui ont, à leur manière, mis la main à la pâte. Merci à Mme Nicole Perron et à M. Serge Ouellet, toujours là pour donner un coup de main. Merci du fond du cœur aux citoyens présents, à ceux qui ont partagé leur histoire, et à ceux qui continueront à faire vivre cet espace.
Jéremy Plamandon, nouveau pompier à temps plein pour la RISIF
La Régie Intermunicipale de Sécurité Incendie du Fjord (RISIF), dessert les cinq municipalités du Bas-Saguenay, de Petit-Saguenay à Ferland-et-Boilleau en passant par L’Anse-Saint-Jean, Rivière-Éternité et Saint-Félix d’Otis
Toute l’équipe de la Régie est heureuse d’annoncer l’arrivée d’un nouveau pompier à temps plein au sein de son équipe. Jeremy Plamondon, fraîchement diplômé de son DEP en intervention incendie, vient officiellement renforcer les rangs de la régie.
Jeremy est déjà bien connu dans la région, il faisait partie de l’équipe de prévention l’été dernier et se joignait aux interventions lorsqu’il en avait la possibilité. Son professionnalisme, son esprit d’équipe et son engagement envers la sécurité de la population ont été remarqués, faisant de lui un ajout naturel et apprécié à temps plein.
Vincent Morin fera de la prévention incendie dans notre région.Phénix accompagnera son collègue Vincent tout au long de l’été au Bas-Saguenay.
Pour la saison estivale, la RISIF informe également les citoyens que deux pompiers, Vincent et Phénix, sillonneront les municipalités du Bas-Saguenay afin d’effectuer des visites de prévention incendie.
Leur mission sera de sensibiliser les résidents aux bonnes pratiques, rappeler les règlements en vigueur et répondre aux questions en matière de sécurité. Ces visites visent à renforcer la prévention tout en favorisant un lien direct et positif entre les pompiers et la population.
Restez informé en tout temps.
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La Grande Ourse cède sa place à deux nouveaux festivals, tout d’abord RésonAnse, un événement axé sur la voix, et dans un tout autre registre, les 15, 16 et 17 août, L’Internationale Périphérique, événement qui a su attirer mon attention par son côté déjanté. Ce dernier propose une programmation avec une multitude d’artistes en périphérie de la scène québécoise traditionnelle comme Violett Pi, Xavier Caféine, PYPY, Cure-Pipe et La Sécurité. Majoritairement de tendance punk, style musical par excellence pour représenter le marginal, il proposera aussi de belles pépites émergentes comme Eadsé et Angine de poitrine.
Vincent Belisle, organisateur de ce nouveau festival.
Mais comment cette idée de rassemblement est venue à Vincent Belisle ? « Le Mont-Édouard, c’est ma montagne, elle me fait tellement de bien que je voulais en quelque sorte lui redonner un peu de cette énergie », confie le jeune homme de 26 ans. Il a su mélanger sa passion pour la musique, son label Solutés Records et son grand intérêt pour l’histoire unique de L’Anse-Saint-Jean, notamment nourrie par l’œuvre artistique de Denys Tremblay : L’Illustre Inconnu au Roide L’Anse, dont l’héritière du titre artistique. « Je me suis inspiré du Bas-Saguenay, une communauté qui a choisi de vivre en périphérie des grands centres tout en vibrant encore plus fort par ses 1001 facettes. »
Il est vrai qu’au Bas-Saguenay, la communauté rassemble un nombre incalculable d’humains qui s’engagent, mettent leur cœur sur la table et ce, pour 1001 projets. Vincent a choisi de mettre le sien dans ce festival qui, de ce qu’il souhaite, va créer une cohésion sociale en rassemblant des commerçants locaux, des artistes musicaux entre autres et des citoyens, afin de faire rayonner la région bien au-delà de ses frontières.
Cette vision innovante et collaborative propose des expériences uniques, comme le spectacle VIP qui, en partenariat avec Saguenay aventures, se déroulera directement sur un zodiac sur le fjord.
Si certains sont tombés en amour avec les paysages uniques du Bas-Saguenay, Vincent lui a été profondément touché par son âme. Espérons que notre belle région sera au rendez-vous pour supporter ce nouveau festival et y ajouter notre couleur à tous et faire grandir cet esprit communautaire qui célèbre l’art et la musique au Bas-Saguenay.
Mélyssa Arseneau et Steve Gagné, avec humour se nomment Les Jardiniers Givrés
Mélyssa Arseneau et Steve Gagné rêvaient d’un retour à la terre, de savoir ce qu’ils mettaient dans leurs assiettes et celles de leurs jeunes enfants. Un désir de manger local, de créer un lieu de rassemblement et de se réapproprier le territoire est à l’origine de ce projet agricole. C’est ainsi que ces Jardiniers Givrés ont décidé il y a 5 ans de lancer leur production maraîchère.
Un climat difficile
« Devenir riches avec la terre ! », lance Steve à la blague, car l’agriculture est plutôt difficile dans notre belle région. La topographie est montagneuse, les sols acides et les saisons chaudes très courtes avec les premiers gels parfois dès septembre. L’épandage de chaux sur l’ensemble des terres fut nécessaire la première année afin de rendre le pH plus basique. La culture de la citrouille n’est pas chose aisée, car elle se développe à l’automne et ne supporte pas le gel.
Utiliser le territoire à son avantage
« Initialement, le but était de faire du maraîchage diversifié », explique Mélyssa. Mais puisque le pH du sol est très acide, ce ne sont pas tous les types de culture qui peuvent prospérer ici. « Par exemple, l’aubergine ne peut pas pousser si on n’a pas de serre », commente l’agricultrice novice. Leur projet a été ajusté en conséquence et propose d’une part la culture de petits fruits, qui prospèrent dans les sols acides et d’autre part une offre maraîchère plus standard. Du côté des petits fruits, ils offriront framboisiers, fraisiers, bleuetiers. Pour les légumes, ce seront des tomates, citrouilles, carottes, concombres, fèves, laitues, épinards, choux, navets, radis et betteraves qui pourraient se retrouver sur les tablettes d’un futur kiosque selon les surplus. À noter que des cassissiers et camerisiers sont en implantation et se rajouteront dans les prochaines années.
Kiosque de fruits et café
Ce ne sont pas les idées qui manquent dans l’esprit des deux jeunes entrepreneurs : avoir un kiosque avec un endroit pour conditionner les légumes, les entreposer, installer des tables à pique-nique et proposer de l’autocueillette.
Ce lieu libre-service accueillerait aussi une machine à café et des produits de la ferme comme de la confiture ou des tartes. Leur objectif est d’offrir une diversité de produits afin que chacun y trouve son compte.
Développement continu
Chaque année qui passe, la ferme s’agrandit et étend son offre de produits bien de chez nous. Cet été s’ajoutent des arbres fruitiers avec une dizaine de pommiers et de pruniers. L’an prochain sera peut-être une serre pour aider à la production de plantes plus fragiles. « On s’organise avec ce qu’on a finalement. Le but n’est pas de se compliquer la vie, mais plutôt d’y aller avec ce qui fonctionne », précise Mélyssa en pensant aux essais qu’elle fait avec plusieurs types de plantes. Elle se sent comme dans un petit laboratoire où elle note ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Jongler entre vie familiale et emplois
Arnaud déguste une plante des champs
Mélyssa ayant un emploi à temps partiel et Steve un emploi à temps plein avec de jeunes enfants, l’avancement du projet se fait à leur rythme. Ils préfèrent mettre l’accent sur la passion que sur la pression. « On surfe sur la vague avec nos enfants », commente Steve. Au lieu de demander des sommes faramineuses et de vivre dans le stress, le jeune couple préfère y aller à petits pas et savourer chaque étape franchie. « Le but c’est que ça soit l’fun, ne pas se mettre de pression avec des quotas », ajoute Mélyssa. En étant limité dans le nombre d’heures, le travail de la terre reste plaisant. Pour le moment, c’est leur modèle idéal.
Vous pouvez suivre la page Facebook de Mélyssa Arseneau pour rester à l’affût des surplus qu’elle pourrait avoir à offrir. Nous vous tiendrons informé des futurs développements des Jardiniers.
Une belle récolte fraichement cueillie à la Ferme d'en Haut à L'Anse-Saint-Jean
Que dire de ces champs qui bordent la route 170. Ouverture partielle dans un paysage forestier, ils créent des brèches pour que l’on puisse admirer les montagnes. Et que dire de ces gens qui les travaillent, ces champs. Du tracteur à la grelinette, voilà ceux et celles qui savent faire fructifier la terre en plein cœur d’une forêt presque boréale. Ces agriculteurs rencontrent de nombreux défis : des saisons raccourcies par rapport au reste du Québec, les aléas de la météo, une mise en marché dans un bassin de population restreint et le contexte de concurrence avec le marché international, la paperasse, et j’en passe! Mais cette charge de travail est proportionnelle à l’amour que ces paysans portent à leurs terres.
Partons à la rencontre de ces agriculteurs et plus particulièrement, nos maraîchers de villages qui enrichissent la biodiversité et la vie des gens d’ici. Et comme le dit si justement Jean-François Gravel de la Ferme d’en Haut, « c’est une expérience assez fantastique, un grand voyage même, que de créer une ferme de A à Z. C’est aussi très impressionnant de voir ce que cela crée dans le milieu. »
Les Jardins de la montagne
Sur le chemin St-Louis, à Petit-Saguenay, Les Jardins de la montagne sont ancrés dans le paysage depuis maintenant 3 générations. Gilles et Anne se considèrent comme de véritables pionniers en matière de maraîchage biologique et diversifié dans la région. Depuis la fin des années 90, ils se consacrent à la merveilleuse tâche de nourrir la population avec 250 paniers bio chaque saison. Cultivant sur une plus grande surface, ils privilégient l’utilisation du tracteur pour la production d’un plus grand nombre de légumes.
Basé sur la formule proposée par Équiterre de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC), les citoyens et citoyennes des villages alentours ont ainsi accès à des légumes frais et diversifiés. Pour pallier la difficulté à trouver de la main-d’œuvre qualifiée, Gilles et Anne ont engagé cet été 3 employés dont 2 travailleurs du Mexique pour une deuxième année consécutive.
À la ferme, on retrouve un kiosque libre-service pour les personnes désirant acheter à la pièce et les clients de passage. L’hiver, Anne et Gilles adorent faire du ski de fond. Ce dernier a d’ailleurs participé à la création du centre de ski de fond La Vallée Blanche, une initiative qui a vu le jour cet hiver sur les terres de la ferme. Enfin, depuis cette année, ils participent au projet éducatif Semer le goût d’apprendre avec la classe de 3e cycle de l’école Du Vallon pour permettre aux jeunes de mieux comprendre l’agriculture maraîchère locale.
Les Jardins de Périgny
Les cultures dans les champs aux Jardin de Périgny à L’Anse-Saint-Jean.
Sur le rang Périgny de l’Anse-St-Jean se cachent des jardins de Périgny. Sandra, Katherine et Luc cultivent depuis 2014, des produits frais qu’ils fournissent aux épiceries locales. Malgré le défi que cela engendre, ils sont certifiés biologique par Québec Vrai puisqu’ils veulent s’assurer d’offrir une qualité de produit pour les consommateurs.
Pour l’instant, ils ne font pas de paniers, ni de kiosque à la ferme. Katherine et Sandra étant enseignantes à temps plein à l’école Fréchette, elles ne peuvent soutenir Luc dans les projets et une rotation de culture adéquate et une quantité suffisante de produits. Toutefois, Les jardins de Périgny, est un véritable écosystème d’entre-aide : « Beaucoup de voisins et de gens qui ont des talents insoupçonnés viennent aider: des gens capables de travailler le bois, des gens qui inventent des machines… Au chemin Périgny, on le dit souvent, on est béni! » exprime Katherine. En plus de la famille, des amis venus de loin et de la ville.
« Ce qui nous démarquent, ce sont nos carottes! » explique Katherine. Populaires et reconnus auprès des gens du village, elles sont exigeantes à entretenir par l’équipe qui le font « par amour ». Depuis récemment, ils ont développé l’ail biologique, et toutes sortes de tomates dans leur toute nouvelle serre. Les Jardins de Périgny souhaitent continuer de développer leur diversité de produits au fil des ans : « on aimerait faire des melons dans les prochaines années. » soutient Katherine.
Pour goûter à leurs produits frais, rien ne sert d’aller très loin. Ils fournissent principalement les épiceries Marché Tradition et Richelieu Amyro de L’Anse-St-Jean. Ils développent aussi un partenariat avec l’épicerie Le Garde-Manger à Chicoutimi.
La Ferme d’en Haut
Perchée sur les Plateaux à L’Anse-St-Jean, la Ferme d’en Haut est installée en plein cœur de la communauté Anjeannoise. Depuis maintenant 8 ans, la ferme se démarque par la plus grande diversité d’aliments produits ! Porc, veau, poulet de grains, œufs, légumes et petits fruits font partie de leur éventail de production. Ils vendent même des produits transformés pour mettre en valeur leurs récoltes (herbes salées, kimchi, pesto, etc.). Cette grande diversité comporte nécessairement des défis au niveau de la variété des tâches à accomplir en équipe. Comme l’explique Jean-François Gravel, l’imprévisibilité de tous les éléments de la chaîne de fonctionnement de la ferme est l’un des plus grands enjeux : même quand tout va bien, on ne peut jamais être sûr de rien. Cette année, ils expérimenteront l’abattage des poulets directement à la ferme. Profondément locale, la Ferme d’en haut distribue ses produits à 100% entre l’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay.
On les retrouve également dans les restaurants du coin (voir texte page) et il est possible d’acheter de leurs produits en tout temps grâce à leur deux kiosques libre-service à l’entrée des Plateaux et sur le parking du Camp de Base.
Même l’hiver, entre deux sorties de ski, la Ferme propose des paniers d’hiver pour compléter le cycle des saisons. On peut également avoir accès à leurs produits toute l’année au Magasin de la Chasse-Pinte!
Que ce soit en auto-cueillette de petits fruits, pour désherber, pour acheter des légumes ou pour venir voir les animaux, la Ferme d’en haut est toujours prête à vous recevoir. Elle vient d’ailleurs au printemps d’accueillir une classe de 4e année de l’école Fréchette.
Les Paysans du Fjord
La ferme des paysans du Fjord, sur le vieux chemin à Saint-Félix.
Depuis maintenant 5 ans, Les Paysans du Fjord ne cessent d’innover, de se réinventer et de rêver. « Ce qui nous démarque, c’est vraiment notre lien avec les restaurateurs de la région », explique Jérôme Côté-Allard, l’un des fondateurs de la ferme. En effet, la moitié des produits cultivés sur le vieux chemin à Saint-Félix sont livrés à des restaurants, et se rendent même jusqu’à Québec ! La ferme se veut la plus diversifiée possible : on y trouve un troupeau de porcs en forêt, des poulets de grains sous « chicken tractor » (cage mobile sur gazon frais), des poules pondeuses, des champignons et des légumes de toutes les formes et toutes les couleurs. L’ensemble de l’œuvre se fait à la main, sans machineries, pour faire honneur aux paysans d’autrefois.
Mais ce qui démarque le plus cette jeune exploitation agricole, c’est le volet agro-touristique. Les paysans proposent maintenant des tables champêtres tous les dimanches de l’été avec des chefs invités différents à chaque fois et cuisinant les produits de saison disponibles du moment. Des menus uniques ! Par contre cette année, la ferme prend une pause des « cantines paysannes » afin de bonifier ses partenariats avec les restaurateurs.
Pour encore plus de partenariat, ils font partie eux aussi du projet éducatif Semer le goût d’apprendre avec la classe de maternelle de l’école St-Félix.
La ferme rencontre également des défis similaires aux autres. Pour les Paysans, c’est surtout les agents « externes à la ferme » qui constituent les défis, et principalement par rapport aux animaux mentionne Jérôme.
Enfin, les Paysans du Fjord, c’est un accès privilégié et une vue imprenable sur le fjord. Jérôme, Alex, Florence et Kevin sont toujours prêts à vous accueillir pour la saison !
Pour vous procurer leurs produits, un kiosque libre-service est situé directement à la ferme.
Cultiver le changement
Nous avons de la chance ici, au Bas-Saguenay d’avoir ces fermes dans notre paysage. Dans le contexte actuel, rien ne sert de réitérer l’importance de ces jardins nourriciers pour nos communautés. Je vous invite, cet été, de prendre le temps d’aller les rencontrer, de jaser en désherbant une planche ou simplement de visiter leurs kiosques libre-services pour goûter les saveurs locales de notre région. Consommer local, c’est aussi ça, cultiver le changement.
Derrière la beauté des champs et des bergeries, se cache une réalité souvent méconnue, faite de défis quotidiens et d’adaptations constantes. Ce Trait d’union consacré à l’agriculture se veut l’ambassadeur d’une profession en grande transformation. Autrefois omniprésentes sur tout le territoire du Bas-Saguenay, les fermes du XXIe siècle composent avec de nouvelles réalités.
Comme ailleurs au Québec, les producteurs de notre région font face à une pénurie criante de main-d’œuvre. Trouver des bras pour les semences, les récoltes ou la traite devient un casse-tête récurrent. La relève agricole demeure aussi un enjeu majeur : peu de jeunes osent se lancer dans ce métier exigeant, bien que profondément enraciné dans notre territoire.
À cela s’ajoute la flambée des coûts des intrants – semences, engrais, carburant – qui gruge la rentabilité des exploitations, d’autant plus en raison de notre éloignement géographique. Les changements climatiques, quant à eux, imposent des saisons imprévisibles, alternant gels tardifs et sécheresses précoces, forçant les agriculteurs à revoir leurs pratiques.
À Petit-Saguenay, village du Bas-Saguenay ayant le plus de producteurs (11 exploitations agricoles), la solidarité prend racine. Un groupe Facebook a vu le jour, facilitant l’entraide entre agriculteurs : partage d’équipements, co-voiturage, conseils techniques ou tout simplement, encouragements. En 2023, l’idée d’un méchoui pour fêter ensemble les récoltes s’est concrétisée avec succès. Du côté de L’Anse-Saint-Jean, où se trouvent 8 entreprises agricoles, certaines se tournent vers la transformation pour rentabiliser leurs produits, et beaucoup collaborent avec les restaurateurs et les épiceries de la région.
À Rivière-Éternité, de nouveaux arrivants s’installent sur une terre en rêvant d’auto-suffisance. Ils nous parlent de leurs projets agricoles et nous partagent leur expérience qui se forge là où les rêves rencontrent la réalité, mais toujours dans la bonne humeur. Enfin à Saint-Félix, de jeunes paysans remettent au goût du jour les tables champêtres concoctées avec des produits on ne peut plus fraichement cueillis. On y déguste de merveilleux plats préparés par des chefs cuisiniers dans un cadre bucolique avec vue imprenable sur le fjord.
S’ils ont chacun leur particularité, la résilience est sans aucun doute le point commun à tous ces agriculteurs du Bas-Saguenay. En voici un bel exemple : profitant du grand nombre de touristes et de l’attrait grandissant pour les produits du terroir, des kiosques libre-service sont installés dans trois de ces quatre municipalités.