La conciliation travail-famille au Bas-Saguenay

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Les tout-petits, de même que leurs parents, vivent un niveau important de stress sur le territoire La Baie/Bas-Saguenay Sud, constate la table 0-5 ans/ Enfants Fjord qui regroupe plusieurs acteurs en Petite Enfance du milieu scolaire, des milieux de garde, Santé et services sociaux, municipaux, de même que communautaires. Une des sources de ce stress trouve ses racines dans les défis soulevés par la conciliation travail-famille-vie personnelle. Un sondage a donc été diffusé auprès des familles d’ici pour faire la lumière sur les particularités locales concernant cet enjeu. Une soixantaine de parents ont répondu à l’appel, soit 50 mères et 11 pères, voici donc leur réalité !

Plus de la moitié des parents (55,74%) se considèrent peu informés de leurs droits et possibilités concernant la conciliation travail-famille. Concrètement, 11% des parents affirment ne pas avoir accès à des mesures de conciliation travail-famille, que cela soit dû à la nature de leur emploi (horaire peu malléable, responsabilité ne pouvant être transférée) ou au manque de main-d’œuvre (pas de remplacement possible). Dans certains cas, l’application des mesures de conciliation travail-famille prévues par la loi peut même s’avérer difficile.

À cet effet, un père soulève qu’il est « encore mal accepté lorsque les hommes prennent un congé parental suite à la naissance d’un enfant. C’est perçu comme des vacances. »

Une mère témoigne : « Mon patron m’a obligé à signer une entente mentionnant que je ne m’absenterais plus pour mes enfants, que ce serait à mon conjoint de s’en occuper. Mais mon chum gagne le double de mon salaire, ça a donc un impact sur nos finances. » 

Plusieurs parents mentionnent toutefois avoir un employeur accommodant qui facilite leur conciliation travail-famille en offrant une certaine flexibilité au niveau des horaires (29,5 %), ou encore qui accepte que les parents s’absentent en cas de maladie, rendez-vous ou d’urgence pour les enfants (21%).

Certains employeurs ont même mis en œuvre des mesures particulières pour s’adapter aux besoins de leur(s) employé(es). En voici quelques exemples :

  • Permettre de prolonger le congé parental jusqu’à deux ans après la naissance de l’enfant ou permettre un retour progressif suite à un congé parental.
  • Possibilité de cumuler des heures de travail (banque d’heures) à reprendre en congé en cas de besoin
  • Offrir la possibilité de faire du télétravail
  • Semaine de travail de 4 jours ou 4 jours et demi.
  • Possibilité d’amener les enfants au travail en cas de besoin (si aucune autre alternative).

Malgré les mesures de conciliation travail-famille auxquelles ont présentement accès certains parents, la plupart nous avouent faire face à de nombreux défis. Parmi ceux-ci le stress dû aux impondérables tels que devoir terminer plus tard au travail tout en arrivant à temps pour aller chercher les enfants à la garderie ou à l’école. Nombreux sont ceux qui évoquent le manque de temps quand il s’agit de concilier les horaires de travail du/des parent(s), les activités des enfants, la préparation de repas équilibrés et les tâches ménagères.

Plusieurs mentionnent aussi que le rythme effréné du quotidien leur laisse peu de temps de qualité avec leur(s) enfant(s) lors des jours de semaine. Les seuls moments restant étant souvent consacrés aux leçons dans le cas des parents d’enfants d’âge scolaire. Il importe aussi de rappeler que certains enfants présentent des besoins particuliers pour lesquels l’éloignement des services spécialisés complique l’organisation des familles au quotidien.

Heureusement, sachez qu’il n’y a pas que les employeurs qui peuvent faciliter la conciliation travail-famille; le réseau de soutien des familles joue là un rôle essentiel. La majorité des parents comptent en effet sur leur réseau familial élargi (leurs frères, sœurs, parents, grands-parents, etc.), les amis et voisins pour s’occuper des enfants en cas d’imprévus (ex : maladie). Les services de garde scolaires jouent également un rôle essentiel ! Les organismes communautaires famille du territoire, soit Les Apprentis et La Maison des familles de La Baie offrent également un soutien précieux (halte-répit ou jardins d’enfants, écoute et soutien, ateliers de parents ou parents-enfants). Il y a également Le service des aides familiales qui dessert le territoire du Bas-Saguenay et peut offrir un soutien concernant les tâches ménagères.

En ce temps des fêtes, nous avons osé demander aux répondants de notre sondage de rêver, d’imaginer ce qui pourrait faire la différence en leur permettant d’atteindre un équilibre entre leur vie familiale, professionnelle et personnelle. Voici quelques-uns de leurs souhaits :

  • Davantage de places à temps partiel dans des milieux de garde subventionnés et des milieux de garde s’adaptant aussi aux besoins de ceux qui ont des horaires atypiques;
  • Plus de reconnaissance (sociale, mais aussi financière) pour les parents qui font le choix de demeurer à la maison pour s’occuper de leurs enfants;
  • Avoir la possibilité (financière et de l’ouverture de l’employeur) pour travailler moins et terminer plus tôt pour vivre de façon plus décontractée le retour à la maison;
  • Offrir une banque élargie de congés permettant de faire face aux imprévus… Et pourquoi pas, qu’elle soit proportionnelle au nombre d’enfants dans la famille !