La maison à Félix Bouchard

994
Félix Bouchard, un bien étrange personnage.

Quand Marie-Ève Marchand s’installe avec sa famille dans la maison du chemin Sainte Thérèse, à Rivière-Éternité, des voisins l’informent presque immédiatement que ces lieux abritaient autrefois un étrange personnage. Et si les murs ont des oreilles, les maisons peuvent aussi raconter de bien drôles d’histoires. Voici celle de Félix Bouchard, ivrogne devant l’éternel et magnétiseur de son état.

Jules Bouchard, le petit-fils de Félix se souvient : « Mon grand-père s’appelait Félix Bouchard et ma grand-mère Marie Gaudreault. Quand j’étais jeune et que Félix venait chez nous, il prenait beaucoup de boisson. Il y en avait à la maison, l’étable était l’autre bord du chemin pis y’en avait aussi là, un galon de Saint-Georges et parfois quand il était chaud, il rentrait chez nous en chantant : En skidoo, nous irons nous promener, en skidoo.

On disait que mon grand-père il avait un don, ils appelaient ça du magnétisme, il arrêtait le sang, tu pensais à lui et ça arrêtait de saigner.

On m’a conté, mais je ne sais pas si c’est vrai, qu’il s’asseyait et les fenêtres ouvraient toutes seules, pour vrai ! Il s’asseyait et il faisait ouvrir les fenêtres rien qu’à les regarder. Aussi, on contait que quand il voyait la truie, il pouvait faire apparaître une portée de petits cochons.»

Cet homme aux pouvoirs surnaturels aurait traversé le Saguenay avec des gens à pied et il leur aurait dit : Prenez-vous des pois à soupe pas cuits, mettez-vous ça dans les poches, pis vous allez casser des noisettes. Ça a d’l’air qu’ils ont traversé le Saguenay comme ça et qu’à toutes les fois qu’ils se rentraient les mains dans les poches, ce qu’ils sortaient, c’était une noisette au lieu d’être un pois. On dit même que la glace se brisait en arrière d’eux autres.

Jules transmet les souvenirs d’une des familles fondatrices de Rivière-Éternité : « La fille de Félix, Irma, c’est ma mère, elle a maintenant 92 ans et reste dans le presbytère, en arrière de l’ancienne église du village qui est devenue depuis un garage. On m’a dit aussi, pis moi je le cherche encore, qu’il y avait des voleurs qui avaient enterré un trésor, juste là où est maintenant le Parc Saguenay, au pied d’un arbre, et on dit même que Félix aurait su où c’est qu’il était. Alors moi, à chaque fois que je descends au Parc Saguenay, je pense à ça, pis je vois encore l’arbre, c’est quand on arrive en bas, y’à comme un marais à droite, pis c’est dans ce coin-là, pis l’arbre là, y’é encore là, il est tout pourri et tout croche. Lui mon grand-père il disait qu’il était là. »