Le portrait de l’analphabétisme au Québec

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Saviez-vous que 19% de la population québécoise âgée de 16 à 65 ans, soit plus d’un million d’adultes, affichent de très faibles compétences en littératie? Pour une personne analphabète, cela signifie qu’elle va avoir besoin d’aide pour lire sa correspondance, pour remplir une demande d’emploi, ou pour utiliser un ordinateur. De plus, elle n’aura pas accès à des renseignements sur des services aussi essentiels que la pension, les rentes, la santé ou l’aide sociale, ou encore elle hésitera à chercher un meilleur emploi par peur d’affronter l’inconnu.

De dépossession en dépossession, les personnes analphabètes deviennent un peu comme des fantômes sociaux. Comme elles consomment peu, on ne les sollicite pas. Comme elles votent peu, on ne leur promet rien. Comme elles se révoltent peu, on ne leur donne rien. Ainsi, elles deviennent peu à peu exclues de toutes les facettes de la vie sociale, culturelle, économique et politique, et, dans un certain sens, d’elles-mêmes.

Le problème de l’analphabétisme ou de la faible littératie au Québec engendre des coûts sociaux et économiques importants. Bien que les conséquences de l’analphabétisme se fassent sentir d’abord et avant tout dans la vie des individus peu ou pas alphabétisés et de leur famille, les coûts engendrés par ces difficultés rejaillissent sur l’ensemble de la société. Pour le Québec, les coûts relatifs à l’analphabétisme sont estimés annuellement à plus de 7 milliards de dollars canadiens[1], soit 2 % de son PIB[2].

Une intervention vigoureuse de l’État et de l’ensemble de la société s’avère donc nécessaire et urgente. Concrètement, les adultes peu ou pas alphabétisés risquent davantage de déclarer des problèmes de santé, ont moins accès à de la formation continue, éprouvent plus de difficultés à s’insérer et à se maintenir en emploi, touchent des revenus plus bas et sont davantage à risque de vivre du chômage à long terme que leurs concitoyens plus alphabétisés. Leurs enfants ont également plus de chance de se retrouver dans la même situation.

C’est pourquoi la population, les intervenantes et les intervenants de l’État ainsi que les partenaires de la société civile doivent être mieux informés de la réalité des personnes vivant avec les conséquences de l’analphabétisme. Cette connaissance accrue favorisera la réceptivité et la sensibilité de tous à l’égard de ces personnes; elle aidera les intervenantes et les intervenants de l’État ainsi que les partenaires de la société civile à être plus attentifs aux besoins particuliers de ces personnes.

Tributaire de la dure réalité que vit tout le réseau des services publics et de l’éducation, il est plus que temps d’informer les gens sur une réalité qui est là; celle de l’analphabétisme, de ces gens qui n’oseront pas l’afficher, mais qui ont besoin d’aide.

Le Centre Alpha de La Baie et du Bas-Saguenay est disponible pour accueillir, soutenir et aider les personnes peu scolarisées. Tous les jeudis après-midi, nous invitons les personnes à venir assister aux Z’Ateliers du Bas-Saguenay. Ce sont des rencontres ou les gens scolarisés ou non participent à une vie collective en discutant sur l’actualité, en exerçant une prise de pouvoir sur leur vie par des échanges constructifs et des activités (français, calcul, connaissance de soi, etc.) adaptées au groupe.  Bienvenue à toutes et tous.  418-697-0046

source: http://www.rgpaq.qc.ca/alphabetisation_populaire.php?id=1

[1] Pour le PIB du Québec : http://www.gouv.qc.ca/fr/LeQuebec/Pages/Économie.aspx

[2] World Literacy Foundation (2015). The Economic & Social Cost of Illiteracy : A snapshot of illiteracy in a global context. http://bit.ly/1VakyzB