Accueil Blogue Page 4

Quand un jardin devient espace de passion et de transmission

Crédits photos : Yannick Limary

Les Gens Passionnés de Petit-Saguenay

Photographe à ses heures, Manon Landry est l’initiatrice du projet Les Gens Passionnés de Petit-Saguenay. À force de rencontrer les artistes, artisans et agriculteurs de son village, elle a eu envie d’en faire ses sujets.

Le projet des Gens Passionnés, c’est mettre ses bottes et parcourir le territoire, caméra et dictaphone à la main, pour découvrir ce qui se passe dans les recoins qu’on ne voit pas toujours. À la vidéo, on retrouve Yannick Limary, artiste amoureux de l’image bien connu au Bas-Saguenay. Pour l’écriture, ce sont les directrices au développement de la municipalité qui s’y consacrent : autrefois Corinne Asselin, et aujourd’hui Juliette Charpentier.

Les trois premiers portraits (2023) nous ont menés dans les rangs Saint-Louis et Saint-Antoine, à la rencontre de passionnés d’agriculture biologique, d’élevage et de modelage d’argile. En 2024, nous avons poursuivi au rang Saint-Étienne auprès d’un couple dédié aux cerfs rouges, puis au cœur du village, dans une bâtisse de créateurs et créatrices. En 2025, nous avons fait une pause estivale dans le jardin près du Parc de la Croix, où nous avons rencontré les Fées.

Le jardin des Fées

De nombreuses légendes résonnent dans la vallée de la rivière Petit-Saguenay. L’une d’elles raconte l’histoire des Fées, ces femmes qui prennent soin du jardin au bout de la passerelle. Là où d’autres voyaient un simple bout de rive abandonné, elles ont vu une toile vierge. Avec leurs mains ridées et patientes, elles ont transformé la terre en tableau vivant.

On dirait qu’elles savent exactement où planter, quand attendre, quand laisser faire la nature. Elles ne cherchent ni reconnaissance ni applaudissements. Elles agissent discrètement, semant beauté, mémoire et respect du vivant. Elles rappellent à tous que prendre soin est aussi une forme de magie.

« C’était nous les Fées, mais on ne le savait pas encore », explique Eva Lavoie.

Marie, Eva et Élisabeth se retrouvent chaque mercredi matin dans le jardin, près du Parc de la Croix. Elles désherbent en jasant de la pluie et du beau temps, entourées de marguerites, fraisiers, hémérocalles, phlox et barbes-de-bouc. Plantes indigènes, fleurs sauvages et ornementales s’y côtoient naturellement. « Tant que c’est beau, on garde ! », lance Élisabeth.

Les enfants du CPE viennent y observer les papillons. À l’ombre des arbres, des visiteurs s’y arrêtent pour pique-niquer. Tous traversent la passerelle pour entrer dans cette micro-oasis colorée. Les jeunes passent, skate à la main, ou filent vers les jeux d’eau, le sourire au visage.

À l’origine, il n’y avait presque rien. Un dégât d’eau avait ravagé le terrain, et un projet de parc initié par la municipalité avait été abandonné. Les sœurs Lavoie ont alors investi les lieux, apportant leurs propres boutures et leur huile de coude.

Devant leur travail remarquable, la municipalité leur a fourni semences et matériel. Eva a même été engagée pour l’entretien des plates-bandes du village jusqu’en 2023. Leur engagement, toutefois, va bien au-delà du jardin.

Les Fées sèment le goût d’apprendre avec l’AGIR

Depuis maintenant deux ans, le projet Semer le goût d’apprendre ne cesse de créer des liens entre les jeunes des écoles primaires des villages du Bas-Saguenay et les entreprises et passionnés d’agriculture.

Depuis cette année à l’école Du Vallon, les élèves du 3e cycle ont la chance de côtoyer Éva et Marie Lavoie, les fées du village, qui leur partagent leurs savoirs précieux sur les plantes et le jardinage de proximité. En plus, Lisa de la ferme Semences Saguenoises s’implique à mettre en valeur les patates d’ici et l’importance du patrimoine semencier auprès des jeunes. Ils auront donc accès à des connaissances précieuses qui leur donneront les outils nécessaires à la gestion de leurs propres parcelles de culture. C’est dans la forêt nourricière et autour de l’école que vous pourrez admirer le résultat de ces collaborations cet été!

Une soirée de projection sur les Gens Passionnés à l’Auberge du Jardin

Le vendredi 27 février, la population est invitée à une soirée de projection à l’Auberge du Jardin, dans une formule 5 à 7 conviviale.

Six capsules vidéo réalisées par Yannick Limary seront présentées, dont celle inédite sur les Fées de Petit-Saguenay. Vous pourrez aussi découvrir les Jardins de la Montagne, la ferme Cristoc, la Poterie Terre Forte, la ferme des cerfs rouges de Saint-Étienne et la bâtisse des artisans.

Souligner les passions qui nous unissent, c’est avant tout une belle occasion de se rassembler.

Bom dia galeira!

J’espère que ça va bien chez nous et que vous profitez bien de l’hiver! Bientôt six mois que je suis ici, déjà plus que la moitié de mon voyage. Le temps passe tellement vite, c’est complètement fou. Je m’ennuie de chez moi, de ma famille et mes amis. Mais plus la fin approche, plus je sais que je ne voudrais pas partir. Pour l’instant, je ne me donne pas encore le droit d’y penser. J’aime mieux profiter pleinement de chaque minute dans la chaleur du Ceará et continuer à m’emplir la tête de souvenirs.

Il se passe tant de choses ici. J’ai découvert le sud du Brésil, en passant un mois chez le frère de ma mère d’accueil à Foz do Iguaçu, dans l’état du Paraná. J’ai goûté les saveurs incroyables de l’Argentine, traversé la foule du Paraguay, vu des paysages paradisiaques, des haras, des toucans et des forêts remplies d’une végétation magique. J’ai vécu mon premier Noël à 35 degrés sans que ce soit parce qu’on a trop chauffé le poêle. J’ai passé mon premier jour de l’an à ouvrir le Champagne à la plage, et j’ai profité en masse de mes vacances.

J’ai recommencé l’école et maintenant je parle portugais pour de vrai. Les cours sont vraiment intéressants. J’apprends tellement, c’est simplement incroyable de voir et de comprendre comment fonctionne le système d’éducation et je peux vous le confirmer, ici tout le monde travaille fort! Les examens pour aller à l’université sont extrêmement difficiles et les jeunes se préparent depuis le début du secondaire pour réussir à entrer dans le programme qu’ils veulent. Malgré ça, on a bientôt de petites vacances parce que dans quelques jours ce sera le carnaval !

Durant trois jours, tout le Brésil se met sur pause et c’est juste la fête. Je vais passer le carnaval dans la ville de Olinda, dans l’état du Pernambuco. Et là, les rues sont bondées de monde et de musique dès le début de janvier. Je vais au pré-carnaval toutes les fins de semaine déjà. Tout le monde se prépare pour le grand jour. Vous savez, vivre ici m’apprend énormément de choses sur la culture, la langue, le pays, mais aussi sur moi. Je pensais peut-être me connaître, mais maintenant je sais que tout ce que je vais vivre m’apprendra de nouvelles choses sur moi-même.

Vivre avec les brésiliens, c’est découvrir comment ils pensent et agissent mais aussi pourquoi. Au début, tu te poses tant de questions, tu cherches des réponses mais tu ne comprends pas. Dans ta tête, avec ta culture et ton éducation, ça ne fait pas de sens. Ensuite, tu parles avec les gens, tu vois comment ils vivent, ils t’expliquent et là, tu comprends, tu comprends tout. Et c’est ça que j’aime. On passe par-dessus le jugement que notre cerveau fait automatiquement. Entre les lignes de ce qui, pour moi était normal et de ce que je vois maintenant avec mes yeux de voyageuse, je sens mieux la réalité ici, différente de chez nous, différente de la mienne, et c’est ça que je veux le plus ramener au Québec. Ce sont ces choses que j’ai apprises et comprises et qui ont changé ma vision de ce monde.

Au plaisir de se revoir bientôt ! Bonne saison de ski et n’oubliez pas qu’il y a plein de choses et de gens formidables autour de vous… pas besoin d’aller au Brésil! Il faut simplement ouvrir les yeux !

La diversité au cœur de nos communautés

L’immigration internationale est en hausse au Saguenay-Lac-Saint-Jean, constituée en grande partie de travailleurs étrangers temporaires, d’étudiants internationaux et de demandeurs d’asile.  Dans nos petits villages situés en bordure du fjord, nous avons toutefois peu d’opportunité de côtoyer des gens issus de la diversité culturelle.

Grâce à la participation financière de Québec et de la MRC du Fjord-du-Saguenay, l’AGIR et plusieurs de ces organisations membres vont mettre en œuvre un projet visant à favoriser la découverte des cultures d’ailleurs. Des défis et activités ludiques parents-enfants seront offerts gratuitement aux familles de notre territoire !

La plupart de ces activités viendront s’intégrer à des événements ou d’autres activités déjà offertes au Bas-Saguenay. Ainsi, que cela soit en bonifiant la Fête des voisins, la Saint-Jean-Baptiste ou en offrant une activité parents-enfants pour clôturer un camp thématique de l’AGIR, les familles pourront faire la rencontre d’invités issus de l’immigration internationale. Une belle façon de s’ouvrir à la diversité, tout en apprenant à déconstruire nos préjugés.

Dans le cadre de la semaine de relâche, deux activités seront offertes pour initier le projet.

Le mercredi 4 mars, la Maison des Jeunes (MDJ) propose aux jeunes du Bas-Saguenay de venir cuisiner un repas brésilien avec Laila, qui habite depuis peu à L’Anse-Saint-Jean et dont c’est le pays d’origine. Les inscriptions sont prises directement auprès de la MDJ.

Le jeudi 5 mars de 13h30 à 15h30 au chalet des loisirs de Saint-Félix-d’Otis se tiendra un atelier d’initiation au Djembé destiné aux jeunes de 8 à 12 ans et à leurs parents. Cette activité est organisée en collaboration avec Serge Tremblay, intervenant en intégration pour la clientèle immigrante au Carrefour jeunesse-emploi de Saguenay.  Il est important de s’y inscrire à l’avance via le formulaire (accessible avec ce code QR) pour participer, car cela n’aura lieu que si un nombre suffisant de personnes y prennent part! Une opportunité pour échanger tout en partageant un bon moment au rythme de l’Afrique !

La forêt, la richesse du Québec

Quel Québécois n’a jamais mis le pied dans une forêt ? Si vous voyez ce texte, et bien lisez-le en entier parce qu’il contient un sujet important qui nous tient à cœur.  Pour cette édition du Trait d’union, nous avons fait la lecture de plusieurs livres informatifs pour en apprendre plus sur les forêts qui nous entourent, l’importance qu’elles ont dans la vie de chacun et les façons de les protéger.

Tout d’abord, les forêts sont des endroits principalement occupés par des arbres. Les arbres que l’on peut trouver dans les forêts sont des conifères et des feuillus. On peut observer 5 strates dans les forêts.

Les forêts importantes pour les êtres vivants.

En effet, il y a plusieurs espèces d’animaux qui y vivent. Par exemple, seulement au Québec, il y a 60 espèces de mammifères et 300 espèces d’oiseaux différentes. Aussi, il y a 2500 espèces de plantes, des milliers d’insectes et différents types d’amphibiens et de reptiles. Elles offrent donc un habitat important pour la faune et la flore. Il est important de prendre soin de cette forêt puisque son équilibre est essentiel à la survie de chaque élément de son écosystème.

L’insecte est important pour la décomposition du sol, ce qui aidera les arbres qui pourront alimenter l’écureuil, qui servira de repas au renard. Ainsi, chaque élément est interdépendant.  

Au Québec, le bois est très utile à l’économie, car nous exportons beaucoup de bois. La preuve, en 2004, le commerce et l’exportation du bois ont rapporté 11,9 milliards de dollars et ont offert 200 000 emplois aux Québécois et Québécoises.

Encore aujourd’hui, les forêts du Québec sont essentielles à l’économie de la Province, puisque la récolte et la transformation fournissent des milliers d’emplois. Aussi, nous pratiquons divers loisirs dans nos forêts. Par exemple à Rivière-Éternité, il est possible de faire de la randonnée en raquette, du ski de fond, de la pêche blanche, de la chasse, du camping, de la motoneige et plus encore.

Finalement, il est important de garder les forêts en bonne santé. En effet, si elles sont si importantes, on doit trouver des moyens pour qu’elles survivent ou qu’elles se regénèrent. Dans les dernières années, il y a eu beaucoup de déforestation à cause des feux de forêt et des coupes à blanc. La preuve, selon le livre Protégeons les forêts, en 2017 l’équivalent de 40 terrains de football d’arbres tropicaux disparaissait chaque minute. Il nous faut donc trouver des solutions  pour remédier  à cette destruction massive.

Voici quelques solutions:

  • Réduire les déchets et notre consommation d’électricité pour éviter le réchauffement de la planète et les feux de forêt.
  • Réduire la coupe des forêts en créant des zones protégées comme des parcs nationaux.
  • Replanter des arbres pour contribuer au reboisement et à la reforestation.
  • Réduire la consommation du bois.

Imaginez la vie au Bas Saguenay sans arbres, sans fleurs, sans animaux, sans verdure, sans feuilles, sans branches, sans chants d’oiseaux… insensé n’est-ce pas?  Faisons équipe pour l’avenir de nos forêts!

La classe de Mme Noémie

Le Club des petits déjeuners de l’école Saint-Gabriel : un matin qui commence bien.

Chaque matin, bien avant la première cloche, l’odeur du déjeuner et la bonne humeur s’installent à l’école Saint-Gabriel grâce au Club des petits déjeuners. Sous la responsabilité d’Audrey Simard-Gauthier, et avec l’aide de ses nombreux bénévoles, ce service essentiel permet aux élèves de commencer leur journée du bon pied.

Tous les enfants de l’école passent par la cuisine du Club chaque matin pour prendre le déjeuner où leur sont offerts des repas chauds et variés. Proposés à faible coût pour les familles, le Club des petits déjeuners contribue directement au bien-être des élèves, à leur meilleure concentration en classe et à leur réussite scolaire.

Au-delà de l’aspect alimentaire, le Club crée une belle synergie entre les élèves des différents cycles, les enseignants et les membres du personnel. C’est un moment de partage, de rencontres et de sourires qui renforce le sentiment d’appartenance à l’école.

Ce service est aujourd’hui jugé très précieux à l’école Saint-Gabriel, tant par les élèves que par les adultes qui les accompagnent au quotidien.

La parole aux enfants

« J’aime venir au Club parce que je peux déjeuner avec tous mes amis. »
— Jeanne, 5 ans

« J’aime le Club parce que ma mère est là tous les matins. »
— Martin, 5 ans

« J’aime les croissants et les crêpes. On mange bien et j’aime aller au Club. »
— Gabriel G., 8 ans

« J’aime aller au Club. On a du lait au chocolat lors des journées spéciales. »
— Julien, 8 ans

« Il y a de bons déjeuners tous les matins et on n’a pas besoin d’être pressés. En plus, c’est très bon ! »
— Kaleb, 10 ans

Commentaires des membres du personnel

« Le Club des petits déjeuners nous permet de prendre le temps d’accueillir chacun de nos élèves. C’est agréable de les voir dans un autre contexte que celui de la classe. »
— Nadia, enseignante au préscolaire 4 ans

« Nous apprécions le beau mélange entre la communauté et l’école dans notre établissement. Nous saluons l’engagement d’Audrey Simard-Gauthier ainsi que celui de tous les bénévoles qui donnent de leur temps chaque matin. »
— Mme Sandra, classe de 5 ans

« Les matins commencent en douceur. »
— Mme Florence

La pêche blanche

Aujourd’hui nous allons vous présenter la pêche blanche. Ceci est une activité qu’on fait surtout l’hiver. Nous allons vous parler de l’équipement nécessaire, des poissons qu’on peut pêcher et de la sécurité qu’il faut avoir.  

Commençons par l’équipement nécessaire : pour votre canne il faudra des cannes à pêche courtes et robustes et des moulinets garnis de tresses. Il faudra aussi des leurres lourds pour le sébaste et la morue à grande profondeur. Un abri serait nécessaire, car il y a beaucoup de journées froides, comme une tente ou une cabane. Il vous faudra d’autres équipements, comme un sonar, une chaufferette et pour terminer des vêtements très chauds sont indispensables. Comme appâts, nous conseillons le ver de terre ou la crevette.

Maintenant nous allons vous parler des poissons qu’on peut pêcher. Il est permis de pêcher le sébaste, la morue, franche et ogac, du turbot, des flétans du Groenland et de l’éperlan arc-en-ciel. Le sébaste est l’espèce emblématique, tandis que le turbot se pêche en profondeur.

Pour terminer, nous allons vous parler des moyens de sécurité. Pour la pêche blanche à Petit-Saguenay, la sécurité repose sur la vérification de l’épaisseur de la glace. Il faut minimum 30 cm pour les cabanes. Vous pouvez aussi amener une corde de sauvetage non obligatoire. Il ne faut jamais pêcher seul, car cela pourrait être dangereux. Pour être en sécurité, il vous faudrait un itinéraire pour vous repérer comme un téléphone ou une carte de repérage.

Aujourd’hui, nous vous avons présenté l’équipement nécessaire, les poissons qu’on peut pêcher et les moyens de sécurité.

On espère que vous avez aimé notre texte !

Maelya Savard (6e année) et Maïka Gagnon (5e année)

 

Un projet de sculpture sur neige à Fréchette

Érika Pelletier, professeur d'arts plastiques à l'école secondaire Fréchette

Depuis plus deux ans maintenant, l’école Fréchette s’inscrit dans un volet plein air. Les jeunes ainsi que les enseignants ont la chance de vivre de nouvelles expériences grâce à cette nouvelle voie. Les bienfaits du plein air sont remarquables sur l’implication et la motivation des élèves, celles-ci étant plus positives depuis l’implantation du profil. En art, les jeunes ont la chance d’expérimenter le plein air sous différents angles ; le dessin d’observation près de la rivière, l’expérimentation des couleurs par la nature, le land art, etc. 

Inspirés par le grand événement Saguenay en neige, nous avons décidé de lancer un projet de sculpture sur neige avec le 5e secondaire. Érika Pelletier, enseignante en art avec l’aide de Isabelle Lord, technicienne en loisirs et Emmanuelle Lalonde, technicienne en éducation spécialisée, se sont mobilisées pour mettre sur pied ce projet stimulant.

Avec un échéancier serré, nos élèves se sont lancés à bras ouverts dans ce projet innovateur. Afin de les guider dans leur démarche, il était essentiel de leur proposer un thème commun sur lequel sculpter, et nous avons arrêté notre choix sur L’Identité.  En explorant ce concept, les élèves ont fait preuve d’une grande créativité. Les quatre équipes se sont laissé inspirer par l’identité du Bas‑Saguenay : la pêche, nos origines, les espèces marines ainsi que leur propre milieu de vie, donnant naissance à quatre sculptures, soit une queue de baleine, la montaison des saumons, le kiosque de Petit‑Saguenay et un tronc d’arbre enlacé d’un serpent, symbole d’infini et du retour de plusieurs générations à leur territoire natal.

Plusieurs compétences sont sollicitées pour réaliser ce type de projet. Les équipes ont été formées en réfléchissant à celles-ci, aux forces complémentaires que l’on souhaite avoir en commun pour une œuvre collective. La créativité, la conception du 2D au 3D, avoir un leader positif, une personne manuelle et proactive, sont des caractéristiques ressorties pour permettre à chacun de s’allier au leader proposé. Après avoir exploré les outils sur une petite sculpture individuelle, les élèves doivent assembler les moules pour former les cubes de neige, compacter la neige pour la rendre sculptable, dégrossir leur sculpture pour finalement peaufiner les détails avec des outils qui leur sont fournis par l’école.

Comme le sculptage s’effectue sur quatre cours, la météo joue un rôle crucial dans l’avancement du projet : nous devons donc la surveiller afin de savoir si nous pouvons travailler chaque semaine et pour anticiper la durée de vie des œuvres. Cet art éphémère aide les jeunes à s’engager pleinement tout en acceptant les imprévus, ce qui renforce leur capacité d’adaptation.

Les sculptures sont installées directement derrière l’école, le long de la piste cyclable, permettant aux passants de les admirer tant que les conditions climatiques le permettent. Un vernissage aura lieu à la mi-février pour souligner l’accomplissement de ces œuvres impressionnantes.

Nos adolescents sont très motivés par la réussite de ce projet, ils ont la vision, l’énergie et l’envie d’apporter ce projet à une réussite pour la première année. En tant qu’enseignante, je ne peux qu’être fière d’avoir la chance de travailler dans un milieu qui permet de vivre d’aussi belles innovations pédagogiques. Voir nos jeunes apprendre autrement est non seulement inspirant, mais aussi profondément bénéfique pour la société de demain.

La ruée vers le Fjord pour réfléchir ensemble, ici, maintenant

Une foule extérieure éoute un concert de musique

Un festival sur la transition socio-écologique. Dit comme ça, ça peut sembler lourd, réservé à des gens déjà très politisés ou très outillés. Pourtant, le Festival Virage, qui se tiendra cette année du 26 au 28 juin, c’est exactement l’inverse de ce que j’aurais pu appréhender. C’est un lieu où on se rassemble pour comprendre, pour mettre des mots sur ce qu’on vit et ce qu’on ressent, pour écouter et se laisser bousculer; sans se faire écraser.

Une femme avec son enfant sur les genoux donne une conférence
Maude Vien donne une conférence, accompagné de son garçon Siméon.

Virage, c’est un espace où tu peux arriver avec tes idées, tes certitudes, autant que tes doutes et tes zones d’ombre. Un endroit où personne n’a la prétention de tout savoir, mais où chacun arrive avec quelque chose à offrir. On y croise des points de vue citoyens, militants, ancrés dans le terrain ou dans le vécu, sans hiérarchie rigide. Ce qui compte, ce n’est pas d’avoir la bonne réponse, mais d’oser participer à la conversation.

Nouvellement bas-saguenéenne, je ressens une vraie fierté en réalisant que l’événement estival de la transition socio-écologique au Québec, se tient ici. Un événement qui prend au sérieux les grands enjeux de notre époque, tout en restant profondément humain. Ça me donne envie d’inviter des ami·es de l’extérieur, de leur dire: viens voir, viens réfléchir, viens sentir ce qui bouillonne.

discussion en plein air

Du 26 au 28 juin 2026, Virage proposera des conférences, mais aussi des espaces de discussion ouverts, pensés pour favoriser des échanges d’égal à égal et pour nous aider à sortir de nos bulles. Que tu arrives pour écouter, pour questionner ou pour partager ton expérience, tu fais pleinement partie de l’intelligence collective. Ici, on ne cherche pas le consensus à tout prix, mais une meilleure compréhension mutuelle, dans un contexte où se parler pour de vrai, devient de plus en plus difficile. C’est aussi sous forme d’ateliers créatifs que ces réflexions pourront naître et être partagées.

La programmation familiale sera aussi de retour, grâce à l’implication de l’AGIR et si vous prenez le temps de sillonner les rues, il sera possible d’être spectateurs de différentes formes d’arts de rue.

Certaines thématiques traversent les années: féminisme, justice sociale, environnement, aménagement du territoire, transition énergétique. D’autres s’imposent avec urgence. Cette édition souhaite ouvrir des espaces de dialogue autour de la souveraineté du Québec. Elle propose aussi de réfléchir à la montée de la droite et à ses dérives autoritaires,  à ce qu’on pourrait appeler un fascisme tranquille, souvent insidieux, qui s’installe sans trop de bruit. Des sujets délicats, nécessaires, à aborder dans toutes leurs nuances.

Crédit photo : Marie Rousseau

Et parce que réfléchir ne se fait pas qu’avec la tête, la musique est aussi au rendez-vous! Gab Bouchard, Mahéja, Bouleau Noir, Fab just Fab et bien d’autres viendront accompagner les réflexions, créer des respirations, de la joie, rassembler autrement.

J’aime imaginer Virage comme une ruée vers des idées, des rencontres, des élans collectifs. Le genre de lieu d’où tu repars fatigué, inspiré, mais un peu plus solide. Moins de solitude aussi, dans ce monde qui donne parfois l’impression de s’effondrer.

Restez à l’affût; l’affiche de cette édition est entre les mains d’Eugénie, et on a très hâte de voir ce que cette artiste locale va nous proposer!

Le copeau de bois – Souligner la valeur du bois.

Gaétan Girard dans son atelier à l'Anse-Saint-Jean

Gaétan Girard est arrivé avec sa conjointe en 2023 à L’Anse-Saint-Jean avec comme principal projet d’y vivre tous les deux une retraite heureuse où le travail d’artisan serait mis en valeur. Comptable de formation, il a passé toute sa vie professionnelle au sein d’entreprises manufacturières, dont les 9 dernières années comme directeur de production à La Charpenterie de Chicoutimi. L’amour du travail du bois y a sans doute pris racine.

C’est en 2022 qu’un peu par hasard il découvre le tour à bois ! L’effet est instantané, sa maison devra avoir un atelier assez grand pour y développer sa nouvelle passion.

Dès le début de l’entretien, j’apprends avec étonnement que l’on peut tourner des pièces en segmentant le bois. « C’est de valeur que tout l’intérieur d’une pièce se retrouve par terre en copeaux. Il y a beaucoup de perte, alors on s’y prend autrement. Tu façonnes des anneaux via des segments que tu colles ensemble, pour finalement empiler tous ces anneaux l’un par-dessus l’autre selon la forme imaginée au départ », me confirme l’artisan tourneur.

Il apprécie particulièrement les grosses loupes qui se forment sur le tronc de certains arbres, comme le merisier, l’érable et le cerisier. Gaétan Girard en acquiert un peu partout en province auprès des bûcherons locaux: « Ces loupes sont très recherchées à cause des motifs qu’il y a à l’intérieur. Cela donne de magnifiques pièces, comme cette urne que j’ai faite l’année dernière. »

Gaétan travaille de plus en plus avec du bois local, a même racheté certaines pièces des anciens Ateliers Bois de Fer. Sous le nom de « Le Copeau de Bois », vous pourrez le retrouver aux Haltes Gourmandes sur le quai de L’Anse-Saint-Jean, dans les marchés de Noël mais également au Symposium de Petit-Saguenay où une place de choix est toujours réservée aux artisans locaux.

Avant de se quitter, je ne peux m’empêcher de demander à cet ancien directeur de production, qui passe sa retraite à temps plein dans son atelier, pourquoi selon lui, on ne fait pas au Québec plus de 2e transformation du bois récolté dans nos forêts ? « Je vous dirais que l’industrie manufacturière requiert du volume et de l’organisation pour être en mesure d’offrir un produit et la population ici est trop petite pour englober le produit qu’une architecture de production demande comme volume. Quand on a des entreprises comme La Charpenterie, qui embauchait tout de même une centaine de personnes, ce qui fait vivre ces entreprises-là, c’est l’exportation hors-région, et aussi parce qu’il y a des normes du bâtiment qui obligent la personne qui construit sa maison, même un auto-constructeur, à avoir une charpente certifiée. »

Pour parler bois avec Gaétan Girard, vous pouvez toujours le rejoindre au 418 818-0419. Son atelier est situé au 165, route 170 à l’Anse-St-Jean.

Les lots à bois privés.

Je suis allée rencontrer Pierre-Maurice Gagnon, président du Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 2002. J’avais quelques questions à lui poser concernant les droits et devoirs des propriétaires de lots à bois.

« En tant que propriétaire de lot à bois, si on ne peut pas couper comme on le souhaite sa forêt, il reste que l’on a tout de même une certaine latitude. D’une part, il y a les propriétaires qui ne mettent pas de bois en marché, qui récoltent juste leur bois de chauffage sur leur terre. Ceux-là n’ont besoin d’aucun permis. Et puis, il y a les propriétaires qui eux mettent du bois en marché tous les ans, ou à l’occasion. Ils le vendent pour faire du bois de sciage », précise ce passionné de la forêt.

C’est d’ailleurs uniquement sur ce bois d’œuvre que l’on paye une taxe de 45 % quand on exporte aux États-Unis. On récolte plus que nos besoins et c’est pour cela qu’on est obligé de vendre sur le marché américain.

Il y a 7 employés qui travaillent au Syndicat, dont un directeur de mise en marché. C’est lui qui s’occupe de négocier et de recevoir les demandes de permis. « C’est le Syndicat qui accorde ces permis et en général on accepte toutes les demandes. On signe des contrats annuels pour mettons un volume de 300 000 m3 dans le résineux. Les demandes qui sont faites par les propriétaires de lots à bois ne dépassent en général jamais le volume octroyé », poursuit Pierre-Maurice Gagnon.

Les instances municipales interviennent seulement quand certaines récoltes touchent des milieux humides ou que les demandes de permis de coupes comprennent des superficies de plus de 4 hectares.

Pour être membre du Syndicat, il suffit de prendre une carte de membre valide à vie. Cela permet d’assister à des séances d’information destinées aux propriétaires. « On n’oblige personne évidemment à bûcher son lot mais on informe nos membres que s’ils attendent trop, ils risquent de perdre leur forêt. Il faut récolter le bois quand il est prêt et laisser ainsi la régénération s’établir. Cela va favoriser une 2e récolte. Il faut savoir que cela a une durée de vie un arbre, un sapin entre 50 et 70 ans, il est prêt à être récolté, le tremble, c’est la même affaire. »

- Publicité -

NOUVEAUTÉ

POPULAIRE