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L’érablière familiale de Dave Gagné

Apprendre, tester et produire

Dave Gagné me parle de son érablière avec l’enthousiasme de quelqu’un qui aime en parler! L’érablière de 80 hectares longe la rivière Saint-Jean. ll en est propriétaire depuis 2021. Une terre vierge, me dit-il d’emblée. Avant lui, aucun arbre n’avait été entaillé. Aujourd’hui, on y compte environ 300 entailles, réparties sur une érablière qui produit un peu  plus de 200 cannes par saison, quand tout va bien. Une saison courte, intense, qui dure entre trois et quatre semaines, selon les caprices de la météo.

Chez Dave, l’acériculture n’est pas un projet improvisé. C’est une passion qui remonte à loin. Il me raconte qu’entre 12 et 17 ans, pendant la saison des sucres, il allait aider son oncle Magella tous les jours après l’école, directement en débarquant de l’autobus et toutes les fins de semaine. Plus tard, il a aussi donné un coup de main à son beau-père sur son érablière. On sent que cette passion s’est construite tôt, et surtout, qu’elle ne l’a jamais quitté.

Un homme de dos avec son chien regarde le paysage au loin
Dave Gagné, accompagné de son chien, admire les beautés du paysage.

Ce qui me frappe le plus en l’écoutant parler, c’est son enthousiasme contagieux pour les techniques acéricoles. Dave est dépositaire pour Les Équipements Lapierre, un fournisseur d’équipements acéricoles, et il connaît son sujet sur le bout des doigts. Il me parle de matériel, de rendements, de précision. À un moment, il me demande même si je veux une copie d’une revue spécialisée. Pas par obligation, mais parce qu’il a sincèrement envie que je comprenne ce qui l’anime, même avec quelqu’un pour qui le mot “brix”, mesure qui indique la concentration de sucre, était inconnu quelques minutes avant.

Il me parle aussi de Stéphane Guay, biologiste spécialisé en acériculture, qu’il suit assidûment, pour s’assurer de mieux comprendre et d’améliorer ses pratiques. Les changements climatiques font inévitablement partie de la conversation. Avec un sourire, Dave me mentionne que certaines études avancent que, dans cent ans, les meilleures conditions pour produire du sirop d’érable pourraient bien se trouver ici, au Saguenay. Aujourd’hui, elles sont encore plus au sud, notamment en Beauce.

Dans son érablière, certains érables poussent à près de 300 mètres d’altitude. Leur croissance est plus lente, les troncs moins épais. J’apprends alors que cette croissance plus faible influence directement la circulation de l’eau d’érable, du système racinaire jusqu’aux branches, lors des cycles de gel et de dégel. Sans nuits froides, autour de -7 ou -10 degrés, suivies de journées plus douces, l’eau ne coule tout simplement pas. Chaque année amène son lot d’incertitudes.

Un évaporateur moderne en fonction

Dave me précise aussi qu’il conserve les bouleaux jaunes dans son érablière, que ce sont de bons compagnons pour les érables, les protègent des grands vents. Je comprends alors que sa forêt, il la veut la plus naturelle possible, respectueuse de ses équilibres.

Lorsqu’on parle de ses façons de faire, je comprends que Dave a lancé son projet pour pouvoir expérimenter, ajuster, tester. Son installation demeure assez conventionnelle, sans pompe ni concentrateur, mais avec de la tubulure. Elle est pensée pour s’adapter à son mode de vie. Propriétaire d’un commerce, il ne peut pas être à l’érablière en continu. Il récolte donc son sirop juste avant qu’il atteigne sa concentration finale, à 59 brix pour un sirop onctueux. Ensuite, il complète le processus avec précision, au moment qui lui convient.

Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est être dehors, préparer ses arbres, anticiper la saison. Chez Dave, faire du sirop d’érable, c’est accepter que tout ne se contrôle pas. C’est travailler avec le temps, la météo et la forêt, en cherchant l’équilibre plutôt que la performance.

Aires protégées : réfléchir ensemble à l’avenir du territoire

Un lac se reflète dans le miroir de ses eaux
Le lac Cardinal, un lac d’origine glaciaire entouré de falaises impressionnantes.

Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement plus large

En 2022, lors de la Conférence sur la diversité biologique des Nations unies (COP15) tenue à Montréal, les gouvernements du monde entier se sont engagés à mieux protéger la nature. Le Québec a répondu à cet appel avec le Plan nature 2030, qui a notamment comme objectif de conserver 30 % des milieux terrestres et 30 % des milieux marins et côtiers du Québec d’ici 2030.

C’est dans ce contexte qu’un appel à projets d’aires protégées a été lancé en 2024 par le gouvernement du Québec. Tout le monde pouvait y participer, que ce soient, notamment des municipalités, des organismes ou même des citoyens. L’objectif : connaitre les secteurs à protéger privilégiés par les acteurs, en tenant compte des réalités locales.

Au total, un peu plus de 400 projets jugés complets font actuellement l’objet de travaux de concertation régionale, amorcés au printemps 2025 et qui se poursuivront jusqu’à l’automne 2026. Ces travaux vont aboutir à des recommandations afin d’outiller le gouvernement du Québec dans sa prise de décision pour la création de nouvelles aires protégées.

Dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, plus d’une quarantaine de propositions sont discutées dans six tables de concertation : une régionale et cinq locales par MRC.

La concertation au cœur du processus

La désignation d’aires protégées constitue un exercice de conciliation des aspects environnementaux, économiques, sociaux et culturels. C’est pourquoi des acteurs provenant de différents milieux – incluant le milieu forestier – participent activement aux tables de concertation.

Leur participation vise à assurer une compréhension complète des réalités du terrain.

Ainsi, les recommandations qui découleront des tables de concertation tiendront compte à la fois des objectifs de protection du territoire et des réalités du milieu, notamment le milieu forestier. Avant toute prise de décision finale du gouvernement du Québec concernant la création de nouvelles aires protégées, il est important de rappeler que les projets recommandés feront également l’objet d’une analyse interministérielle relativement à leurs aspects écologiques ainsi que des impacts socioéconomiques.

Du haut des falaises du lac Cardinal, es points de vues extraordinaires.
Le sentier qui surplombe le lac offre des points de vue exceptionnels. Crédit photo : Jérôme Côté-Allard.

Et au Bas-Saguenay ?

Au Bas-Saguenay, cinq propositions d’aires protégées sont actuellement à l’étude. Elles concernent les municipalités de Saint-Félix-d’Otis, de L’Anse-Saint-Jean et de Petit-Saguenay, qui seront donc directement impliquées dans le processus de concertation.

À noter qu’il est trop tôt pour savoir si ces propositions seront recommandées par les tables de concertation régionales. En effet, comme mentionné ci-haut, la démarche de concertation vise notamment à évaluer l’acceptabilité sociale, à tenir compte des réalités locales et à permettre aux acteurs municipaux et régionaux de se prononcer sur les propositions, dans une perspective de dialogue et d’équilibre entre la conservation et les usages du territoire.

Un projet porté par la municipalité de Petit-Saguenay

Parmi les propositions déposées, la municipalité de Petit-Saguenay a présenté un projet visant le secteur du lac Cardinal et la vallée de la rivière du Portage. Ce territoire se démarque notamment par la présence de forêts anciennes et d’un refuge biologique existant, qui témoignent de ses atouts fauniques et floristiques.

Le secteur se distingue aussi par des paysages exceptionnels. Le lac Cardinal, un lac d’origine glaciaire, est entouré de falaises impressionnantes qui rendent l’endroit unique. Ces parois rocheuses s’élèvent à plus de 400 mètres au-dessus du lac et rappellent, par leur verticalité, celles du fjord. Ce décor naturel remarquable ajoute à l’intérêt du secteur, autant pour la nature que pour le paysage.

Il est important de rappeler qu’une aire protégée n’est pas une cloche de verre. Il existe différents statuts de protection qui permettent, selon les cas, de maintenir des activités comme la chasse, la pêche, la villégiature ou des usages récréatifs permettant ainsi de dynamiser de façon durable les économies locales. La proposition de Petit-Saguenay s’inscrit dans cette logique de cohabitation entre protection de la nature et usages du territoire. Elle sera évaluée, comme les autres, dans le cadre du processus de concertation.

Quel avenir pour la foresterie au Québec

Une forêt partiellement bûchée sous la neige
Crédit photo : Agence Canopée

Afin de mieux cerner les enjeux qui entourent l’avenir de l’industrie forestière au Québec, le Trait d’union est allé poser quelques questions au ministère des Ressources naturelles et des Forêts. En voici le compte-rendu.

Combien de travailleurs de la forêt au Québec ?

En 2024, l’ensemble du secteur forestier employait directement plus de 57 000 personnes. Il s’agit d’emplois en forêt (9 697), dans l’industrie des produits du bois (29 500) et dans l’industrie du papier et des produits connexes (18 100).

Il n’est pas exagéré de dire que l’industrie forestière est actuellement en crise. Quelles sont les solutions envisagées par le gouvernement ? Quelle place est attribuée aux petites entreprises dans ce plan ? Quelles sont selon vous les causes de la crise actuelle ?

Les conditions difficiles sur les marchés du bois d’œuvre depuis plusieurs mois ont de lourds impacts sur l’industrie de la transformation du bois : tarifs, droits compensateurs et antidumping qui totalisent actuellement 45,16 % pour les exportations de bois d’œuvre aux États-Unis. Les droits antidumping (AD) visent à lutter contre le « dumping », c’est-à-dire la pratique consistant pour les fabricants à vendre/exporter des marchandises vers un autre pays à des prix inférieurs au coût de production ou à la juste valeur marchande.

Les droits compensateurs (CVD) sont des droits de douane imposés sur les biens importés pour contrer les subventions accordées par les gouvernements étrangers à leurs producteurs, leur conférant un avantage déloyal en réduisant leurs coûts de production.

Depuis 2017, les exportations canadiennes de bois d’œuvre résineux aux États-Unis sont assujetties à des droits CVD et AD et ces taux sont révisés annuellement. Le 25 juillet 2025, les droits AD sont ainsi passés de 7,66 % à 20,53 %. Le 8 août 2025, le taux CVD est passé de 6,74 % à 14,63 %. Ainsi, les droits tarifaires moyens totaux sont passés de 14,40 % à 35,16 %.

Le 14 octobre 2025, le tarif total sur le bois d’œuvre résineux est passé à 45,16 % avec l’ajout d’un 10 % découlant des résultats d’une enquête en sécurité nationale, déclenchée en vertu du Trade expansion Act de 1962. Ce « tarif » de 10 % est ajouté aux CVD et AD.

Le gouvernement du Québec suit de près la situation et continuera de soutenir les entreprises et les communautés affectées par la crise forestière. Des programmes d’aides financières sont disponibles pour appuyer les employés touchés par des fermetures et soutenir les activités des entreprises ainsi que leurs projets.

On voit ici que les tarifs de nos voisins américains sont une des causes majeures de la crise forestière : outre l’ouverture vers de nouveaux marchés, la 2e transformation de notre bois est-elle une des solutions envisagées ?

La première transformation consiste à usiner la matière première, sous forme de bois rond, copeaux, sciures, rabotures, écorces, bois et papier récupérés, par un établissement pour en faire un produit fini ou semi-fini.

La 2e transformation du bois constitue une opportunité pour permettre à l’industrie des produits forestiers de diversifier son panier de produits afin d’améliorer sa compétitivité et de réduire sa dépendance envers le marché américain. La transition de l’industrie vers des produits de 2e transformation à plus grande valeur ajoutée permet à l’industrie de réduire sa vulnérabilité face aux risques commerciaux associés aux produits de première transformation. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts soutient notamment des projets dans la 2e transformation du bois via le Programme Innovation Bois.

On entend souvent dans les médias que le nouveau régime forestier a dû faire marche arrière car il ne prenait en compte que les intérêts de l’industrie forestière, sans consulter les autres acteurs concernés, comme les premières nations ou les entreprises de plein air. Que pensez-vous de ce constat ?

Le projet de loi no 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier (PL97) a été présenté le 23 avril 2025 à l’Assemblée nationale en réponse aux multiples défis auxquels est confronté le secteur forestier, notamment le contexte économique difficile dont les droits compensateurs imposés par les États-Unis, de même que les changements climatiques. L’objectif du PL97 était de mettre en place un régime forestier permettant d’offrir plus de flexibilité et d’agilité, de simplifier la gestion forestière, de renforcer les partenariats avec les communautés autochtones, d’assurer une meilleure régionalisation de la prise de décision et d’améliorer l’environnement d’affaires des entreprises du secteur forestier.

Préalablement à la présentation du PL97, le MRNF a mené une vaste démarche de consultation intitulée les Tables de réflexion sur l’avenir de la forêt. Le gouvernement a été à l’écoute des différentes parties prenantes du domaine forestier, dont des représentants d’entreprises, d’organismes de défense de l’environnement, d’organismes représentant les pourvoyeurs et les villégiateurs, de municipalités et de communautés autochtones. Près de 500 personnes ont participé aux diverses rencontres de consultation et 175 mémoires ont été soumis au MRNF. De plus, suivant la présentation du PL97 à l’Assemblée nationale en avril 2025, plus de vingt groupes ont participé aux consultations particulières en mai et juin 2025. De plus, 50 mémoires ont été déposés et plus de 100 commentaires de citoyens ont été émis sur le site de l’Assemblée nationale. Tout au long de ce processus de consultation, les communautés autochtones ont été invitées, à plusieurs reprises, pour discuter tant sur l’avenir de la forêt, que sur le régime forestier et les opportunités de modifications législatives que pourrait comporter le projet de loi.

Fermeture de la scierie de Petit-Saguenay

photo aérienne d'une scierie
La scierie de Petit-Saguenay avait redémarré ses activités en juin 2016.

Rencontre avec Daniel Lavoie

Directeur de la scierie pendant près de 3 ans, Daniel Lavoie est entré en poste en connaissance de cause : « Je le savais que je prenais les rennes d’une entreprise pas solide à 100 %. Je savais également que pour garantir sa rentabilité, il fallait qu’une 2e phase d’investissement ait lieu. »

Il faut savoir que la scierie de Petit-Saguenay fonctionnait grâce à deux principaux marchés, 50 % pour l’approvisionnement de l’usine de palettes de Lévis et un autre 50 % pour le marché canadien et américain. La baisse de la valeur du marché jumelée à l’augmentation des coûts de la matière première et des frais d’exploitation ont précipité la faillite de l’usine.

En 2019, le plan de restructuration prévoyait un premier 3,2 M. Cette première phase consistait à moderniser les étapes à la sortie de l’usine, l’empilage et le triage. Là où avant 8 employés minimum étaient nécessaires, seulement 2 permettent maintenant d’obtenir le même rendement. « Pour ces postes, on avait toujours du mal à trouver du personnel car ces manipulations se faisaient dehors, poursuit Daniel. À cause de la pandémie et de la hausse des matériaux qui s’en est suivie, cette première étape nous a coûté le double. »

La 2e phase d’investissement devait moderniser l’entrée de l’usine, et ainsi augmenter sa capacité de sciage de 30 à 40 %, tout en améliorant considérablement les conditions de travail très physiques des employés. « L’argent de la 2e phase d’investissement déjà dépensé lors de la première, des années 2023-2024 durant lesquelles le marché a terriblement baissé, il n’en fallait pas plus pour refroidir l’ardeur de nos bailleurs de fonds : ils ont interrompu toutes nouvelles offres de financement et s’apprêtent actuellement à démanteler l’usine », se désole le dernier directeur de la scierie.

« À mon avis, on va devoir dans un proche avenir reconstruire des usines qui scient du tremble, cet arbre fait trop partie de l’équation dans l’industrie forestière québécoise », conclut Daniel Lavoie en se demandant quel avenir se profile pour les petites scieries de village. « Si la tendance se maintient et que les gouvernements et bailleurs de fonds continuent de soutenir essentiellement les grosses entreprises, on a le droit d’être inquiet pour l’avenir de notre territoire. »

La scierie de Petit-Saguenay avait redémarré ses activités en juin 2016 et embauchait 25 personnes, toutes établies dans la région du Bas-Saguenay.

Plus de 60 ans d’engagement, de solidarité et de passion pour la forêt

Travailleurs forestiers en action

Fondée en 1963 à la suite de la fermeture de la Compagnie Price, la Coopérative forestière Ferland-Boilleau est née de la volonté de visionnaires qui ont choisi d’unir leurs forces pour bâtir une entreprise collective durable. Plus de soixante ans plus tard, la COOP est devenue un acteur incontournable du secteur forestier au Saguenay. Elle compte aujourd’hui plus de 120 employés, dont plus de 80 membres travailleurs.

La Coopérative assure l’aménagement de près de 3 500 hectares de forêts et récolte annuellement environ 300 000 mètres cubes de bois. Sa mission est claire : valoriser et transformer la ressource forestière de façon responsable, tout en offrant un milieu de travail sécuritaire, stimulant et axé sur la qualité de vie. Respect, équité, engagement, coopération et développement durable guident chacune de ses actions.

Travailleur forestier devant une grosse multifonctionnelle
Raphaël Côté travaille pour la Coopérative forestière depuis plusiseurs années.

Au fil des décennies, la COOP a su diversifier et intégrer verticalement ses activités, de l’aménagement forestier jusqu’à la transformation du bois. C’est dans cette perspective qu’elle a acquis au fil des ans de nombreuses usines qui font maintenant partie de la grande famille Coop. En 2012, la Coopérative devient actionnaire du Groupe Lignarex, qui compte aujourd’hui une usine de sciage à La Baie et une usine de séchage et de rabotage à Scott, en Beauce. En août 2024, souhaitant développer de nouvelles synergies et consolider la transformation des bois en région, la Coopérative fait l’acquisition de deux nouvelles entités en 2024 : Scierie Lac-Saint-Jean à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et Bois Lac-Saint-Jean, une usine de séchage et rabotage à Héberville.

Profondément enracinée dans son milieu, la Coopérative joue un rôle majeur dans le développement économique local. Elle soutient activement la communauté, notamment par des contributions financières à l’école St-Gabriel lors de son 60e anniversaire, par l’implication bénévole de ses membres au Club des petits déjeuners et par son rôle clé dans la mise sur pied de la Coopérative de solidarité de Ferland-et-Boilleau, qui administre le dépanneur du village. La COOP assure également la gestion du camping du Petit lac Ha! Ha! ainsi que la comptabilité du dépanneur.

Comme l’ensemble de la filière forestière québécoise, la Coopérative fait face à plusieurs défis : l’accès à la ressource, le manque de prévisibilité du régime forestier, les conflits commerciaux et les enjeux liés aux aires protégées. Malgré ce contexte exigeant, la COOP demeure résiliente. Sa plus grande force repose sur ses membres, qui participent activement aux opérations quotidiennes et, pour certains, aux orientations stratégiques à travers le conseil d’administration.

Le modèle coopératif favorise un fort sentiment d’appartenance et permet aux travailleurs de s’impliquer dans un projet collectif porteur de sens. Cette solidarité s’est manifestée à plusieurs reprises, notamment lors de situations difficiles vécues par des membres ou d’anciens membres, où la Coopérative a su se mobiliser concrètement pour soutenir les familles touchées.

Réunon es membres de la Coopérative forestière de Ferland-et-Bolleau
Profondément enracinée dans son milieu, la Coopérative joue un rôle majeur dans le développement économique local.

Soucieuse de l’environnement, la COOP applique des pratiques d’aménagement forestier responsables et certifiées. Grâce à sa certification ISO 14001 et au respect rigoureux des normes du RADF, elle veille à protéger les milieux sensibles, les cours d’eau et la biodiversité, tout en assurant la pérennité de la ressource forestière.

Malgré une période économique exigeante pour le secteur, la Coopérative forestière Ferland-Boilleau demeure confiante en l’avenir.

« La forêt est une richesse collective, essentielle pour l’économie et l’environnement. Notre ambition est de continuer à investir dans la forêt, à valoriser le savoir-faire local et à soutenir nos membres. Malgré les défis, la passion et le professionnalisme de nos travailleurs de terrain feront la différence. »

La Coopérative forestière Ferland-et-Boilleau, c’est plus de six décennies d’histoire, de passion pour la forêt et de solidarité avec la communauté. Une institution locale qui continue de regarder vers l’avenir avec confiance, portée par ses membres et par l’engagement de tous ceux qui croient en la force de leur milieu.

Une mémoire toujours vivante

Deux bûcherons scient un gros pin au godendor

La foresterie est un sujet lié à l’histoire locale, à la colonisation et au développement économique de la région. Les municipalités du Bas-Saguenay y ont des racines profondément ancrées dès les débuts de l’exploitation forestière du territoire. Plusieurs familles et traditions locales en découlent.

Quand le « bois payait la ferme »

Dès 1837–1838, l’immense potentiel forestier du Bas-Saguenay attire des investisseurs. La Société des entrepreneurs des pinières du Saguenay (aussi appelée Société des Vingt-et-Un) ouvre les premiers moulins à scie au Saguenay et dans ses rivières tributaires, notamment autour de ce qui deviendra Petit-Saguenay et L’Anse-Saint-Jean.

Des draveurs transportent le bois vers le fjord
À l’époque le bois était acheminé par les rivières. On appelait cette technique la drave.

Très vite, l’entreprise de William Price (1789–1867), un marchand de bois britannique, achète les moulins du Bas-Saguenay. L’entrepreneur acquiert des scieries, exploite les forêts de pins et d’épinettes, développe le sciage et organise la collecte du bois via les rivières, puis l’expédition vers Québec ou l’étranger. Ses travailleurs sont parfois payés en bons échangeables dans les magasins de sa compagnie: « Tu travailles pour la compagnie, tu manges chez la compagnie. ». Ce système crée une dépendance, mais assure aussi une certaine stabilité économique dans les villages forestiers. Cela permet un revenu pour les fermiers en hiver, ces derniers peuvent quitter jusqu’à 5 mois l’hiver afin d’amasser de l’argent pour les bêtes et les bâtiments de leur ferme.

Évolution du commerce du bois

À l’époque, le colon vivait au rythme des saisons, quelques mois de dur labeur dans les champs en famille et quelques autres loin, au froid, dans les camps de bûcherons. L’exploitation intensive du pin blanc, surtout dans la première moitié du XIXᵉ siècle, a rapidement réduit cette ressource locale, ce qui a poussé les industries à diversifier leurs coupes vers l’épinette et d’autres essences. Autour des années 1960, l’entreprise William Price perd de son ampleur, provoquant une mobilisation afin de récupérer nos forêts. Un peu après, en 1963, Ferland-et-Boileau crée sa Coopérative forestière, l’une des grandes fiertés de la municipalité !

Au milieu du 20ᵉ siècle, l’industrie forestière demeure un pilier économique de la région, et elle se modernise : mécanisation, meilleure gestion des ressources, début de la transformation du bois en produits de pulpe et papier. Dans les années 1950–1960, l’électrification rurale et l’amélioration des infrastructures facilitent l’essor des industries forestières et l’accès aux zones plus reculées, comme celles des municipalités du Bas-Saguenay.

En date d’aujourd’hui

Alors que certains sites forestiers historiques s’intègrent maintenant dans l’identité culturelle, plusieurs municipalités combinent aujourd’hui tourisme, agriculture et foresterie durable. La surconsommation de nos arbres a poussé les entreprises de coupes de bois à investir dans le reboisement suite à une coupe. Le besoin se trouve moins grand qu’avant ce qui, malheureusement, entraine des pertes d’emplois. Bien que l’industrie forestière prenne moins de place dans notre économie, elle fait encore souvent parler d’elle dans l’actualité. Nos oncles ou grands-parents qui nous racontent les péripéties dangereuses des draveurs, l’intensité du froid et de l’isolement dans les camps sans oublier l’importance du cuisinier, car sans lui pas de chantier !

Un héritage bien enraciné

Finalement la foresterie a laissé sa trace partout : dans les noms de chemins, de ruisseaux, dans les histoires racontées aux veillées, et dans le caractère même des gens du Bas-Saguenay. Respect de la nature, entraide, persévérance autant de valeurs héritées du travail en forêt. Aujourd’hui, même si l’économie s’est diversifiée, la forêt demeure un pilier identitaire. Elle continue de relier les générations, rappelant que nos villages se sont bâtis, à la force des bras, à la sueur des fronts et au rythme des saisons.

 

Sources
• Société historique du Saguenay
• Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)
• Musée du Fjord
• Ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec
• Coopérative forestière de Ferland-et-Boilleau
• Parc national du Fjord-du-Saguenay

Un nouveau directeur au RISIF

Trois pompiers posent dans un cahlet en bois rond
Daniel Rivard, Mireille Lavoie et Keven Gagné, directeur adjoint, travaillent ensemble pour la RISIF.

La Régie intermunicipale de sécurité incendie du Fjord (RISIF) est fière de souligner l’entrée en fonction de son nouveau directeur incendie, Daniel Rivard, en poste depuis la fin de l’année 2025.

Lieutenant au Service de sécurité incendie de Saint-Honoré, Daniel Rivard assume désormais la direction incendie de la RISIF, ainsi que des services incendie de Saint-Honoré et Falardeau. À ce titre, il est responsable de l’ensemble des fonctions reliées au rôle de directeur incendie, incluant la gestion administrative, opérationnelle et stratégique des services, tout en s’appuyant sur la collaboration étroite des directeurs adjoints présents au sein de chacune des entités.

Daniel Rivard se distingue par son leadership mobilisateur et sa vision axée sur le travail d’équipe. Il accorde une grande importance à la collaboration à tous les niveaux de l’organisation, notamment avec les lieutenants de caserne, avec qui il travaille de façon étroite afin d’assurer une communication fluide, une supervision efficace et une prise de décision cohérente sur le terrain comme à l’interne.

Pour l’avenir, ce dernier souhaite poursuivre le développement d’une approche harmonisée entre les trois services incendie, notamment en ce qui concerne la formation, les pratiques opérationnelles, les procédures et les standards de sécurité. Cette vision commune vise à renforcer l’efficacité des interventions, à optimiser le partage des ressources et à offrir à la population un service incendie encore plus structuré, sécuritaire et performant.

La RISIF est convaincue que l’expertise, l’engagement et l’esprit collaboratif de Daniel Rivard contribueront positivement à l’évolution des services incendie du territoire. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans ses nouvelles fonctions et nous nous réjouissons de travailler avec lui à bâtir l’avenir de la sécurité incendie dans nos communautés.

Nouvelle agente aux loisirs et à la vie communautaire de Rivière-Éternité

Une femme pose devant un vitrail

Entrée en poste en décembre 2025, Barbara Girard est la nouvelle responsable des loisirs et de la vie communautaire à Rivière-Éternité. Originaire de Saint-Félix-d’Otis, elle connaît bien le Bas-Saguenay, même si la vie l’a menée ailleurs pendant quelques années. Fille de plein air, créative et profondément humaine, elle arrive avec une idée claire : des loisirs à l’image des citoyens, qui donnent envie de se rassembler.

Avant de revenir dans la région, elle est partie étudier en intervention en délinquance à Drummondville, une formation marquante qui a renforcé chez elle l’importance d’écouter et de bien comprendre les besoins avant d’agir. Son retour au Bas-Saguenay s’est toutefois fait… à la Barbara : un déménagement improvisé, un appartement vidé en moins de 12 heures, et la voilà de retour chez elle. Une histoire qui la fait encore rire et qui illustre bien son côté spontané et assumé.

Maman de deux jeunes garçons, elle parle de la maternité comme d’un moteur de changement positif – en admettant, avec humour, ne jamais avoir été une grande fan de la grossesse.

Dans son rôle, elle mise avant tout sur l’écoute et la réactivité. Dès son arrivée, elle a lancé un sondage en ligne pour mieux comprendre les attentes et les envies de la population. Pour elle, les loisirs servent à créer un lien, à favoriser les échanges entre générations et à partager des savoirs, que ce soit par des activités culturelles, physiques ou simplement par le plaisir d’être ensemble.

Côté idées, elle aime ce qui sort du cadre et permet aux gens de se rencontrer autrement. L’humour y occupe aussi une place importante, convaincue que rire c’est la santé. Parmi ses idées figure notamment un concept de « speed dating » sans romance, basé sur des discussions autour des passions, des valeurs et des opinions.

Et pour ceux qui croient déjà tout savoir d’elle, elle cache quelques talents musicaux : clarinette, saxophone, accordéon, un peu de guitare et de ukulélé — pas super bien, précise-t-elle. Elle a aussi appris à faire du snowboard sur le tard, au jeune âge de 26 ans.

Accessible et ouverte, elle invite les citoyens à communiquer avec elle pour proposer des idées ou s’impliquer :

Facebook : Loisirs Vie Communautaire Rivière-Éternité
Courriel : loisirs@riviere-eternite.com
Téléphone : 418 272-2860, poste 3103

Les jeunes projettent leur MDJ de rêve

Des jeunes autour d'une table dessinent leur projet de local
Crédits photos : Eugénie Lavoie

Dans le début des années 2010, le conseil d’administration de la Maison des jeunes du Bas-Saguenay a étudié la possibilité d’adapter son local pour les jeunes à mobilité réduite afin d’être plus sécuritaire et inclusif. Occupant le sous-sol, l’adaptation était très dispendieuse à réaliser. Le projet aurait nécessité un ascenseur et a rapidement été mis de côté. Quand, en 2021, la directrice du CPE Mini-Monde est venue demander à la MDJ, qui est propriétaire du bâtiment, un local plus grand pour pouvoir mettre en place un nouveau service de pouponnière, ce vieux rêve s’est rallumé. En agrandissant pour les deux organisations, la MDJ pouvait enfin adapter son local! Finalement, en 2022, après des démarches auprès d’architectes et de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean, tous le constatent, il est plus favorable pour la réalisation de l’espace pouponnière du CPE d’être relocalisé dans le centre communautaire de La Petite École.

À partir de ce moment-là, la MDJ peut encore rêver d’améliorer son milieu de vie pour le rendre à l’image des jeunes! Au cours de plusieurs ateliers consultatifs, ils ont nommé leurs besoins et participé à la conception des plans avec la firme Seconde Nature Studio. Ils souhaitaient un espace favorisant les rencontres en groupe, avec une table-conférence, des espaces plus calmes où l’on peut discuter en toute confidentialité ou simplement se détendre, un espace pour s’exprimer, danser ou faire du théâtre, un espace technologique pour jouer à des jeux vidéo entre amis, des espaces réservés aux jeux et aux ateliers pratiques, ainsi qu’une cuisine fonctionnelle pour les ateliers et les cuisines collectives. Enfin, ils pourront jouer au billard, au ping-pong ou à des jeux de société en même temps, sans se piler sur les pieds.

Une jeune dessine

La pierre angulaire de ce projet, l’entrée principale et le rez-de-chaussée seront entièrement repensés pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le réaménagement répond à une priorité de la MDJ d’accueillir et d’intégrer davantage de jeunes, sans distinction.

Les jeunes sont enthousiastes, Logan et Benjamin donnent leur vision des rénovations : « J’ai vraiment hâte, car nous allons avoir plus d’espace ».

« On pourra avoir plus de gens », nomme Maéva. En effet, nous espérons que ces deux étages permettront aux différents groupes d’âge de cohabiter.

Joliane renchérit : « Moi, je trouve ça bien, car on aura plus d’espace pour s’exprimer et être tranquille », même si les jeunes viennent en premier pour socialiser et être avec des amis(es) certains recherchent un coin vraiment relax, selon Aulyvia.

Les temps changent et les générations, mais certaines idées gardent la cote. Jade explique qu’elle aimerait avoir un coin maquillage et coiffure. Joliane propose une grande table pour manger tous ensemble et un… lave-vaisselle. Et oui, la MDJ est aussi un lieu d’apprentissage et du développement de l’autonomie.

Mimosa et ses amies réfléchissent à un salon avec une belle bibliothèque et un divan-lit avec des coussins Squishmallows pour écouter des films ensemble. Elles rêvent d’une atmosphère chaleureuse et douillette. D’un autre côté, pour répondre à toutes les préférences et respecter les différents goûts, Estelle complète le rêve « Des espaces animés et colorés, pas du noir et du blanc partout! »

Plusieurs jeunes disent qu’ils viendraient plus souvent à la MDJ si un coin créatif y était aménagé, comme un local avec des activités artistiques.

Ce printemps, place aux travaux de réaménagement, il est temps de transformer les locaux. La MDJ concrétisera ses aspirations!

Un projet pensé par les jeunes, pour les jeunes!

Bravo aux jeunes de Ferland-et-Boilleau qui se sont mobilisés autour d’un projet très rassembleur ! Début décembre, Emile St-Hilaire demande à sa grand-mère si elle peut les aider dans leur projet : un chandail personnalisé pour les hockeyeurs (euses).

Les jeunes ont créé eux-mêmes leur logo (trop mignon, un orignal qui joue au hockey).  Chaque joueur a maintenant son chandail personnalisé avec son nom ou surnom et son numéro de joueur d’inscrits dessus. Des supporteurs peuvent également acheter leur chandail personnalisé !

Avec enthousiasme, les jeunes ont été supportés dans ce projet par la communauté. Il y a eu tout d’abord Pascale Deschênes qui s’est occupée de la négociation avec les fournisseurs pour trouver un chandail hockey à prix abordable et s’assurer de leur qualité et du visuel.

De son côté, Chantale Gagnon s’est chargée de la confection des brassards. Comme il n’y a qu’un seul visuel pour tous les joueurs, des brassards bleus et rouges sont utilisés pour identifier les équipes lors d’une partie de hockey;

Enfin, Monique Otis a coordonné le projet avec Émile et son équipe et a assumé les frais liés à l’achat du tissu pour les brassards, au paiement des taxes pour tous les jeunes de 16 ans et moins, ainsi que les frais de transport.

Avant de terminer, veuillez noter qu’une nouvelle commande de chandails est en préparation. Manifestez-vous joueurs et supporteurs intéressés !

Quel bonheur pour les jeunes de pouvoir profiter de leur nouvelle patinoire, merci à la municipalité de Ferland-et-Boilleau d’inciter nos jeunes à jouer dehors!

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