Des habitats à la mesure de nos ambitions.

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Crédit photo : Cécile Hauchecorne.

Si vous commencez votre lecture par cet édito, je vous invite tout de suite et avant même d’aller plus loin à vous questionner sur ce que représente pour vous votre logement. Est-ce l’héritage familial, la maison de toujours, la demeure de vos rêves, l’appartement au petit loyer, le logis près du travail ou encore un domicile de passage? Il existe une multitude de raisons, mais aussi de façons d’occuper un foyer et d’en faire son chez-soi. Au-delà de ce toit, le lieu que l’on habite, c’est la vie qui nous entoure, les amis, les voisins, l’école, le dépanneur, le garage mais aussi son environnement avec la forêt, l’eau, le fjord… et puis au Bas Saguenay des kilomètres de route qui nous éloignent des services, mais qui nous procurent la grosse paix!

Pour les touristes d’ici et d’ailleurs, ces maisons, cabanes et bicoques apparaissent souvent comme de véritables petits havres de paix. Pour les gens d’ici et d’ailleurs, elles ont un potentiel locatif non négligeable et nous permettent d’échanger un peu de temps dans ces lieux contre quelques revenus. Ce sont parfois ces mêmes revenus qui nous permettent de demeurer dans la région. Inventifs et créatifs, les résidents du Bas-Saguenay redoublent d’idées pour se créer un emploi dans cette contrée rêvée des Montréalais. Pourtant, notre réalité est souvent plus crue : exode rural, dépeuplement, diminution des services, des écoles menacent de fermer, spéculation immobilière, les logements deviennent inaccessibles pour les travailleurs et les gens qui souhaitent s’établir ici et on assiste à une surenchère des loyers.

Nos communautés se démènent pour attirer de nouveaux résidents, des jeunes familles, mais comment les loger? Paradoxalement de nombreux logements, disponibles sur le marché touristique, sont vides de grandes parties de l’année. Évidemment le tourisme est un revenu important de la région et il ne faudrait pas s’en priver, toutefois, ce ne sont pas les touristes qui peuplent nos écoles, qui aident nos aînés et qui nous aident à conserver des services de proximité.

À travers ce numéro, nous avons eu envie de questionner ces enjeux, mais surtout d’explorer quelques-unes des pistes de solutions entreprises par les résidents du Bas-Saguenay, par des collectivités ou même par les municipalités. Comment faire face aux nouveaux défis qui s’imposent à nous et surtout quel milieu de vie souhaitons-nous mettre en place pour nos familles. Habiter un lieu, c’est bien plus qu’y dormir et y manger, c’est échanger, s’entraider, s’investir, s’épanouir, s’impliquer, s’attacher, se sentir bien et avoir envie que les autres autour se sentent bien aussi.

Bonne lecture!