Madame Solange dit merci à la vie

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Madame Solange a eu 11 enfants, 21 petits-enfants et 18 arrière petits-enfants

Solange Lavoie a passé toute sa vie à Petit-Saguenay. Tout d’abord avec ses parents, Julien Lavoie et Alice Boudreault, qui restaient en bas au village. Son père était ébéniste, il faisait des meubles pour tout le monde, des portes et des fenêtres aussi.

« Je suis allée à l’école jusqu’en 7e année et après ça, pour continuer, fallait aller  à Chicoutimi, mais moi j’ai plutôt aidé ma mère, explique celle qui était la première d’une famille de 11 enfants. On était heureux, c’était plaisant, on était bien entourés et puis on avait de bons voisins. » À 19 ans, Solange se marie avec Didace Côté et quitte le village pour une ferme sur « la côte » du rang Saint-Louis.

La ferme de madame Solange sur « la côte » du rang Saint-Louis.

« Tu t’es mariée jeune, grand-maman, me disaient mes petits-enfants ! » Alors elle leur explique qu’avant ce n’était pas comme aujourd’hui, il fallait se marier pour être avec son chum. « Même pour danser avec un garçon, on n’avait pas le droit ! On ne pouvait pas danser mêlés qu’ils disaient ! Le curé était dans la chaire pour prêcher et s’il se faisait une veillée de noces, pis que ça avait dansé et que ça avait brassé, il y avait un sermon la semaine suivante ! »

« Nous autres, quand on se mariait, fallait rester ensemble, même si ça faisait pas ! Moi, je suis bien tombée, ça a bien été, jamais une chicane, c’était un bon gars mon mari ! C’était même un personnage » se souvient madame Solange et quand elle parle de son Didace, ses yeux pétillent encore. « Il était important dans la paroisse, tout le monde le connaissait, il travaillait comme agent des terres pour le ministère, il avait le même métier que Séraphin, mais en beaucoup plus fin ! »

Madame Solange aime parler de son beau Didace qui trône fièrement sur le mur de son salon.

Celle qui a eu 11 enfants, 21 petits-enfants et 18 arrière petits-enfants, a habité 20 ans avec les beaux-parents, Stanislas Côté et Martine Bergeron, sur la ferme du rang Saint-Louis. « Du temps de mes beaux-parents aussi, la table était toujours pleine de monde, c’étaient des gens qui aimaient recevoir ! C’étaient des grandes familles, et puis ils se visitaient souvent et ça jasait en masse ! »

Sur la ferme, il y avait des vaches, des poules, des moutons. Il passait un camion qui ramassait la laine et une fois qu’elle était pesée, on changeait ça pour des vêtements ou des couvertures. « Moi je n’allais pas souvent à l’étable, c’est Didace qui s’en occupait et après ça, quand les enfants ont grandi, ils aidaient aussi. Faire le ménage de la maison, la nourriture, la couture, les poules et le jardin… Les femmes, on ne chômait pas ! »

Quand on lui demande si elle est restée toute sa vie à Petit-Saguenay, madame Solange sourit doucement : « J’étais pas sorteuse d’abord, pis ça me tentait pas d’aller ailleurs. On était heureux. » Elle semble l’être encore d’ailleurs et quand elle parle de ses enfants, son visage rayonne de fierté.