Notre territoire, ce garde-manger.

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L’automne est arrivé et avec lui le temps de la chasse, des récoltes et des conserves. Ces activités ancestrales nous rapprochent de la nature qui nous entoure, le temps d’un dernier au revoir avant les neiges. 

C’est bien connu, l’industrialisation de la production et de la transformation alimentaire a grandement éloigné le consommateur du contact avec les aliments qu’il consomme. Les scandales sur le traitement des animaux dans certains élevages et les problèmes de pollution des cours d’eau par les activités agricoles sont souvent bien loin lorsque le consommateur se retrouve dans les rayons de l’épicerie.

La mondialisation a, de surcroit, élargi considérablement l’offre de produits que l’on retrouve désormais en épicerie. Tout le monde a ainsi la possibilité de manger thaïlandais un jour, mexicain le lendemain et traditionnel québécois le surlendemain. Mais on constate plutôt la tendance inverse, c’est-à-dire que les savoirs culinaires se perdent à la faveur des plats surgelés, du prêt-à-manger et de la restauration rapide.

On ne mange certainement plus de la même manière qu’au début du siècle dernier ! Si les problèmes de sous-alimentation sont aujourd’hui plutôt rares, l’obésité, elle, croit en flèche, ainsi que tous les problèmes de santé qui en découlent. On affirme même qu’aujourd’hui, à l’échelle mondiale, l’obésité tue trois fois plus de gens que la malnutrition !

Nous avons la chance en milieu rural d’avoir accès à de vastes territoires pour pratiquer la chasse et la cueillette. Nous avons pour la plupart également accès à suffisamment de terrain pour cultiver un potager ou pour planter des arbres fruitiers. Il est donc possible pour nos familles d’avoir une certaine autonomie alimentaire, de s’assurer de consommer des aliments de qualité et d’adopter de meilleures habitudes alimentaires.

De plus, plusieurs entreprises du Bas-Saguenay continuent de cultiver la terre que les premiers colons ont défriché pour nourrir leurs familles. S’il n’est pas possible pour certaines fermes de vendre directement au consommateur, plusieurs entreprises agroalimentaires de spécialités mettent en marché leurs produits à la ferme, en boutique ou en épicerie : pleurotes, cerfs rouges, légumes biologiques, bleuets, sirop d’érable, chocolat, boulangerie, sans compter les restaurateurs qui font des efforts importants pour mettre ces produits à leur carte.

La chasse, la cueillette, le jardinage et, de manière générale, l’achat local comptent parmi les meilleurs outils pour faire face aux défis agroalimentaires de notre époque en matière d’environnement, d’éthique et de santé. Ce sont aussi autant d’occasions d’entrer en contact avec la nature, avec nos familles et de prendre un peu de temps à l’écart du tourbillon de stress de nos sociétés modernes.