Bien dehors, bien en dedans!

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En partant de Rivière-Éternité. Crédit photo : Francis Laroche.

Chez nous, à la maison, quand quelqu’un a passé beaucoup de temps à l’intérieur et qu’il présente des symptômes de folie spontanée, on dit qu’il a le mal d’en dedans. D’ailleurs, la plupart d’entre vous auront déjà remarqué que cela affecte également certains animaux domestiques. Cela ne veut pas dire que le monde extérieur est plus confortable, au contraire. Le froid, la chaleur, le vent intense, les mouches… tous d’excellentes raisons de décupler le confort du foyer. Car quoi de mieux qu’une journée passée dehors pour apprécier, à sa juste valeur, un bon repas chaud et un lit douillet. Pour ma part, j’ai un souvenir marquant de la lasagne que ma mère préparait pour notre retour de longue randonnée. L’ingrédient secret de celle-ci ne résidait pas dans une épice, mais bien dans la qualité du moment qui la précédait!

Bon là, il ne faudrait tout de même pas conclure que le grand air n’a que comme seul bénéfice l’appréciation de nos maisons.

Prendre contact avec l’immensité et la profondeur du monde vivant n’est pas qu’un passe-temps. C’est, selon moi, une médecine qui pallie le déséquilibre qu’engendre notre mode de vie moderne. Nul besoin d’étude scientifique à l’appui. Il suffit de s’y ouvrir pour le ressentir. Entre la promenade au bord de l’eau et la traversée de l’antarctique, il existe une infinité de possibilités pour goûter à cet élixir. D’ailleurs, le potentiel du territoire qui nous entoure est si grand qu’il peut même nous rendre dépendant. Quoi que comme dépendance, le plein air se classe certainement parmi les plus saines.

Qu’il s’agisse d’une promenade pour la sieste de bébé ou d’une aventure en plein territoire sauvage, la morphine peut bien aller se rhabiller. Le bien-être procuré n’est plus à prouver. Il faut seulement se le rappeler car il est parfois facile de l’oublier. Spécialement en ces temps où les écrans sont quelque peu… envahissants?

Je crois que de permettre et partager avec nos enfants l’émerveillement du monde vivant est une réponse simple face aux défis humanitaires et environnementaux qui nous attendent. Mais en 2021, ce n’est pas toujours chose facile. La compétition avec les écrans est féroce. Néanmoins, il est réconfortant de se rappeler que ce qui est riche d’émotions et qui active tous nos sens, marque notre esprit d’une façon bien plus profonde. Et à cet égard, le plein air, vécu seul ou partagé, aura toujours une bonne longueur d’avance sur le monde virtuel.

Chaque saison inspire à sa façon! Alors, n’attendons pas de pogner le mal d’en dedans avant de sortir respirer le bien-être d’en dehors !