Mon implication dans la belle aventure du Trait d’Union remonte à l’année 2005 en tant que membre et présidente de la Table de concertation jeunesse Migrative du Bas-Saguenay.
Les agents de développement impliqués au sein de la table jeunesse avaient eu l’idée de créer en 2004 ce médium d’information. Il se voulait au départ un outil pour développer le sentiment d’appartenance et contrer l’exode des jeunes de la région.
Le chemin parcouru depuis les premiers écrits est remarquable. Il dépasse le rêve initial du comité fondateur. D’une vingtaine de pages à ses débuts, il en compte maintenant plus d’une cinquantaine avec en plus une présentation digne d’une grande revue. Il reflète la persévérance, le dynamisme, l’enthousiasme de ses collaborateurs. Il répond au besoin de partager, de tisser des liens et de raconter l’histoire régionale. Il enracine le vécu, qui restera en mémoire pour les générations futures.
Le Trait d’Union est rédigé par des gens d’ici, des citoyens d’horizons diversifiés, ce qui contribue à sa richesse et sa couleur unique. Ce sont des intervenants communautaires, de jeunes entrepreneurs et artisans, des jeunes du milieu scolaire, des représentants municipaux, des professionnels en santé, tous unis pour faire connaître leurs initiatives.
Mais comme tout bon navire, ça prend un capitaine. Depuis 2010, Cécile Hauchecorne coordonne la rédaction, appuyée d’un comité dynamique. Elle enrichit l’équipe avec son expérience dans le monde du journalisme et ses talents en photographies et correction de textes. Soulignons qu’auparavant, Jean Bergeron était responsable de la publication, assisté d’une équipe de production.
Un des objectifs du Trait d’Union est de décrire les bons coups qui émergent du Bas-Saguenay, de mettre en lumière les actions positives et de dépasser l’esprit de clocher. C’est un outil pour rassembler et unir les forces afin de créer une synergie. Vingt ans plus tard, il demeure un instrument précieux à l’image de notre communauté. Il participe à faire grandir l’entraide et l’espoir d’un monde meilleur!
Karine Aubé, présidente d'honneur du Symposium des villages en couleurs
Tout comme les saisons, le rendez-vous des amateurs d’art revient chaque année à l’heure des flamboyantes forêts. Depuis 6 ans maintenant, les trois Symposiums du Bas-Saguenay travaillent ensemble à la préparation de l’événement.
Karine Aubé, présidente d’honneur du Symposium des Villages en couleurs.
Karine Aubé est arrivée à l’âge de 4 ans aux Plateaux à l’Anse-Saint-Jean. Son enfance, elle l’a vécue entourée d’artistes, et c’est au Cégep qu’elle vend ses premières œuvres. 30 années plus tard, la voici à la présidence d’honneur du Symposium des Villages en Couleurs. « Si je ne vis pas complétement de mon art, j’ai un travail à côté, il n’y a pas une année de ma vie où j’ai arrêté de créer ! », précise Karine, rencontrée chez elle dans son atelier. Celle qui a déjà fait plusieurs expositions affectionne particulièrement de peindre en pleine nature, les arbres surtout. « L’enracinement, l’énergie qu’ils dégagent, peindre dehors et juste entendre le vent dans les feuilles, ça stimule la créativité. La connexion en pleine nature est vraiment directe, la nature ça reste la plus grande des créations ! », partage Karine dont les toiles, avec leurs jeux de lumière, nous donnent l’impression de le sentir, ce vent dans les feuilles, nous invite à rentrer dans l’histoire qu’elles racontent.
« D’être avec tous ces artistes prestigieux, de pouvoir échanger avec eux, d’exposer à leur côté, ça permet de vraiment belles rencontres », poursuit Karine « Les artistes qui s’inspirent de la beauté du Saguenay, sont très heureux d’être ici. De les accueillir, cela va être un véritable honneur. » Parmi les tâches de la présidente d’honneur, il y avait le choix du thème. Cette année ce sera donc : Au cœur des villages, les couleurs rassemblent! Karine conclut en se remémorant le tout premier Symposium, il y a un peu plus de 30 ans. « J’avais 15 ans et j’étais bénévole lors de l’événement, et d’être au milieu de tous ces artistes de renommée internationale, ça avait marqué mon imaginaire c’est certain. Alors j’invite tout le monde, les jeunes, les moins jeunes, à venir rencontrer les 41 artistes qui vont exposer à Petit-Saguenay et L’Anse-Saint-Jean… cela va sans aucun doute allumer quelques passions ! »
Symposium d’art contemporain de Rivière-Éternité
Toile de LOIS-Louis Tremblay, président d’honneur de cette édition 2024
Lors de ce 11e symposium d’art contemporain, Rivière-Éternité accueillera 17 artistes et 6 artisans. Plusieurs d’entre eux exposent pour une première fois dans notre région.
Dolande Fortin, qui s’occupe de la programmation de l’événement, fait l’éloge de tous les artistes qui ont accepté cette invitation et m’annonce d’entrée de jeu les nouveautés 2024 : « Cette année, on voulait attirer les jeunes et offrir des ateliers gratuits. On a réussi à avoir la jeune peintre MEG, Mégane Fortin, artiste de 16 ans, native de Stoneham, et déjà reconnue à l’international. Elle est très en demande. C’est un véritable phénomène, elle peint depuis l’âge de 8 ans. Ses toiles, elle les vend très rapidement. Le samedi en après-midi elle réalisera une œuvre en direct qui sera ensuite mise en vente. Le projet d’atelier qu’on lui a proposé lui a tout de suite plu. Cette activité se déroulera dans la sacristie, le dimanche en après-midi. Elle dirigera un atelier de peinture abstraite pour 15 participants. Les petits et les grands qui souhaitent participer à l’atelier doivent obligatoirement s’inscrire par courriel à : raare@yahoo.ca. MEG aime transmettre ses connaissances et parler aux gens. Et cette année, les artisans, plus nombreux, seront installés dans la belle salle d’exposition située au sous-sol de l’église. »
Liane Girard, présidente du symposium, précise: « MEG est l’invitée spéciale du président d’honneur. Elle réalisera son tableau, le samedi, tout près de son kiosque à l’entrée de l’église. D’ailleurs, LOIS, créera également un tableau en direct le samedi en avant-midi. »
« VULTUS AU FEELING DE L’ART », le thème proposé et formulé par le président d’honneur de cette édition 2024, LOIS – Louis Tremblay, vient marquer un temps de non-retour sur de nouvelles créations contemporaines. Il profitera de cette fin de semaine artistique pour faire découvrir au public des artistes et des œuvres qui nous transporteront et nous surprendront, tant par l’innovation des techniques, des médiums et des styles… que par leur unicité.
Johanne Fortin, directrice artistique du Symposium de Saint-Félix-d’Otis.
Aquarelliste depuis 25 ans, Johanne Fortin, qui exposera également ses œuvres lors de l’événement, est une artiste peintre professionnelle qui occupe la direction artistique du Symposium de St-Félix depuis 2019. « Cette année, on va avoir un atelier donné le samedi après-midi par Hélène Bisson, artiste de Ville de La Baie et de Dany Drolet, peintre de Saint-Zéphirin de Courval. Ce sont deux artistes qui donnent des cours, qui font beaucoup d’ateliers, même en Europe. C’est une nouveauté, les 15 inscrits vont pouvoir peindre et repartir avec leur œuvre. Puis le dimanche, une autre nouveauté avec Claude Bonneau, un artiste qui peint d’immenses toiles et qui va faire une peinture en direct. C’est un artiste qui parle beaucoup avec les gens, écoute leurs suggestions, transforme son tableau en fonction, cela va être très interactif et vivant », commente Johanne Fortin.
Au fil de la discussion, elle me confirme qu’elle a rarement l’opportunité de finir sa toile lors des nombreux symposiums qu’elle fréquente. « On est dans notre atelier du mois de novembre au mois de mai, donc l’été avec les symposiums, c’est le moment de rencontrer les gens et c’est ça qu’on aime aussi ! Alors effectivement, finir ma toile se retrouve au 2e plan mais même si elle n’est pas terminée, cela permet aux visiteurs de voir qu’est-ce que l’on fait. Je trouve important de pouvoir expliquer notre technique, de partager nos connaissances, de donner des trucs, c’est même très agréable. »
Pour finir, Johanne Fortin précise : « Cette année, j’ai fait 7 symposiums, cela m’a permis de fréquenter beaucoup d’artistes et d’en rencontrer de nouveaux. Pour l’édition qui s’en vient, il y aura 7 artistes qui ne sont jamais venus à Saint-Félix. En tout, on va présenter 20 artistes, tous professionnels, sous la présidence d’honneur de Jérôme Grenier, sculpteur de métier. Il sculpte divers matériaux, le bois, le cuivre, l’acier, le bronze, avec lesquels il fait des tableaux, des lampes, des bijoux, des meubles, à partir du cuivre venant de l’ancien toit du château Frontenac. En fait, dans chacune de ses œuvres, il y a toujours un petit morceau du toit du château Frontenac. »
Réjean Fortin, Bernard Larouche, Richard Perron, de la municipalité de l’Anse-Saint-Jean et Philippe Gagné, Ève-Laurence Hébert, Félix Audet-Robitaille de ZIP Saguenay-Charlevoix.
Aux prises avec d’importantes problématiques d’érosion de la frange riveraine de la rivière Saguenay, la municipalité de L’Anse-Saint-Jean s’est alliée avec la ZIP Saguenay-Charlevoix (ZIPSC). Cet organisme a comme mission la protection et la conservation des milieux côtiers et aquatiques du fjord du Saguenay et de l’Estuaire charlevoisien.
Pour stabiliser ou contrer l’érosion, l’utilisation de la phytotechnologie ou du génie végétal s’avère efficace selon le type de sol et les conditions de vents et de marées. Cette technique consiste à un assemblage de végétaux composé de fagots, de boudins et matelas de branches de saule. Cette réalisation a permis la restauration de la bande riveraine sur une distance de 590 mètres d’une plantation composée de 15 espèces végétales en rempart contre les vagues, les marées et les glaces.
Sa réalisation
Considérant l’importance de l’acceptabilité sociale, les représentants de la ZIPSC et de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean ont informé la population riveraine des interventions à prévoir avant le début des travaux de restauration des berges en octobre 2023. C’est une livraison de 367 végétaux qui ont été plantés sur l’ensemble de la rive. Les sections les plus vulnérables se sont vu mettre en application l’approche du génie végétal.
Les retombées
La rue Saint-Jean-Baptiste demeure l’axe routier principal du périmètre municipal de l’Anse-Saint-Jean. Une partie de cet axe est située en bordure riveraine de la rivière Saguenay occupée par plusieurs équipements et infrastructures municipales. Un secteur particulier de cette rue, situé entre la marina et le camping, est aménagé sur une mince bande de terre bordée d’un côté par la montagne habitée et de l’autre côté par le fjord du Saguenay.
En plus de la route, des infrastructures municipales comme le réseau sanitaire et d’approvisionnement en eau potable, le réseau électrique y sont existants. Ce projet vise donc à assurer une protection accrue des terrains riverains puisque depuis plusieurs années, l’érosion des berges s’accentue.
Les ouvrages conçus et aménagés par la ZIPSC représentent une solution alternative à l’utilisation des techniques d’enrochement traditionnelles. L’approche du génie végétal comporte des avantages écosystémiques indéniables surtout dans un environnement adjacent au Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent et un habitat reconnu pour ses sites de reproduction pour l’hirondelle de rivage (raparia riparia). Cette espèce est menacée au Canada et candidate au Québec. Enfin, lors de notre visite terrain en octobre 2022, nous avons pris soin de sensibiliser les riverains qui habitent près des aménagements sur les bienfaits et de l’importance de protéger les végétaux pour contrer l’érosion et conserver l’habitat faunique et floristique qui subissent eux aussi les impacts des perturbations climatiques.
Maxime Saunier, garde-parc technicien au parc national du Fjord-du-Saguenay, lors d'un inventaire des sites de nidification du faucon pèlerin. Crédit photo : Jacinthe Croteau
Le faucon pèlerin est l’espèce emblématique du parc national du Fjord-du-Saguenay. En tant qu’oiseau de proie le plus rapide de la planète, il peut piquer à une vitesse impressionnante de 300 km/h pour capturer ses proies. Puisqu’il n’est pas particulièrement friand de nos hivers québécois, il quitte la région en automne et revient au printemps pour se reproduire.
À noter que le faucon pèlerin a failli disparaître au milieu du 20e siècle en raison de l’exposition aux pesticides tels que le DDT (Dichlorodiphényltrichloroéthane). Ces substances affaiblissaient les coquilles des œufs, entraînant une diminution dramatique du taux d’éclosion. Heureusement, le Canada a restreint l’usage du DDT dès 1969. Entre 1976 et 1994, 256 fauconneaux élevés en captivité ont été relâchés dans la vallée du Saint-Laurent pour assurer la survie de l’espèce au Québec méridional.
Depuis près de vingt ans, l’équipe du parc national du Fjord-du-Saguenay effectue le suivi et l’inventaire des nids de faucons perchés sur les parois du Fjord, à l’aide de leur célèbre zodiac Falco, dont le nom tire son origine du latin et signifie faucon.
En avril, le faucon pèlerin commence sa période de reproduction. En règle générale, le couple privilégie un site de nidification à même une corniche couverte de végétation, protégée d’un surplomb et orientée au sud pour profiter des rayons du soleil. Les garde-parcs utilisent des chants reproduisant les sons de faucon pour attirer les adultes et localiser les nids. Cette méthode, autorisée uniquement à des fins scientifiques, permet de suivre les faucons sans les perturber.
En juin, les œufs éclosent. En moyenne, les fauconneaux sont prêts à voler après 28 jours, même si les premiers vols sont souvent saccadés et hésitants. À la fin de l’été, les faucons et leurs jeunes entament leur migration vers le sud, avec l’espoir de revenir au même site de nidification le printemps suivant.
Dans les premières années du suivi, on enregistrait en moyenne six nids par été. Ce chiffre a grimpé graduellement au fil des années pour atteindre une dizaine en 2020. En 2022, l’équipe a recensé une diminution du nombre de nids, qui est retombé à six. Les raisons expliquant cette chute n’ont pas encore été déterminées. C’est pourquoi, dès 2025, l’équipe du parc envisage d’élargir ses études aux falaises de l’arrière-pays du Fjord-du-Saguenay dans le but d’approfondir ses connaissances sur cet oiseau exceptionnel.
Éliane Girard, bien heureuse de l'avancée de son projet. Crédits photos : Cécile Hauchecorne
Un cours universitaire en production animale débuté en 2016, et 8 années plus tard, voir enfin les premières brebis faire leur entrée dans la bergerie ! C’est peu dire qu’Éliane Girard, à la barre de ce projet de ferme, a su être tenace. « Ça fait 4 ans que l’on travaille pour avoir des moutons et là ils viennent juste d’arriver ! Patience, résilience, endurance et persévérance je te dirais. Ça prend de l’audace aussi et du courage », m’explique cette native de Chicoutimi dont le dernier port d’attache était la Montérégie avant de venir s’ancrer ici.
Il faut savoir qu’à ses débuts, ce projet de Bergerie, c’est trois acolytes qui l’on démarré ensemble. Au fil du temps, Éliane sera la seule qui restera vivre à temps plein sur la terre. En bonne capitaine, elle saura bien s’entourer pour mettre les forces et compétences de chacune au service de l’entreprise. On dit que « l’amour porte tout, supporte tout, donne des ailes pour voler et des racines pour rester », cette citation a semble-t-il guidé l’essentiel du projet.
Quand la vie s’en mêle !
La nouvelle bâtisse accueille les brebis au milieu des collines de Saint-Antoine à Petit-Saguenay
Lors de son arrivée au Bas-Saguenay, son projet de ferme toujours en tête, Éliane habite tout d’abord sur le rang Saint-Étienne, puis au village où tout a démarré avec l’acquisition de la maison d’enfance de Jacinthe Gagnon, au cœur de Petit-Saguenay :
Ton projet de ferme, tu ne pourras pas le faire ici
Je sais Jacinthe, il me faut une terre !
Ben j’en ai une terre moi !
Oui mais Jacinthe, il me faut aussi une maison !
Ben j’en ai une, moi, une maison ! Éliane, c’est parce que tu demeures au village dans la maison où je suis née !
C’est ainsi qu’Éliane et Julie sont devenues les heureuses propriétaires d’une maison, puis la bergerie, une terre de 52 hectares sur le rang St-Antoine à Petit-Saguenay. Cet « échange » de maison a permis de remettre une terre agricole en activité. « Il y a déjà eu une grange ici qui a brûlé en 1990, et justement quand on fait l’excavation pour la bergerie, on a retrouvé des reliques de cette grange. La terre ici était utilisée avant pour les fourrages. »
« La vie venait de me faire un sacré beau cadeau ! Mon projet de ferme, je le voyais tellement sur la route principale pour pouvoir ouvrir mes portes, faire comprendre aux gens c’est quoi la production agricole. Aussi montrer que quand on a un rêve dans la vie, qu’on veut être producteur ou cultivateur, c’est accessible ! Même si tu ne viens pas d’une famille d’agriculteur, c’est possible ! »
Le début d’une belle histoire !
Quand elle a commencé à penser à son plan, il était super important pour Éliane de se diversifier, de mettre de la variété dans le paysage. Elle qui a plein de projets en tête le visualise ainsi : « Les projets vont se réaliser en fonction de la main d’œuvre, ou des intérêts des gens. Si quelqu’un arrive et me dit : moi j’aimerais faire de l’apiculture sur ta terre, on fait de la place et on le fait ensemble. »
La Bergerie Saint-Antoine veut travailler avec le milieu : « Ce que l’on produit ici sera en partie vendu ici. Je veux pouvoir accueillir les gens et qu’ils comprennent c’est quoi la production agricole. Avec l’école Du Vallon, on a déjà un projet en cours, et les élèves sont venus faire leur première expérience à la ferme à l’automne passé. Je suis allée en classe au printemps, mon plan c’est de m’intégrer au niveau des écoles pour semer des passions. »
La municipalité de Petit-Saguenay a été aidante dans l’élaboration de ce projet avec son Programme d’Aide aux Entreprises (PAE), la MRC aussi pour les conseils aux entreprises et des appuis financiers. Il y a aussi les autres agriculteurs du rang Saint-Antoine, le voisin Denis qui est venu aider à faire les foins, la ferme Janijack chez qui Éliane a fait un stage en entreprise. « Que ce soit une vache ou un mouton, c’est un animal, on parle de paille, on parle de foin, on parle de soins ! »
« Ce qui se passe en ce moment va bien au-delà de mes attentes ! C’est mon gagne-pain, c’est mon revenu, c’est mon mode de vie ! Un rêve qui mijote depuis 8 ans ! » s’exclame tout sourire Éliane avant de m’emmener faire un tour sur ses terres !
Souhaitons-lui une nouvelle carrière à la hauteur de ses rêves !
Pour l’automne 2025, il sera possible de réserver son agneau ou demi-agneau en visitant la page Facebook de la Bergerie Saint-Antoine.
Léa et Daniel, à l'initiative du projet de gym, devant l'église de Petit-Saguenay.
L’hiver passé, la salle d’exposition de l’église de Petit-Saguenay s’est transformée en salle de gym privée : rameur et tapis roulant avaient pris place au milieu des photos historiques, au cœur de l’église. Avec l’accord du conseil de la Fabrique, Daniel Lavoie et Léa Brousseau s’étaient aménagé une salle de conditionnement physique afin de pouvoir s’entraîner et retrouver un certain équilibre physique au fil des saisons.
Ayant tous les deux vécu en ville, c’est l’accès à un gymnase en hiver après le travail qui leur manquait pour pouvoir être « complètement bien à Petit-Saguenay », nous confie Léa.
L’initiative du jeune couple s’est rapidement ébruitée au sein de la communauté du Bas-Saguenay. De nombreuses personnes, de tous âges, leur demandaient « comment est-ce qu’on peut s’inscrire au gym ? ». C’est là que l’idée d’ouvrir une salle de gym communautaire a commencé à mijoter dans leur tête.
« Après quelques discussions avec l’OTJ, la municipalité et le conseil de la Fabrique, on a commencé à analyser les possibilités de localisation et de financement du projet », nous explique Daniel.
Le mois dernier, la municipalité de Petit-Saguenay a reçu la confirmation d’une subvention de 35 000$ pour acheter de l’équipement sportif et mettre en œuvre ce projet. La salle de gym devrait voir le jour au sous-sol de l’église. Le couple espère une ouverture pour l’hiver prochain.
« On veut que le gymnase perdure dans le temps donc ça serait un gymnase autonome », nous partage Daniel. Afin de faciliter l’accès autonome à la salle de gym et sécuriser les différents espaces communautaires de l’église, la municipalité de Petit-Saguenay a d’ailleurs déposé une autre demande de subvention pour installer un système de contrôle d’accès par badge à puce sur certaines portes de l’église.
L’abonnement à la salle sera accessible et servira à payer la location du local et l’entretien des équipements. Le couple a prévu d’acheter des appareils commerciaux de qualité afin d’éviter les possibles blessures des utilisateurs. Léa et Daniel pourront accompagner les adhérents pour les initier sur les différentes machines. « On n’est pas professeurs, mais on est en mesure de donner des bons conseils pour démarrer l’entraînement », affirme Daniel.
« Niveau équipements, il y en aura pour tous les goûts ! », nous explique avec joie Léa. « Nous, on aime courir donc on a prévu des tapis roulants et des appareils de musculation. Dans le Bas-Saguenay, y’a beaucoup de gens qui font du vélo et du canot aussi donc on a pensé à un vélo elliptique et un rameur. »
Dans les années 60, le cinéma de la Liberté au coeur du village de L'Anse-Saint-Jean.
Au téléphone, Marina Lavoie rigole : « Maurice, il y avait combien de sièges donc ? ». Son conjoint répond : « Une rangée au milieu ». Il fallait prendre l’un des deux côtés de la ligne de bancs pour entrer et s’asseoir, et enfin, profiter d’un des films diffusés au cinéma Philippe Tremblay, devenu plus tard le cinéma Laliberté.
Le cinéma de L’Anse-Saint-Jean était au cœur du village, tout près de l’épicerie Amyro qu’on connait aujourd’hui, à deux maisons pour être bien précis. Fondé par Philippe Tremblay à la fin des années 50, le cinéma a été converti en salle de danse avant de redevenir un cinéma, le fameux cinéma de la Liberté. Dans les années 60, comme le commerce n’était pas suffisamment rentable, il a été vendu, puis déconstruit. Une maison occupe aujourd’hui le terrain.
Aussi beau que dans les films
Avec un écran de qualité, des sièges rouges, du maïs soufflé, des croustilles, des boissons gazeuses, le cinéma de L’Anse-Saint-Jean avait tout pour plaire. Son souvenir est encore bien vivant dans la tête de ceux qui, comme Marina, en avaient fait leur sortie la fin de semaine.
« J’avais 16, 17 ans. On y allait le dimanche nous autres. Après, on allait au restaurant entre amis. C’était plaisant! » Et en plus, confie-t-elle avec un sourire, « ça nous tenait loin des bars au moins un soir ».
Un ticket de l’époque du cinéma de la Liberté.
Mais, étions-nous en reste parce que notre cinéma était loin de la ville? « Non, on avait les mêmes films ! Je me souviens d’avoir vu les films de Sergio Leone ! »
« Tu sais, tu ne peux pas écouter un film chez toi avec la même impression qu’au cinéma. Le bel écran, le son… Souvent quand j’ai vu un film au cinéma, quand je le revois à la maison, on dirait que c’est deux films! »
Imaginez voir Le bon, la brute et le truand sur grand écran à deux pas de chez vous, c’est le rêve, non?
5 films populaires des années 60
Le Bon, la Brute et le Truand (1966), Sergio Leone
Il était une fois dans l’Ouest (1968), Sergio Leone
2001 : L’Odyssée de l’espace (1968), Stanley Kubrick
Psycho (1960), Alfred Hitchcock
La planète des singes (1968), Franklin J. Shaffner
Vincent Gosselin en 2022 dans les bureaux de Windsor, en Ontario, à ses débuts à la Société Radio Canada.
Entrevue avec Vincent Gosselin.
La dernière fois que l’on a entendu parler de ce jeune talent au Trait d’Union, c’était en mars 2020. Vincent avait alors écrit un article sur son expérience de premier ministre à la simulation parlementaire de l’Assemblée Nationale. Il commençait son texte ainsi : « Petit, j’ai reçu un vaccin hors de l’ordinaire que peu de gens reçoivent aussi tôt : la piqûre de la politique ! Il n’y avait rien de plus naturel que de m’intéresser à ce sujet que beaucoup de jeunes trouvent ennuyeux. C’en était fini pour moi, on ne pouvait plus sortir la politique du gars… c’est incurable ! »
Vincent s’inscrit au Parlement des jeunes 2020. Il y tiendra même le rôle de Premier ministre.
4 ans plus tard, Vincent Gosselin est de retour à Québec. Il y partage son temps entre l’Université Laval et le journalisme à la radio de Radio Canada. « Je commence actuellement une maîtrise en sciences politiques. Depuis mon plus jeune âge, j’ai été fasciné par ce monde. Je veux faire des liens avec ma région natale et travailler sur l’aspect politique du Saguenay, région fort intéressante de ce point de vue. »
Parcours académique
« À la fin de mon secondaire, je suis allé vivre à Ottawa, j’y ai obtenu un baccalauréat en philosophie au Collège Universitaire Dominicain. Simultanément, j’ai commencé à travailler à Radio Canada, donc quand on se demande que sont devenus les jeunes journalistes du Trait d’Union, et bien certains deviennent journalistes ! »
Durant son baccalauréat en philosophie, réalisé en 2 ans au lieu de 3, Vincent a donc travaillé quelques mois pour Radio Canada à la station de Windsor, puis à la station d’Ottawa où il était lecteur de nouvelles. « J’ai aussi couvert les États-Unis à travers mes études, durant les élections de mi-mandat de 2022, je suis parti un mois dans la Rust Belt, la ceinture de la rouille, le Midwest américain, ancienne région industrielle importante, autrefois démocrate, qui s’est rangée derrière Donald Trump et les républicains en 2016. Je suis allé couvrir et prendre le pouls de l’électorat américain, ouvrier, dans cette région rurale. »
Les États-Unis et le Moyen-Orient sont deux réalités géopolitiques qui ont toujours fasciné Vincent. Après son baccalauréat, il s’est donc tout naturellement inscrit à l’Institut français au Caire où il a suivi 2 semestres de cours d’arabe à temps plein. Revenu en juin dernier d’Égypte, il peut aujourd’hui se débrouiller en arabe, regarder la télévision et comprendre de quoi on parle en politique.
L’expérience Trait d’Union
L’équipe de jeunes journalistes de l’école Marie Médiatrice.
Vincent rédige son premier article en décembre 2012 sur les activités de son école. L’année suivante, il récolte un premier prix « Jeunes auteurs à vos crayons » au Salon du livre de Jonquière. On en parle dans l’édition de décembre 2013 : « …Le jeune gagnant du concours « Jeunes auteurs à vos crayons », Vincent Gosselin de l’école Marie-Médiatrice de Rivière-Éternité, a interviewé deux auteurs, soit Jean Morin et Yvan Demuy. Enfin, son texte s’est retrouvé dans un recueil avec tous les autres gagnants. »
J’ose le demander à Vincent un peu timidement tout de même, impressionnée que je suis par un parcours professionnel et académique déjà si prestigieux ! Est-ce que cette première expérience au Trait d’Union a eu une incidence sur ta carrière ?
Quelques années plus tard, Vincent fait toujours partie de l’équipe des jeunes journalistes, ici en pleine action.
« Évidemment que ça a pu avoir un impact, ça a pu allumer un premier feu pour le métier, pour la vocation journalistique. En plus, en milieu rural, à Rivière-Éternité, un média de proximité, un média local que l’on reçoit, que l’on lit avec beaucoup d’attention et dans lequel on a l’opportunité d’écrire, ça fait toute la différence. Moi je me souviens très bien des rencontres que l’on faisait pour le Trait d’Union, le concours « Jeunes auteurs à vos crayons » aussi a été une étincelle. Les médias locaux, qui vivent des moments difficiles, sont des sources d’inspiration pour de nombreux jeunes et sont essentiels à la démocratie locale, parce que c’est aussi ça la valeur du Trait d’Union, de refléter ce que les grands médias ne peuvent pas refléter, car ils ne sont pas dans les petits villages. C’est par et pour le citoyen, on est à l’école primaire et on nous donne la chance d’écrire dans le média local, c’est aussi une façon de s’exprimer et d’être … d’être un acteur de la communauté! »
Vincent se souvient très bien quand il me voyait arriver avec mon appareil photo aux Journées de la Culture à l’école. « Ah ben le Trait d’Union est là, on va être dans le Trait d’Union, c’était excitant et même honorant d’avoir le Trait d’Union à notre activité, c’est ce genre de sentiment-là qui incarne un média comme le Trait d’Union. »
Anne-Lise Minier, une des personnes à l'origine de la création du Trait d'union.
En 2004, l’idée de fonder un journal local ne relevait pas seulement d’une nécessité de communication, mais d’une véritable conviction, presque instinctive : celle que nos communautés méritaient un espace pour partager leurs visions, leurs enjeux et faire vivre, aux yeux des habitants-mêmes, et de la population régionale, voire des plus grands médias, les nombreux projets et initiatives qui les animaient, avec beaucoup d’ardeur, sans moyen de les faire rayonner trop souvent.
Grâce au fonds de la Stratégie MigrAction, aussi appelée « entente spécifique visant à influencer positivement le bilan migratoire des jeunes au Saguenay–Lac-Saint-Jean », puis au soutien des municipalités, l’équipe d’agents de développement du Bas-Saguenay a pu rêver ce projet ambitieux de doter le territoire d’un média qui reflétait la réalité et les voix uniques des gens qui y vivaient et développaient ce riche milieu.
Dès les premières réunions, ce qui frappait, c’était l’enthousiasme et la diversité des points de vue autour de la table. Nous n’étions pas des journalistes de métier, mais chacun portait en lui l’envie de construire quelque chose de durable, quelque chose qui allait au-delà de ses propres attentes, avec peu de moyens. Le ton devait être constructif. La diversité de nos communautés devait transparaître. Les collaborateurs devaient être de divers horizons. Il fallait tout inventer, tout structurer, avec les moyens du bord, mais toujours avec cette certitude que Le Trait d’union répondait à un besoin profond de tisser des liens entre les citoyens, de leur « donner à écrire », « de leur donner à voir », leur histoire.
Les premiers numéros, bien que modestes, portaient en eux une voix, une identité pour notre territoire des plus « ennimantes ». La réception de la première édition fut, pour nous tous, un moment fort. Chaque article, chaque chronique reflétait la couleur d’un bénévole, d’un professionnel de la santé, d’un responsable touristique, des jeunes équipes de journalistes que chacune des écoles de nos villages avait formées, de nos défis, de nos réussites.
En 2024, le maintien des médias locaux représente un défi immense. La concentration des grands médias et la montée des réseaux sociaux créent une pression constante sur les petites publications qui luttent pour exister. Couvrir l’actualité de petites communautés demande des ressources et un dévouement que peu de médias sont prêts à investir aujourd’hui. C’est ce qui rend à mes yeux le travail des artisans du Trait d’union si formidable. Ils racontent les histoires que les grands réseaux ignorent, qui préservent la mémoire collective et donnent une voix à la vraie vie. Leur survie repose sur l’engagement de ceux et celles qui y œuvrent et sur la conviction que ces récits, aussi modestes soient-ils, sont essentiels pour le tissu social. Sans les gens, il n’y a pas de nouvelle, aussi grande soit-elle.
Vingt ans plus tard, ce projet a dépassé toutes nos espérances. Le Trait d’union est aujourd’hui bien plus qu’un simple média. Il est le reflet d’une communauté en évolution, un vecteur de notre mémoire collective. Félicitations à tous les artisans qui rendent sa publication possible, numéro après numéro. Je suis émue et honorée de recevoir chacun de ces bijoux, et je vous admire. Je vous admire.
Merci et longue vie au journal Le Trait d’union, à ses artisans et au Bas-Saguenay!
Une piste d'hébertisme tout près de la yourte en arrière de l'école de Saint-Félix-d'Otis. Crédits photos : Johanne Bolduc
En empruntant la route principale qui traverse Saint-Félix d’Otis, on passe parfois à côté de trésors cachés. À première vue, la beauté du paysage séduit comme dans tout le Bas-Saguenay.
Nous sommes en contact constant avec une nature luxuriante, une flore et une faune diversifiées. Cette proximité avec la forêt boréale, nos montagnes, nos lacs, nos rivières, les abords du Saguenay, conditionne notre style de vie. Alors, pourquoi ne pas partir à l’aventure en famille, tout en étant en contact avec cette belle nature.
Il faudra d’abord s’arrêter devant l’église. En face, de l’autre côté de la rue, une série de glissades colorées offre l’opportunité de dévaler la pente pour le plus grand plaisir des petits.
Un des panneaux qui longent le sentier de conte à Saint-Félix-d’Otis.
Une promenade en forêt, ça vous dit ?
Derrière l’école primaire, vous découvrirez de beaux sentiers. Laissez-nous vous raconter une histoire en empruntant notre sentier de conte. Allez à la rencontre du petit lynx et de son amie l’autruche. Apprenez à reconnaitre différentes essences d’arbres ou profitez tout simplement d’une marche en forêt. Peut-être pourrez-vous entendre le chant des oiseaux, observer le vol d’un geai bleu, entendre le martèlement d’un pic bois ou croiser une perdrix sur votre chemin.
Un peu plus loin, tout près de la yourte, une piste d’hébertisme a été aménagée. On y trouve des balançoires, des poutres d’équilibre et même une tyrolienne pour les plus jeunes.
Alors, pourquoi ne pas planifier une belle sortie en famille et faire de belles découvertes? Je suis certaine que le plaisir sera au rendez-vous et que de belles surprises vous y attendent.